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Le temps passe et ce n’est pas la plus vieille horloge de Paris qui dira le contraire depuis le XIVe siècle. Mais dans les visites Vu sous cet angle, le temps se suspend si par la grâce de regards, quelque chose d’autre que d’avoir compris une œuvre d’art se passe (1).

 

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https://vusouscetangle.net/

 

Quelle joie d’aller voir ailleurs éprouvent ceux qui ont laissé l’œuvre les prendre par la main, le nez, les pieds, les bras, les jambes, le ventre, le bas-ventre… !

 

Les yeux sont ouverts (2) et l’âme toute rouge ; dans les visites Vu sous cet angle, les couleurs vivent !

 

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Sur cette horloge les chiffres romains indiquent IIII, après I, II, III ; puis V, VI, VII, VIII ; enfin IX, X, XI, XII. Le cadran est ainsi réparti en trois tiers : I, Dieu unique ; V, la colombe du Saint Esprit ; X, la crucifixion.

 

Le Moyen Âge était le temps des horloges regardées en groupe ; la Renaissance a inventé les montres en considérant l’individu et en miniaturisant les mécanismes ; une montre est une petite horloge !

 

Vous êtes un individu entouré par un groupe d’au moins 6 personnes – amis, famille, collègues : quelle bonne idée de réserver une visite Vu sous cet angle !

 

Pour regarder un quartier de Paris, un musée, un jardin, les bords de Seine, ou passer le périf…

 

Appelez-moi au : 06 82 29 37 44

 

(1) Une œuvre d’art ne se comprend pas, elle se prend, pas sous le bras, quand elle est dans un musée ; elle se prend pour ce qu’elle est, quelque chose qui nous échappe… Chappe et son télégraphe qui envoyait des signaux ; une œuvre nous envoie des signaux que nous transmettons à notre âme qui les croise avec d’autres signaux reçus récemment ou non. Notre âme bosse fort !

 

(2) Faites bien la liaison

Un immense repérage ?

Dimanche 12 mai a eu lieu la 3e édition de Run my city : une course sympathique à la limite de l’absurde. Sympathique car il ne s’agissait pas de faire un chrono, on pouvait courir en duo ou en quartet ; à la limite de l’absurde car les deux parcours de 9 km et 15 km étaient ponctués de monuments de Paris (1) traversés, sans courir, pour les admirer ou simplement reprendre son souffle…

 

Pourquoi créer un évènement qui fasse le lien entre la course à pieds et les monuments de Paris, au lieu d’aller courir dans les bois, où l’air est pur ?

 

La course s’appelle Run my city : tout le monde sait qu’à Paris on parle anglais ; l’anglais c’est fun, comme est fun une race à pieds among les monuments de Paris !

 

Organisant une visite dans le Marais, assez fun – Vu sous cet angle c’est fun, fun, fun (2) – j’ai vu passer les coureurs devenus marcheurs dans le jardin de l’hôtel Sully ; ce jardin si calme qui évoque « La douceur de vivre de l’Ancien Régime » selon le mot de Talleyrand…

 

L’Hôtel de Sully fut construit au début du XVIIe, puis acheté meublé par le duc de Sully (3). Quand on prend plus que le temps de le traverser, on peut y faire une expérience dans son jardin : en se plaçant au niveau des pelouses dans l’axe de la porte qui mène à la cour pavée de l’autre côté, on voit passer les voitures rue Saint-Antoine…

 

On les voit sans les entendre, le bâtiment principal fait un écran phonique. Les nobles aimaient se tenir dans leur jardin, avant la Révolution, à l’écart de l’agitation ; ils buvaient une tasse de thé en se demandant s’ils allaient tourner, pour changer, leur cuillère en argent dans le sens des aiguilles d’une montre ou le sens inverse…

 

Run my city n’était pas contre la montre, mais la flânerie chère à Balzac « Se promener c’est végéter, flâner c’est vivre ; la flânerie, c’est la gastronomie de l’esprit » était bien loin dimanche…

 

Sitôt sortis du jardin par l’autre porte qui donne Place des Vosges, les « marcheurs » étaient invités par le staff à s’y remettre : « On court, on court, on court ! ».

 

Run my city aura-t-elle été un immense repérage, pour de futurs flâneurs ? Mais un repérage (4) gagne plus à être intense qu’immense…

 

(1) Hôtel de Ville, Petit Palais, Musée Cognacq-Jay, Jardin du Palais Royal, BNF-Site Richelieu, Hôtel de la Monnaie, etc…

 

(2-1) Clin d’œil à la chanson Run, run, run du Velvet Underground, pour l’assonance, où il est question de prendre une taffe « take a drag » :

https://www.youtube.com/watch?v=4Bp-ihtgzdE

 

(2-2) Vu sous cet angle, des visites sur rendez-vous, qui n’attendent que vous pour m’appeler au 06 82 29 37 44

 

(3) Maximilien de Sully, premier ministre d’Henri IV, qui acheta cet hôtel en 1634 et y résida peu de temps, vécut de 1559 à 1641, soit 82 ans ; il avait beaucoup d’humour, ça conserve !

 

(4) Je parle en connaisseur !

Passons le périf !

Antoine Blondin (1) avait eu l’idée d’un livre où un provincial débarquait à l’entrée de Paris, mais intimidé, n’y entrait pas, faisait le tour des boulevards des maréchaux, de cafés en cafés… Le livre ne fut jamais écrit. Pour arriver aux Maréchaux, le provincial avait passé le périf…

 

Pas de cafés sur le périf (2), qu’on passe pour quitter Paris. « Tu ne me feras pas vivre en banlieue ! » lui dit-elle ou c’est l’inverse, sauf pour les bienheureux célibataires qui évitent ce genre de conversations !

 

Banlieue, mot composé de ban et lieue : le ban remonte au XIIe siècle, traduit l’autorité seigneuriale ; la lieue est le rayon du « cercle » sur lequel le ban s’exerce. Une lieue terrestre représente la distance que parcourt un homme à pieds en 1 heure ; une lieu métrique est égale à 4 km.

 

Jusqu’en 1859, la banlieue commence au-delà des grands boulevards : Montmartre, Clichy, Belleville, Passy, Montrouge, etc, sont des villages en dehors de Paris ; se souvenir comme disait Perec que l’Arc de Triomphe a été construit à la campagne. En1860, Haussmann intègre les 10 villages qui entouraient Paris.

 

Haussmann c’est fini, vive le Grand Paris !

 

Le chantier actuel du Grand Paris Express (3) est à l’échelle des anciens chantiers haussmanniens. Le super métro avec ses 200 km de lignes souterraines autour de Paris va totalement changer la vie des « comuters ».

 

Ce mot anglais est traduit en français par « navetteurs », autant dire jamais traduit, car personne ne parle jamais de navetteurs, alors que pour les anglophones, « comuters » est évident.

 

Paris ne considère pas les banlieusards qui viennent y travailler et en repartent, mais les Parisiens : être ou ne pas être de Paris.

 

Hamlet en rirait : « To be or not to be » from Paris !

 

Rions en autrement en suivant l’un des 10 itinéraires du livre L’autre Paris de Nicolas Le Goff (4), qui invite à explorer l’est, le sud et le nord de Paris, et la proche banlieue, ses friches industrielles, son architecture contemporaine, ses jardins partagés, son street art, ses cafés… La vie !

 

Les cafés indiqués le long de ces balades sont si nombreux qu’ils nous invitent à revenir… en banlieue !

 

(1) Antoine Blondin (1922-1991) fut un génie du verbe. Écrivain, Un singe en hiver, devenu un film culte de Verneuil ; chroniqueur sportif du Tour de France, d’athlétisme et de rugby : articles rassemblés dans L’ironie du sport.

 

(2) Même lorsqu’il sera limité à 50 Km/h et planté d’arbres.

 

(3) Pour en savoir plus sur le Grand Paris Express : https://www.societedugrandparis.fr/gpe/visiter-la-fabrique-du-metro

 

(4) L’autre Paris, 10 promenades dans des quartiers qui réinventent la capitale, 2017, Nicolas Le Goff, Parigramme.

Un toit pour Notre Dame

L’incendie de Notre Dame a montré que l’argent des entreprises du CAC 40 coulait à flot : Pinault, Arnault, Kering, L’Oréal, Bouygues, Fimalac, Total… (1) Quel cirque !

 

À propos, ce montage génial posté sur Facebook par Francis Ruggirello aurait fait rire Esmeralda et Quasimodo : lors de la fête des fous, la cathédrale était le lieu d’un carnaval où même les prêtres y allaient carrément !

 

Notre Dame est une survivance du Moyen Age, au milieu de l’Ile de la Cité, « assassinée » (2) par Haussmann.

 

La ligne horizontale des balcons du dernier étage des immeubles haussmanniens de la rue d’Arcole se prolonge dans la galerie des rois de Notre Dame. Mais les lignes horizontales de la hiérarchie haussmannienne s’opposaient – s’opposent encore – à la verticalité de l’architecture gothique qui monte vers Dieu.

 

11 cabinets d’architecte ou designer ont donné des idées pour reconstruire le toit et la flèche ; ils débordent d’imagination (3).

 

Parmi les projets, la flèche de verre d’Alexandre Chassang, de l’agence ABH architectes est une sculpture géante en pans coupés ; son inventivité offre un pont entre le gothique et l’art contemporain.

 

Au XVIIe siècle, Louis XIII fit un vœu pour Notre Dame : s’il réussissait à avoir un fils, il referait le chœur de la cathédrale – ainsi naquit Louis XIV !

 

Il refit le chœur dans le style classique du XVIIe – le style contemporain de l’époque !

 

Le mot gothique, inventé à la Renaissance, était une insulte dans la haute société pour dénigrer les goûts de quelqu’un qui n’en avait pas ; un barbare en somme, wisigoth, ostrogoth… Qui l’eut cru ?

 

(1) https://www.capital.fr/entreprises-marches/le-cac-40-se-mobilise-pour-notre-dame-de-paris-1335446

 

(2) Selon le mot de mon ami Pascal

 

(3) https://www.usinenouvelle.com/editorial/en-images-onze-projets-qui-ouvrent-le-debat-sur-la-reconstruction-de-notre-dame-de-paris.N835830

Les plus belles fesses de l’Orangerie

« Je vous promets du sang et des larmes » disait Churchill en pleine guerre ; avec l’incendie de Notre Dame nous avons eu les larmes sans le sang (1), même si Pâques est passé par là, précédé du vendredi saint et du souvenir du coup de lance dans le flan du Christ. « Notre père qui êtes au cieux, restez-y et nous nous resterons sur la terre qui est parfois si jolie… » écrivait Prévert dans Pater Noster, 1945.

 

« Jolie, jolie, jolie » (2) cette peinture Nu féminin sur fond rose, 1911, de August Macke, présentée dans l’exposition Blaue Reiter actuellement à l’Orangerie jusqu’au 17 juin 2019 (3).

 

August Macke fut un peintre allemand au talent fulgurant (1887-1914), associé à Franz Marc (4) dans l’aventure éphémère du Cavalier Bleu entre 1910 et 1912, dans laquelle Kandinsky joua un grand rôle ; puis Macke se fâcha avec les deux autres, comme s’il sentait le temps s’accélérer  – il allait mourir à la guerre en 1914, Marc aussi en 1916 – et qu’il fallait aller à l’essentiel, quitte à y aller seul …

 

Deux peintures de Macke sont sublimes : Torrent de forêt  et Nu féminin sur fond rose.

 

Le haut du torrent ressemble à une silhouette féminine qui se déhanche, les bras écartés ; le bas, à une patte d’ours blanc. Les deux rives ont l’air de banquettes vertes mouchetées de fleurs multicolores ; l’esprit fauve explose !

 

Et ce nu : Élisabeth, la femme d’August Macke a posé. Le jeune couple s’aimait beaucoup – ils se sont rencontrés en 1903, August avait 16 ans ; coup de foudre, mais mariage après l’orage, en 1909.

 

Savoir que cette femme nue s’offrait à son mari ferait-il de nous des voyeurs ?

 

C’est selon, les uns voient une peinture, d’autres une occasion de la décrire dans un sms : « Je suis à l’Orangerie devant un nu : les fesses et le dos rebondissent, les bras ont un air mutin ; comme toi… »

 

Nous sommes ici à la croisée de deux chemins : celui de la culture qui nous fait aller voir des expositions et celui de notre vie intime qui s’embrase en regardant une peinture lorsqu’elle nous touche au point de rappeler la formule géniale de Robert Filliou (5) : « L’art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art ».

 

Merci Macke de (r)allumer le feu !

 

(1) Seul un pompier a été grièvement blessé.

 

(2) Bourvil chante Salade de fruits de Trénet

 

(3) Voici le lien : https://www.musee-orangerie.fr/fr/evenement/franz-marc-august-macke-laventure-du-cavalier-bleu

 

(4) Je présente ici deux tableaux de Macke, aucun de Franz Marc, pourtant aussi présent dans cette exposition ; Macke m’a tapé dans l’œil, pas Marc.

 

(5) Robert Filliou (1926-1987) fut un artiste contemporain du mouvement Fluxus, concerné par les rapports entre l’art et la vie ; Filliou se considérait comme un génie sans talent, un génie, à coup sûr !