Rendre l’âme administrative

Le cor est un poème d’Alfred de Vigny : à Roncevaux, Roland, face aux Maures, souffle dans l’instrument ; Charlemagne, son oncle, est loin ; Roland meurt.

La voix d’André Falcon a des accents de Malraux accueillant Jean Moulin au Panthéon.

Roland est un héros, Charlemagne, un empereur. Napoléon est les deux à la fois.

Avant d’être l’empereur Napoléon, Bonaparte devient général à 24 ans, après sa première victoire à Toulon en 1793 ; il prend tous les risques avec ses canons, contre les Anglais.

La plupart de ses généraux, Masséna, Augereau, Sérurier, sont plus âgés que lui ; il les galvanise au début de la campagne d’Italie en 1796 ; Masséna : « Après cette entrevue, je l’ai vu grandir de deux pieds ».

Il vit et pense chaque instant de la bataille ; n’y meurt pas : dans les marais, au pont d’Arcole, en 1796, la balle est pour lui, sans Muiron, son aide de camp, qui le couvre et rend l’âme à sa place.

Après Arcole, le peintre Antoine Gros fait son portrait en héros ; plus tard, sa coiffure inspire-t-elle Rod Stewart ?

Napoléon Bonaparte a la baraka ; il engage ses généraux en vérifiant s’ils en ont.

Comme au jeu, à force, la chance se lasse…  Les trains ne partent pas tous de la gare Austerlitz ; Waterloo International est à Londres.

Les Anglais ! Meilleurs ennemis de Napoléon, jusqu’à sa mort à Sainte-Hélène (1), au sud de l’Atlantique, le 5 mai 1821, il y a 200 ans.

Bicentenaire oblige, on l’expose à la Grande Halle de la Villette

« Napoleoné » qui devient « La-paille-au-pied » est le surnom que les jeunes aristos de l’école de Brienne lui donnent de 10 à 14 ans ; il apprécie peu, les déteste, cogne, et note au passage, leurs petites capacités intellectuelles…

Lui est très bon en maths et en géographie, futures bases de son génie de la stratégie militaire.

Lors du Coup d’État du 18 Brumaire an VIII (1799), il ne brille pas par son discours, foireux, face aux Cinq-Cents et aux Anciens ; ils lui répondent : « À bas le dictateur ! » ; il gagne en force, c’est un général.

Il devient très populaire !

Une chanson de Béranger, star au XIXe siècle, fan de l’empereur, s’appelle Les souvenirs du peuple

Véritable bijou, elle a été reprise, comme d’autres de Béranger, par Jean-Louis Murat dans son disque 1829.

Jean-Louis Murat est lié à l’un des généraux les plus célèbres de Napoléon, Joachim Murat, qui lui inspire un autre album    Il Francese (2) dont la chanson Rendre l’âme  se prête au souvenir du 5 mai 1821.

Sa mort inspire à Arte un excellent documentaire 

Mais c’est au quotidien qu’on le pratique encore avec le Code Napoléon ; en France, on a l’art de rendre l’âme administrative…

(1)Jean-Paul Kauffmann a écrit La chambre noire de Longwood sur les derniers jours de Napoléon à Sainte-Hélène ; livre puissant qui explore la solitude, l’enfermement, par un homme qui en connaît un rayon.

(2) Surnom que les Napolitains donnaient à Joachim Murat, roi de Naples. Il était marié à Caroline, l’une des sœurs de Napoléon.

 

 

 

 

 

 

 

 

  1. et dans les cours de récré : pourquoi Napoléon n’attache jamais son cheval à un arbre ?
    Pour pas qu’il mange l’écorce !
    ça nous rajeunit pas.

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