La bande son de Spilliaert

© Thierry Le MageComme à Ostende, chef d’œuvre de Léo Ferré (1)  est la bande son idéale pour regarder les peintures de Léon Spilliaert, qu’on imagine au fond de l’estaminet du deuxième couplet…

Léon Spilliaert (1881-1946 ) est profondément marqué par Ostende, où il est né ; il est assimilé au mouvement symboliste belge, dont fait partie le poète Verhaeren qui nous emmène Dans un champ d’orge .

L’œil de dandy de Spilliaert s’ouvre sur « tous les gars de la bande » et sur la mer d’où viennent « les chevaux qui fracassent leur crinière » ; le refrain de la version d’Arno (2) a le son de la tempête.

De la Mer du Nord à la Seine qui lèche le Musée Orsay réouvert à partir du 15 décembre, où sont exposées les œuvres de Spilliaert, on passe du vent au calme ; au vide même, à cause du Covid (3).

Nous suivons Spilliaert le long de la dune noire, du brise lame, de la route côtière que borde la glissière, sur le pont dominé par le ciel qui évoque le cri de Munch…

La dune noire où se sont perdus les gars de la bande après le passage du limonaire (4) dans le dernier couplet de Comme à Ostende.

La femme sur la jetée (5), sa robe soulevée par le vent, bien avant Marilyn dans Sept ans de malheur,  ressemble à un abat-jour !

Spilliaert, il faut faire avec son génie de mélanger mélancolie et fantaisie…

(1) Comme à Ostende, paroles de Jean Roger Caussimon

(2) Comme à Ostende chanté par Arno :

(3) D’ici l’ouverture, nous pouvons regarder l’exposition Spilliaert sur le site de Sortir Paris.

(4) Limonaire est le nom d’une célèbre famille de facteur d’orgue de manège, d’instruments de foire, fondée en 1840 ; l’orgue Limonaire, le « Limonaire » est devenu très populaire.

(5) Pinterest Marc Vayer

 

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