Happé par le pont

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Lévine est passée tant de fois sur le pont sans jamais voir la pente de la rue La Fayette côté rue Château Landon.

Le pont La Fayette, construit en 1881, enjambe les voies ferrées à peine sorties de la gare de la l’Est ; en 1928, il est agrandi, les voies passent de 16 à 30.

Les locomotives sont à vapeur jusqu’au début des années 60, quand les motrices électriques arrivent, avec leurs caténaires ; le pont est trop bas de 71 cm côté Château Landon…

Albert Caquot (1881-1976) est le plus grand ingénieur français pendant 50 ans ; sa solution est originale : deux poutres centrales en treillis de béton armé, de portées différentes car l’unique pile du pont, inamovible, n’est pas au centre.

Attention, un ingénieur peut en cacher un autre : Nicolas Esquillan, l’homme en charge des voûtes du CNIT, commence sa carrière par le pont de La Roche Guyon détruit en 1940.

C’est lui qui relève le pont La Fayette de 71 cm ; avec des vérins actifs pendant 5 jours de suite, 8 heures par jour, pour relever 10 000 tonnes !

Arsène montre à Lévine l’endroit où cela saute aux yeux quand on le sait : à entrée du pont depuis le croisement entre les rues Philippe de Girard et Château Landon (nord-sud) et La Fayette (est-ouest).

Millac, une autre amie d’Arsène, venue en voisine, trouve l’anecdote amusante ; Arsène pense que cela dépasse l’anecdote !

Ils vont tous les trois un peu plus loin dans la rue Philippe de Girard, voir les deux ponts, le pont Lafayette et le pont de la rue de l’Aqueduc, qui se rejoindraient si cet immeuble bleu ne se mettait pas en travers…

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Rue de l’Aqueduc, quel aqueduc ? L’aqueduc de ceinture des eaux du canal de l’Ourcq passe en dessous.

Ce coin de Paris est populaire, ferroviaire ; cet endroit, personne ne le connaît, plus noir que vert, pas fait pour plaire, pourtant…

Millac aime la beauté sauvage de la structure pure            (illustration) ; Lévine est émue, ce quartier, elle y a travaillé, elle en découvre la chair ; Arsène est happé par le pont, il entre dans les fanons de la baleine ; soudain, elle plonge, Millac et Lévine le voient disparaitre de la surface de la ville.

 

 

 

 

 

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