Le livre de l’ivresse

« J’allumais deux cigarettes et lui en passait une. Elle avala une profonde goulée. Je m’appelle Harry Jordan [… ]. – J’ai trente-deux ans, et lorsque je ne travaille pas, je bois. Son rire ressemblait beaucoup à un tintement de clochette. – Je m’appelle Helen Meredith. J’ai trente-trois ans et je ne travaille pas. Je bois tout le temps. »

 

Tel est le ton d’Une fille facile, 1955, roman noir de Charles Willeford (1919-1988) écrivain américain de polar, connu plus tard pour Miami Blues, 1984, le premier roman de sa série de quatre avec le flic désabusé, Hoke Moseley.

 

Une fille facile (1), dont le titre original est Pick-up (2) est un roman noir dont la violence ne passe pas par le meurtre ou le cassage de gueule, comme dans Miami Blues  ; il y en a, mais à peine. Il s’agit d’une descente dans l’ivresse, alors que l’amour monte.

 

En haut de la couverture du livre, « He holed up with a helpless lush » peut se traduire par : « Il se terra dans un dénuement exubérant  » ; au-delà de l’alcool – ils boivent du gin pour de bon – il est enivré par son aura d’ange déchue.

 

Les terrasses des bars rouvrent mardi 2 juin 2020 en zone orange (3) ; Une fille facile est le livre de l’ivresse, pour se préparer ; les bars ne sont pas des salons de thé…

 

(1) Une fille facile se trouve facilement en poche https://www.librairiesindependantes.com/

Ce site vous permet de le commander, mais surtout de savoir dans quelle librairie vous pouvez le trouver près de chez vous ; vive les libraires indépendants !

 

(2) Pick-up : ramasser ; souvent Harry ramasse Helen…

 

(3) L’Île-de-France est en zone orange.

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