Notre part sauvage

Novak Djokovic a remporté l’US Open le 9 septembre. Au mois d’aout il avait gagné le tournoi de Cincinnati, et en juillet, Wimbledon ; mais en juin il avait été sorti en ¼ de finale à Roland Garros, ce qui l’avait beaucoup déçu. Il fit alors un break – hors des courts – pour aller randonner avec sa femme, dans le sud de la France.

 

En haut de la Montagne Sainte-Victoire, sur le Pic des Mouches (1), je suppose, ils se sont assis pour admirer la vue à 360°. Djokovitc a dit dans une interview qu’il y a puisé une nouvelle inspiration, une nouvelle motivation.

 

Avant lui, Paul Cézanne allait régulièrement se ressourcer sur les chemins qui mènent à la Montagne Sainte-Victoire ; la soixantaine d’œuvres qu’elle lui a inspiré, a beaucoup participé à leur reconnaissance commune (2).

 

Djokovic aime gagner, mais c’est en se laissant happer par la beauté infinie du paysage provençal, en se laissant dépasser par plus fort que lui, qu’il a trouvé l’énergie pour rester à l’intérieur du court de tennis, le temps des matchs, pour atteindre la victoire.

 

Lorsque nous regardons une œuvre d’art, le match n’est pas entre elle et nous, mais à l’intérieur de nous-mêmes, où est stockée notre énergie contemplative…

 

Combien de temps sommes-nous capable de regarder une œuvre d’art ?

 

Les visites Vu sous cet angle sont des occasions de découvrir des angles de vue nouveaux sur des œuvres ; mécaniquement le temps de regard augmente d’autant…

 

Ce n’est pas la connaissance qui fait le regardeur, mais la conscience qu’il a de son regard.

 

Les visites Vu sous cet angle favorisent cette conscience, donc les regards, comme le savent bien ceux d’entre vous qui y ont déjà participé.

 

Si des amis à vous ne connaissent pas cette expérience et que vous pensez qu’ils seraient contents de la faire, n’hésitez pas à me donner leur adresse e-mail afin que je les contacte de votre part.

 

Revenons à la photo de Djokovic : il vient de gagner, il libère son énergie ; une œuvre d’art qui nous touche, libère de l’énergie en nous ; laissons la rugir comme les 40ièmes rugissant (3) ; une œuvre d’art qui nous touche parle à notre part sauvage.

 

(1) La Montagne Sainte Victoire est un massif de 160 km2, dont le sommet, le Pic des Mouches, culmine à 1011 m.

 

(2) Pourtant Emile Zola le voyait comme un looser, alors qu’ados d’Aix, ils étaient inséparables ; mais Zola n’admettait pas que son ami d’enfance reste sauvage, entièrement préoccupé par son art. Zola est un grand écrivain ; Cézanne un génie.

 

(3) Les 40ièmes rugissant se situent entre les 40ièmes et 50ièmes parallèles, dans l’hémisphère sud, là où les vents, qu’aucune terre où si peu n’arrête, soufflent et forment une mer déchainée…