À quoi bon expliquer une œuvre d’art ?

Au Bac philo (1) en L, il y a eu cette année « À quoi bon expliquer une œuvre d’art ? ». Ayant créé Vu sous cet angle, je cultive les regards et non les explications ; mon rôle est d’aider à regarder des œuvres d’art plus que de chercher à les expliquer ; expliquer signifie qu’il y a à comprendre, or l’art ne se comprend pas, il se prend.

 

Il se prend dans les dents, dans la gueule, à moins qu’il ne soit une caresse dans les cheveux, une cavalcade avec les chevaux.

 

Dans le corrigé de philo de Nicolas Tenaillon (2)  – l’auteur de L’art d’avoir toujours raison (sans peine) – il y a cette citation de François Truffaut : « La mission du critique n’est pas d’apporter sur une œuvre « une vérité toute faite qui n’existe pas » mais de « prolonger le plus longtemps possible le choc de l’œuvre d’art ».

 

Nicolas Tenaillon rappelle que l’étymologie d’expliquer est déplier : déplier une œuvre pour mieux la regarder ; est-ce l’œuvre qui se déplie ou le regard qui se déploie ?

 

(1) Passe ton bac d’abord, un film de Maurice Pialat, 1979. Des lycéens de Lens se retrouvent avec leur professeur de philosophie au café Le Charon ; ça ne va pas fort.

 

(2) Pour lire son corrigé : https://www.philomag.com/bac-philo/copies-de-reves/a-quoi-bon-expliquer-une-oeuvre-dart-38978