Un immense repérage ?

Dimanche 12 mai a eu lieu la 3e édition de Run my city : une course sympathique à la limite de l’absurde. Sympathique car il ne s’agissait pas de faire un chrono, on pouvait courir en duo ou en quartet ; à la limite de l’absurde car les deux parcours de 9 km et 15 km étaient ponctués de monuments de Paris (1) traversés, sans courir, pour les admirer ou simplement reprendre son souffle…

 

Pourquoi créer un évènement qui fasse le lien entre la course à pieds et les monuments de Paris, au lieu d’aller courir dans les bois, où l’air est pur ?

 

La course s’appelle Run my city : tout le monde sait qu’à Paris on parle anglais ; l’anglais c’est fun, comme est fun une race à pieds among les monuments de Paris !

 

Organisant une visite dans le Marais, assez fun – Vu sous cet angle c’est fun, fun, fun (2) – j’ai vu passer les coureurs devenus marcheurs dans le jardin de l’hôtel Sully ; ce jardin si calme qui évoque « La douceur de vivre de l’Ancien Régime » selon le mot de Talleyrand…

 

L’Hôtel de Sully fut construit au début du XVIIe, puis acheté meublé par le duc de Sully (3). Quand on prend plus que le temps de le traverser, on peut y faire une expérience dans son jardin : en se plaçant au niveau des pelouses dans l’axe de la porte qui mène à la cour pavée de l’autre côté, on voit passer les voitures rue Saint-Antoine…

 

On les voit sans les entendre, le bâtiment principal fait un écran phonique. Les nobles aimaient se tenir dans leur jardin, avant la Révolution, à l’écart de l’agitation ; ils buvaient une tasse de thé en se demandant s’ils allaient tourner, pour changer, leur cuillère en argent dans le sens des aiguilles d’une montre ou le sens inverse…

 

Run my city n’était pas contre la montre, mais la flânerie chère à Balzac « Se promener c’est végéter, flâner c’est vivre ; la flânerie, c’est la gastronomie de l’esprit » était bien loin dimanche…

 

Sitôt sortis du jardin par l’autre porte qui donne Place des Vosges, les « marcheurs » étaient invités par le staff à s’y remettre : « On court, on court, on court ! ».

 

Run my city aura-t-elle été un immense repérage, pour de futurs flâneurs ? Mais un repérage (4) gagne plus à être intense qu’immense…

 

(1) Hôtel de Ville, Petit Palais, Musée Cognacq-Jay, Jardin du Palais Royal, BNF-Site Richelieu, Hôtel de la Monnaie, etc…

 

(2-1) Clin d’œil à la chanson Run, run, run du Velvet Underground, pour l’assonance, où il est question de prendre une taffe « take a drag » :

https://www.youtube.com/watch?v=4Bp-ihtgzdE

 

(2-2) Vu sous cet angle, des visites sur rendez-vous, qui n’attendent que vous pour m’appeler au 06 82 29 37 44

 

(3) Maximilien de Sully, premier ministre d’Henri IV, qui acheta cet hôtel en 1634 et y résida peu de temps, vécut de 1559 à 1641, soit 82 ans ; il avait beaucoup d’humour, ça conserve !

 

(4) Je parle en connaisseur !