Les derniers tangos à Paris

Le dernier tango à Paris, film de Bertolucci, avec Marlon Brando et Maria Schneider, fit scandale à sa sortie en 1972. Laissons le scandale, retenons le tango et les fines colonnettes du pont Bir-Hakeim (1), à l’honneur dans le film.

 

C’est l’argument des Milongas – soirées ou lieux où l’on danse une certaine forme de tango – à Paris ; les lieux, ce sont des monuments de Paris.

 

Devant l’Opéra Garnier, le Musée d’Orsay, sur la terrasse du Trocadéro, devant le Palais de Tokyo, dans les amphithéâtres du jardin Tino Rossi au bord de la Seine, le soir, des couples dansent le tango.

 

L’idée « libertaire » des Milongas vient des réseaux sociaux : des gens se donnent rendez-vous dans ces lieux emblématiques où le sol se prête à la danse, avec une clef usb et une petite sono, sans rien demander à la police.

 

Dernier moment, sono sauvage… Cela rappelle les raves, au lieu, style de musique, taille des baffles près !

 

L’initiative est géniale, à l’opposé des manifestations évènementielles de Paris, fashion week, nocturnes de grandes expositions, courses diverses ; à la tombée de la nuit, des trottoirs de Paris s’animent…

 

À la sortie du métro Opéra, sur la place, la façade de l’Opéra Garnier éclairée en impose. On peut ne pas voir au début les danseurs en bas et comme leur sono est petite, ne pas entendre la musique.

 

Avançons-nous, découvrons les jeux de jambes aux subites accélérations ; le coup de pied d’une danseuse monte lentement sur le bas de la jambe de son cavalier et redescend de même, lui ne bouge pas, puis ensemble ils avancent et leurs jambes envisagent autre chose tandis qu’ils se tiennent par les yeux.

 

Envoutant, troublant, exaltant, excitant, bouleversant, séduisant, vient le désir d’apprendre à danser, d’oser :

« Voulez-vous tanguer avec moi ce soir ? ».

 

(1) Elles soutiennent la ligne 6 du métro.