Exit la Rolex

© Sylvie Rozenfeld

« Si à cinquante ans on n’a pas une Rolex, on a quand même raté sa vie ! » déclare Séguéla en 2009.

Le demi-visage de femme sur la place Vendôme illuminée, est coloré en vert par le reflet de la boutique Rolex, installée au n°9, dans l’Hôtel de Villemaré, construit au XVIIIe siècle par l’architecte Jean-Baptiste Bullet de Chamblain pour Jean Bonaventure Le Lay de Villemaré.

Finistérien, il fut écuyer, greffier en chef au Parlement de Bretagne, lieutenant des maréchaux de France, l’un des fermiers généraux de Louis XIV.

Avait-il réussi sa vie à 49 ans, achetant le n°9 Place Vendôme pour y faire construire son futur hôtel ?

Derrière sa formule « chic et choc » qui était la marque de fabrique de Séguéla, une question se pose « une Rolex rend-elle heureux l’homme qui la possède ? » ; cette vidéo de David Castello-Lopes donne une réponse hilarante !

Exit les Rolex ! L’œil de la femme verte est dans l’axe de la pente de la Place Vendôme : imaginons les Rolls, Jaguar, Bentley, Maserati, Ferrari, garées devant le Ritz, en prise avec le frein à main et gare au démarrage en côte !

Entrons au Ritz, buvons des verres au bar Hemingway ; les niveaux compensent la pente comme en bateau : quand le luxe tangue, les chinois sont en haut de la vague…

Les vagues déferlent dans la tempête, le Vendôme sombre ; le pont est déjà désert, les cabines encore éclairées, la colonne va disparaitre… Elle fut déboulonnée en 1871(1), pendant la Commune, même si Courbet qui s’exila (2), n’y était pour rien.

En mars 2021, on célèbre ses 150 ans ; la Commune commença le 18 mars et s’acheva le 28 mai 1871, dernier jour de la Semaine Sanglante, avec l’exécution des Communards au mur des Fédérés (3).

Vendredi 11 mars 2021, à la cérémonie des Césars à l’Olympia, la petite sœur des Communards, l’actrice Corinne Masiero (4), invitée pour remettre le César des meilleurs costumes, a fait un acte révolutionnaire !

(1) Et remise en place en 1875.

(2) La claire fontaine de David Bosc, Éditions Verdier, raconte la vie en exil de l’ogre Courbet. Il se baignait tout nu, poussait des cris comme un chien joyeux, chantait avec une voix aigüe… La joie de vivre loin des musées fermés !

(3) Deux polars d’Hervé Le Corre s’inspirent de la Commune : L’homme aux lèvres de saphir et Dans l’ombre du brasier.     Le Corre est un maître qui passe de la monstruosité à la douceur de vivre.

(4) Elle est connue pour sa composition qui décoiffe dans la série Capitaine Marleau.

 

 

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