Dans tous les sens

Partir dans tous les sens est mal vu, mal perçu. Le désordre est souvent rejeté, il dérange. Dans tous les sens est apprécié : dans certaines chorégraphies de Pina Bausch ; lors du bouquet final d’un feu d’artifice ; dans un départ de course multidirectionnelle…

 

Anne, héroïne d’un enterrement de vie de jeune fille, dont la visite Les plus belles fesses du Louvre était l’un des temps forts, alors qu’elle en ignorait le titre, l’a rebaptisée : Dans tous les sens. Bien vu !

 

Même si cette visite n’est pas une fête de tous les sens – ni le goût, ni l’odorat, ni le toucher, n’y sont conviés en priorité – alors que s’entremêlent la vue et l’ouïe : chacun, chacune, mêlent les deux sens au gré des regards, des paroles ou des silences du guide et de ses ami(e)s.

 

Les plus belles fesses du Louvre est l’occasion de se laisser aller dans ces deux sens, sur une route à deux voies où la priorité n’existe pas, où l’on avance sans chercher à se doubler, où l’on peut se rentrer dedans sans se faire mal ; regarder, écouter, ne font pas mal, ou un mal nécessaire, un nécessaire à découdre les ourlets de notre âme.

 

Bruno de Baecque