La pivoine est un tourbillon

À la recherche de terreau, j’entre chez une fleuriste, je vois une pivoine ouverte jaillir de l’étalage. Elle avait la tige cassée me dit la vendeuse, je l’ai installée dans un mini vase ; le vase, je ne peux pas vous le vendre. Juste la pivoine, ça ira, c’est combien ? Elle hésite, 2 €.

 

Elle l’emballe ; le paquet est minuscule. On se salue. Je repars avec mon sac de terreau et ma pivoine.

 

Je pense à cette fleur qui vient de Chine, qui ne sent rien, qui est belle à se damner…

 

Les jours passent, les couleurs aussi, Mon amie la rose, chantée par Françoise Hardy (1), en 1965, dit ce qui me désole : que la pivoine ne soit plus rien – de son propre aveu – ce matin.

 

La rose est belle, délicate ; on lui demande de dire ce dont on est incapable. Généreuse, sensuelle, explosive, la pivoine est un tourbillon ; on ne lui demande rien.

 

(1) Mon amie la rose : https://www.youtube.com/watch?v=2ICFtXx546A