Calamity 0’Keeffe

©BDB

La galerie 291 est créée en 1905 par Alfred Stieglitz et Edward Steichen, photographes. Installée au 291 de la Ve avenue à New-York, elle fait la promotion de la photo d’avant-garde, de l’art africain, des peintres européens modernes (1) ; Alfred Stieglitz anime la revue Camera Work ; il est l’un des premiers organisateurs d’exposition.

L’exposition Georgia O’Keeffe à Beaubourg, commence par la salle « Galerie 291 » ; Stieglitz met le feu aux poudres de Georgia O’Keffe (1887-1986), peintre américaine ; ils s’aiment, se marient en 1924, pour que le meilleur les inspire.

Des nuages qui trainent en remontant le ciel, Equivalent, datée de 1933 est une photo de lui ; quelques branches d’arbres en bas à gauche et à droite s’accrochent à l’espace.

Les espaces, grands de préférence, au Nouveau Mexique, vont nourrir l’imagination de l’artiste, dont elle tire des gros plans, avec l’idée que ça pousse le public à regarder des fleurs, à partir de ses œuvres… Pourquoi pas ?

Elle mène parfois les formes jusqu’à l’abstraction, même si elle est claire : « Je suis toujours surprise de voir comment les gens séparent l’abstraction du réalisme » ; elle ajoute     « La peinture réaliste n’est jamais bonne si elle n’est pas réussie d’un point de vue abstrait. »

Pourtant, il suffit de regarder les œuvres d’une artiste abstraite, française, comme Geneviève Asse pour comprendre ce que l’abstraction pure signifie, même si la peinture abstraite est rarement inspirée par autre chose que la vie, vue par l’artiste ; ainsi Georgia O’Keeffe vibre dans le désert du Nouveau Mexique, Geneviève Asse se laisse est aspirée par les bleus du Golfe du Morbihan, entre ciel et mer.

L’affiche de l’exposition, Inside Red Canna, 1919, a une sensualité troublante, voire carrément fantasmatique

Georgia O’Keeffe est à ses débuts, inspirée par les dessins érotiques de Rodin ; ensuite elle s’en défend…

Curieux alors, de mettre en avant cette œuvre, sauf si l’on considère le rôle d’une affiche : exciter le public !

Le sens de l’épure de Georgia O’Keeffe donne des chefs-d’œuvre : Blue Lines, 1919 (illustration), qui invite à la caresse pour glisser sa main dans la fente.

Gray Cross with Blue, 1929, où la croix n’évoque pas la souffrance, mais la solitude glaciale

From the Lake N° 1, 1924, qui fait partie d’une série autour du Lake George

Ses visions des canyons la font évoluer vers des peintures urbaines de gratte-ciel qui concluent l’exposition ; la verticalité l’inspire

Sauf sur une vue des installations industrielles le long de l’East River de l’hôtel Shelton, très horizontale

Même si l’exposition a un côté « fonds de tiroir », où en dehors des fulgurances d’autres œuvres restent plates,  ne boudons pas notre plaisir à décoller avec cette figure légendaire de l’histoire de l’art américain : Calamity O’Keeffe peint plus vite que son ombre !

(1) Stieglitz est le photographe dont le cliché de Fountain , pris dans sa galerie, a fait le tour du monde ; Fountain, le Ready Made de Marcel Duchamp qui a déclenché la révolution du regard en 1917, invitant le public à regarder un objet qu’il négligeait – même s’il était prié de le laisser aussi propre qu’il l’avait trouvé en arrivant – une pissotière.

 

 

 

 

  1. J’ai aimé cette exposition, la liberté de Georgia O’Keeffe, les tableaux et autres que ceux des fleurs et l’histoire de cette femme qui savait ce qu’elle voulait.

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