Vu sous cet angle Visites Atypiques par Bruno de Baecque 2019-04-21T20:58:52Z https://vusouscetangle.net/feed/atom/ fale https://vusouscetangle.net/wordpress/wp-content/uploads/2017/02/etoile.png Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Les plus belles fesses de l’Orangerie]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=1956 2019-04-21T20:58:52Z 2019-04-21T07:46:18Z « Je vous promets du sang et des larmes » disait Churchill en pleine guerre ; avec l’incendie de Notre Dame nous avons eu les larmes sans le sang (1), même si Pâques est passé par là, précédé du vendredi saint et du souvenir du coup de lance dans le flan du Christ. « Notre […]

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« Je vous promets du sang et des larmes » disait Churchill en pleine guerre ; avec l’incendie de Notre Dame nous avons eu les larmes sans le sang (1), même si Pâques est passé par là, précédé du vendredi saint et du souvenir du coup de lance dans le flan du Christ. « Notre père qui êtes au cieux, restez-y et nous nous resterons sur la terre qui est parfois si jolie… » écrivait Prévert dans Pater Noster, 1945.

 

« Jolie, jolie, jolie » (2) cette peinture Nu féminin sur fond rose, 1911, de August Macke, présentée dans l’exposition Blaue Reiter actuellement à l’Orangerie jusqu’au 17 juin 2019 (3).

 

August Macke fut un peintre allemand au talent fulgurant (1887-1914), associé à Franz Marc (4) dans l’aventure éphémère du Cavalier Bleu entre 1910 et 1912, dans laquelle Kandinsky joua un grand rôle ; puis Macke se fâcha avec les deux autres, comme s’il sentait le temps s’accélérer  – il allait mourir à la guerre en 1914, Marc aussi en 1916 – et qu’il fallait aller à l’essentiel, quitte à y aller seul …

 

Deux peintures de Macke sont sublimes : Torrent de forêt  et Nu féminin sur fond rose.

 

Le haut du torrent ressemble à une silhouette féminine qui se déhanche, les bras écartés ; le bas, à une patte d’ours blanc. Les deux rives ont l’air de banquettes vertes mouchetées de fleurs multicolores ; l’esprit fauve explose !

 

Et ce nu : Élisabeth, la femme d’August Macke a posé. Le jeune couple s’aimait beaucoup – ils se sont rencontrés en 1903, August avait 16 ans ; coup de foudre, mais mariage après l’orage, en 1909.

 

Savoir que cette femme nue s’offrait à son mari ferait-il de nous des voyeurs ?

 

C’est selon, les uns voient une peinture, d’autres une occasion de la décrire dans un sms : « Je suis à l’Orangerie devant un nu : les fesses et le dos rebondissent, les bras ont un air mutin ; comme toi… »

 

Nous sommes ici à la croisée de deux chemins : celui de la culture qui nous fait aller voir des expositions et celui de notre vie intime qui s’embrase en regardant une peinture lorsqu’elle nous touche au point de rappeler la formule géniale de Robert Filliou (5) : « L’art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art ».

 

Merci Macke de (r)allumer le feu !

 

(1) Seul un pompier a été grièvement blessé.

 

(2) Bourvil chante Salade de fruits de Trénet

 

(3) Voici le lien : https://www.musee-orangerie.fr/fr/evenement/franz-marc-august-macke-laventure-du-cavalier-bleu

 

(4) Je présente ici deux tableaux de Macke, aucun de Franz Marc, pourtant aussi présent dans cette exposition ; Macke m’a tapé dans l’œil, pas Marc.

 

(5) Robert Filliou (1926-1987) fut un artiste contemporain du mouvement Fluxus, concerné par les rapports entre l’art et la vie ; Filliou se considérait comme un génie sans talent, un génie, à coup sûr !

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Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Notre Dame brûle]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=1950 2019-04-21T09:07:46Z 2019-04-16T05:56:46Z Tristesse, sidération, incompréhension, mais surtout tristesse, pas seulement parce que tout le monde serait devenu chrétien, non, Notre Dame, un peu comme au Moyen-Age, lorsqu’elle faisait partie intégrante de la vie de Paris, pas seulement comme lieu de culte, lorsque la population s’y mettait à l’abri, s’y sentait en sécurité, Notre Dame est devenue un […]

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Tristesse, sidération, incompréhension, mais surtout tristesse, pas seulement parce que tout le monde serait devenu chrétien, non, Notre Dame, un peu comme au Moyen-Age, lorsqu’elle faisait partie intégrante de la vie de Paris, pas seulement comme lieu de culte, lorsque la population s’y mettait à l’abri, s’y sentait en sécurité, Notre Dame est devenue un lieu d’encrage de l’Histoire de France…

 

Couronnement de Napoléon, Messe de Te Deum à la Libération, obsèques de Pompidou, de Mitterrand, amour de Quasimodo pour Esmeralda dans le roman de Victor Hugo, grâce à qui elle avait été restaurée au XIXe siècle par l’architecte Viollet-le-Duc.

 

Et ce lieu brûle, mais comme l’a écrit hier soir Jean-Luc Mélenchon en conclsuion d’un beau texte : « Je me dis qu’elle ne brûlera jamais tout à fait. Il en restera toujours un morceau qu’un être humain voudra continuer vers le ciel. » (1)

 

(1) https://melenchon.fr/2019/04/15/notre-cathedrale-commune/

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Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[La pyramide trentenaire, JR, Airbnb]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=1934 2019-04-08T15:00:00Z 2019-04-08T14:54:26Z Comme dans Dallas, deux épisodes avec JR, au Louvre. En 2016, le jeune photographe avait recouvert l’une des faces de la pyramide avec des photos du pavillon Sully ; ainsi la pyramide disparaissait, lorsqu’on se mettait dans l’axe… Je me souviens, je n’avais pas trouvé l’idée géniale, car j’aime la transparence de cette pyramide.   […]

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Comme dans Dallas, deux épisodes avec JR, au Louvre. En 2016, le jeune photographe avait recouvert l’une des faces de la pyramide avec des photos du pavillon Sully ; ainsi la pyramide disparaissait, lorsqu’on se mettait dans l’axe… Je me souviens, je n’avais pas trouvé l’idée géniale, car j’aime la transparence de cette pyramide.

 

En 2019, pour fêter les 30 ans, la nouvelle idée de JR fut de créer, avec des photos au sol, un gouffre au milieu duquel se dressait la pyramide. Mais la colle n’a pas tenu et ce fut très décevant pour ceux qui sont venus admirer une image exceptionnelle, qui n’aura été un succès que virtuel… Satané principe de réalité !

 

Toujours pour les 30 ans, Airbnb organise un concours : passer une nuit au Louvre ! Au programme : visite VIP, apéro devant La Joconde, diner devant La Vénus de Milo, concert dans le grand salon des appartements Napoléon III, nuit sous la pyramide.

 

La vidéo d’accroche (1) montre une jeune femme en nuisette qui court dans la Grande Galerie, passe devant la Liberté guidant le peuple en exultant de joie, forcément, elle a le Louvre pour elle toute seule, croque une pomme – pourtant rien n’est défendu dans cette aventure – devant la Vénus de Milo, et se glisse dans un grand lit douillet sous la pyramide…

 

La personne lauréate va-t-elle (2) dormir dans de telles conditions ? Auront-ils, auront-elles, la moelle de s’éclater toute la nuit dans un lieu qui n’est pas complètement conçu pour ?

 

Dans la vidéo, le Louvre offre un décor incroyable de Palais d’une nuit – il en manque 1000, et Shéhérazade pour séduire son maître et sauver sa peau – où les abords de La Joconde et de la Vénus de Milo ressemblent à des lofts hyper branchés.

 

Pour Airbnb, le business est clair. Mais à quoi joue le Louvre en nous faisant croire que ce concours va attirer un public qui ne viendrait pas spontanément au Louvre ?

 

Une pensée pour les équipes de gardiens de toutes les nuits au Louvre.

 

(1) Voici le lien : https://www.clubic.com/airbnb/actualite-853532-airbnb-concours-nuit-louvre-compagnie-mona-lisa-venus.html

 

(2) Un(e) seul(e) gagnant(e) qui invite la personne de son choix.

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Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Ile Seguin : ce gain de culture]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=1919 2019-04-03T22:09:07Z 2019-03-31T20:46:09Z En 1898, Louis Renault construit sa première voiture à Boulogne-Billancourt là où demeure l’ancien siège social de Renault, bâtiment en brique, visible dans la partie est du Trapèze, l’éco quartier sorti de terre une fois l’usine fermée en 1992, le sol dépollué et désamianté.   L’ile Seguin est achetée par Renault en 1919 pour installer […]

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En 1898, Louis Renault construit sa première voiture à Boulogne-Billancourt là où demeure l’ancien siège social de Renault, bâtiment en brique, visible dans la partie est du Trapèze, l’éco quartier sorti de terre une fois l’usine fermée en 1992, le sol dépollué et désamianté.

 

L’ile Seguin est achetée par Renault en 1919 pour installer l’usine ultramoderne, la plus grande de France, terminée en 1934.

 

Pendant la guerre, Renault produit des camions pour l’armée allemande, donc l’usine est bombardée en 1942 et 1943 ; en 1944, accusé de collaboration, Louis Renault se retrouve en prison pour y mourir.

 

Mais Renault ne fut pas la seule grand entreprise à travailler pour les Allemands : Citroën, Simca, Berliet, et d’autres en ont fait autant ; la notoriété de Renault l’a plus exposée que les autres.

 

En 1945, Renault est nationalisée ; en 1947, les grèves commencent, l’usine devient le centre des luttes, d’où la formule : « Quand Renault tousse, la France s’enrhume ».

 

Après 1992, Renault ferme. Sur l’île tout va disparaitre, jusqu’à ce que La Seine Musicale jaillisse en 2017 à la pointe avale.

 

Dessinée par Shigeru Ban (1) et Jean de Gastines, elle ressemble à un paquebot dont la figure de proue est une énorme boule à facettes, autour de laquelle pivote une voile de panneaux solaires.

 

À la pointe amont, le chantier avance pour produire en 2022-23 un centre culturel dédié à l’art contemporain, avec le trio catalan RCR Architectes, et un hôtel « arty » dessiné par l’agence autrichienne Baumschlager Eberle.

 

Entre La Seine Musicale et la pointe amont, il y aura un campus numérique ; et puis un terrain de foot, une piscine, une salle multi-sports. Bien entendu, l’ensemble sera bordé d’allées plantées…

 

Jean Nouvel a conçu l’urbanisme de l’île avant de la quitter comme il avait quitté avant la fin, le chantier de la Philharmonie à l’autre bout de Paris ; diagonale de Nouvel, d’un pôle culturel à l’autre ; au nord est à la limite du périph et au sud ouest en aval du pont du périph aval.

 

Ancien lieu de production mythique des 4 CV, des Dauphines et autres Super 5 – un enfer pour les OS qui travaillaient à la chaine – l’île va devenir, avec ce gain de culture, un paradis dont « l’ange organisateur », Pierre-Christophe Baguet, est député maire LR de Boulogne-Billancourt.

 

Le paradis n’existe pas, mais le soir depuis le pont de Sèvres ou en passant en bateau (2), La Seine Musicale s’apprécie en silence en rêvant la vie des passagers imaginaires dans leurs cabines dont les hublots sont allumés…

 

Blague à part, comment entretenir la mémoire ouvrière de l’usine Renault ? En regardant Les hommes de Billancourt, documentaire réalisé en 2018 par Caroline Pochon ; témoignages d’OS, chefs d’atelier, ingénieurs, directeurs, syndicalistes, images d’archives… Bouleversant ! (3).

 

(1) Shigeru Ban est le spécialiste de l’architecture d’urgence post tremblements de terre ; l’un de ses matériaux de prédilection est le carton.

 

(2) Les croisières parisiennes n’y vont évidemment pas ; elles ne dépassent pas la Statue de la Liberté au pont de Grenelle. Clairement, il faut inventer une nouvelle croisière : au boulot !

 

(3) Le documentaire est en deux parties de 28 mn : https://rutube.ru/video/39f0dc53e7fdb091bf2d298be418a1f4/

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Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Bacon and Eggs]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=1910 2019-03-26T07:55:48Z 2019-03-25T18:03:15Z Francis Bacon fut le plus grand peintre anglais de la deuxième moitié du XXe siècle ; « Eggs » pour les intimes du Toucan, un bar de nuit homo à Soho, qui lui portèrent un toast, à sa mort, en 1992.   Il était né à Dublin, en 1909, raison pour laquelle, la Hugh Lane […]

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Francis Bacon fut le plus grand peintre anglais de la deuxième moitié du XXe siècle ; « Eggs » pour les intimes du Toucan, un bar de nuit homo à Soho, qui lui portèrent un toast, à sa mort, en 1992.

 

Il était né à Dublin, en 1909, raison pour laquelle, la Hugh Lane Gallery (1) située Parnell square, dans la capitale irlandaise, a accueilli la reconstitution de son atelier de South Kensington, à Londres, à la demande de John Edwards, son compagnon et unique héritier, après le refus de La Tate Gallery, prétextant le manque de place.

 

Si les spécialistes du peintre sont déçus, la bonne nouvelle est de pouvoir admirer cet atelier au calme ; dans ce quartier du nord de Dublin, ne vont que les vrais amateurs.

 

Reconstitué grâce à un travail « archéologique », l’atelier est un foutoir, bordel sans nom, indescriptible, émouvant, troublant, mystérieux…

 

Bacon se fait connaître à Londres en 1944, par un coup de canon, le triptyque : Three Studies for Figures at the Base of a Crucifixion ; il a 35 ans. Il avait vu un travail de Picasso sur le même thème, Picasso dont une exposition lui a donné envie de peindre.

 

Il disait à David Sylvester, critique d’art et ami : « Si quelque chose fonctionne dans mon cas, c’est à partir du moment où je n’ai plus conscience de ce que je fais. »

 

Il ajoutait : « Nous percevons la vie presque toujours à travers des écrans… quand les gens disent que ma peinture a l’air violente, peut-être ai-je été capable d’enlever un ou deux écrans. »

 

Parti en 1992, les écrans dont il parle n’ont rien à voir avec Internet, mais sa peinture gagne à être vue en vrai ; comme il buvait pas mal, n’allons pas la voir après le petit-déjeuner… Bacon, Eggs and Guiness !

 

(1) Entrée gratuite

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Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Au cœur de Vu sous cet angle]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=1896 2019-03-12T06:40:18Z 2019-03-11T14:58:48Z La nouvelle vidéo Vu sous cet angle est installée sur la page d’accueil du site vusouscetangle.net, à l’intérieur du cadre doré ; il suffit de cliquer.   Suggestion : si elle vous a plu, dès que vous avez un moment de libre, envoyez-la à ceux de vos amis qui ne sont pas déjà inscrits à […]

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La nouvelle vidéo Vu sous cet angle est installée sur la page d’accueil du site vusouscetangle.net, à l’intérieur du cadre doré ; il suffit de cliquer.

 

Suggestion : si elle vous a plu, dès que vous avez un moment de libre, envoyez-la à ceux de vos amis qui ne sont pas déjà inscrits à cette newsletter…

 

Cette vidéo dans laquelle on voit ce mascaron – masque de la Renaissance, parmi les 380 qui ornent le Pont Neuf – a été tournée dans le centre de Paris ; elle montre l’esprit des visites Vu sous cet angle.

 

Ces visites ont lieu dans des quartiers, musées, jardins, recoins, d’un côté ou de l’autre du périph : tout est possible dans la limite des rêves disponibles…

 

Le plus simple est de m’appeler au : 06 82 29 37 44

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Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Regardons la taille des murs]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=1879 2019-03-04T22:15:05Z 2019-03-03T16:52:05Z Au Louvre, dans l’aile Denon, la salle de La Joconde vaut le détour en ce moment. Encore La Joconde ? Non, il s’agit de la salle dont les murs vont être repeints. L’actuelle salle a été inaugurée en avril 2005 ; c’est la plus visitée du musée ; ses murs ont besoin d’une rénovation.   […]

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Au Louvre, dans l’aile Denon, la salle de La Joconde vaut le détour en ce moment. Encore La Joconde ? Non, il s’agit de la salle dont les murs vont être repeints. L’actuelle salle a été inaugurée en avril 2005 ; c’est la plus visitée du musée ; ses murs ont besoin d’une rénovation.

 

Les échafaudages vont réduire l’espace de la salle, occulter une partie de ses murs, alors que c’est leur nudité – sans aucun tableau accroché dessus – qui vaut le coup d’œil.

 

Profitons vite de ce moment rare avant que le chantier de peinture ne commence, pour regarder les immenses murs nus de cette salle de 840 mètres carrés.

 

Regardons les murs au lieu d’emmurer nos regards !

 

 

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Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Admiration, fascination, sinon ?]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=1859 2019-02-25T19:18:14Z 2019-02-25T08:48:47Z Mardi 19 février 2019, France 2 a organisé au Cirque d’Hiver, un concours d’éloquence animé par Laurent Ruquier. Les performances des 12 candidats, différents, émouvants, drôles, ont été appréciées par un jury de 6 personnalités, dont Bertrand Perrier. L’art oratoire est plus intéressant que l’espoir de devenir une star dans The Voice.   Le 4 […]

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Mardi 19 février 2019, France 2 a organisé au Cirque d’Hiver, un concours d’éloquence animé par Laurent Ruquier. Les performances des 12 candidats, différents, émouvants, drôles, ont été appréciées par un jury de 6 personnalités, dont Bertrand Perrier. L’art oratoire est plus intéressant que l’espoir de devenir une star dans The Voice.

 

Le 4 février 2019, a eu lieu au théâtre du Rond-Point Le Grand oral désopilant du barreau de Paris, joute oratoire animée par le même François Perrier (1).

 

Les avocats savent parler, ils s’amusent entre eux dans ce show. Dans le concours d’éloquence de la télé, le but était de gagner, au moins de se faire remarquer par sa parole.

 

Kylian M’Bappé, joue au foot comme personne et Bertrand Perrier, encore lui, rappelle qu’en plus, il sait parler dans un style personnel lors d’interviews d’après match, à la différence d’autres joueurs répétant du « prêt-à-dire » comme il existe du prêt-à-porter.

 

Imaginons qu’on supprime ces interviews. On n’a aucun besoin d’entendre parler les joueurs, joueuses ; leurs corps, jeu, gestes nous ont déjà raconté tant d’histoires : coup franc qui lobe le mur et finit sa courbe en pleine lucarne, feinte de corps qui déséquilibre le défenseur, passe dans l’axe pour le buteur…

 

Pour ceux et celles qui préfèrent le théâtre, La 107eme minute, écrit par Anne Delbée, femme de théâtre, à partir du dernier coup de boule de Zidane, est une passerelle (2).

 

Loin de tout cela, d’autres gestes sont admirables : la découpe des courgettes en tagliatelles qui prennent la lumière tel un collier, ou une Accumulation d’Arman (3) ; l’enduit de lissage étalé avec une large spatule qui rendra la séance de ponçage sans objet ; la chorégraphie du colleur d’affiches, spectacle fascinant sur le quai du métro, le temps qu’arrive la rame.

 

Admiration, fascination, sinon ? Dans la chanson Bronze du dernier album de Bertrand Belin (4), Persona, il y a un parc, avec des statues en bronze, une famille qui passe, et au loin un pauvre type qui clope et remonte son froc.

 

(1) Bertrand Perrier, avocat à la cour de Cassation, est aussi pédagogue dans le film À voix hautes où il entraine une classe d’étudiants pour un concours d’éloquence.

 

(2) https://livre.fnac.com/a1881829/Anne-Delbee-La-107e-minute

 

(3) Arman Fernandez, dit Arman (1928-2005) fut un artiste franco-américain, fondateur avec Yves Klein des Nouveaux Réalistes, connu pour ses « accumulations », fruits de ses fréquentations régulières du Marché aux Puces.

 

(4) Bertrand Belin est un auteur, compositeur, chanteur, guitariste, romancier. Pour écouter la chanson : https://www.youtube.com/watch?v=nChyezc4hp4

 

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Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[L’urinoir du Saint André des Arts]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=1850 2019-02-19T07:12:08Z 2019-02-16T10:19:27Z Le Saint André des Arts est une salle Art et d’Essai, ouverte par Roger Diamantis en 1971(1). Il était grand cinéphile, il devint propriétaire d’un cinéma, pour passer des films dont personne ne voulaient ailleurs.   La Salamandre d’Alain Tanner fit 300 000 entrées en 2 ans ; L’Empire des sens de Nagisa Oshima fit 10 […]

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Le Saint André des Arts est une salle Art et d’Essai, ouverte par Roger Diamantis en 1971(1). Il était grand cinéphile, il devint propriétaire d’un cinéma, pour passer des films dont personne ne voulaient ailleurs.

 

La Salamandre d’Alain Tanner fit 300 000 entrées en 2 ans ; L’Empire des sens de Nagisa Oshima fit 10 000 entrées en 15 jours.

 

Les toilettes hommes du Saint André des Arts ont deux urinoirs sans séparation, un double urinoir en somme ; cette chronique n’a rien de spécifiquement masculin, mesdames, même si l’urinoir l’est, c’est certain.

 

Je les ai visités en allant voir L’ordre des médecins, très bon premier film de David Roux, où le héros, jeune pneumologue, joué par Jeremy Renier, excellent, accueille sa mère dans son hôpital, pour un cancer en phase terminale.

 

Ces toilettes m’ont fait pensé à l’urinoir de Marcel Duchamp – modèle analogue – fabriqué par l’entreprise Robert Mutt, qui fut présenté en 1917 à L’Armory Show, à New-York, sous le nom de Fountain.

 

Fountain fit scandale, l’urinoir fut immédiatement retiré de l’exposition qui se voulait sans règles, mais faut pas exagérer, ce que Duchamp n’omit pas de faire remarquer, tout en passant à la postérité.

 

Pourquoi Duchamp est-il un génie avec son urinoir ? Parce qu’il nous invite à regarder ce que nous négligeons d’habitude.

 

Il a appelé Foutain un Ready made, objet manufacturé, transformé par lui en objet à regarder.

 

L’urinoir du Saint André des Arts est remarquable en étant double, sans séparation, blanc évidemment, mais avec des carreaux bleu foncés qui donnent du raffinement à ce lieu étroit où je m’y suis soulagé en imaginant cette chronique.

 

Dans la famille des Ready made, on trouve aussi : la roue de vélo sur le tabouret (comme socle), le porte-bouteilles (vides), la pelle à neige, le collier de serrage (2), etc…

 

Des objets souvent rangés dans un garage, une cave ; des lieux où l’on peut s’accorder un moment peinard pour regarder, se reposer, rêver, entrer en relation avec soi-même… Préparation mentale idéale pour être prêt le jour venu devant une œuvre d’art.

 

Roger Diamantis disait : « Dans les années 1950-60, nos salles attiraient en grand nombre les spectateurs qui avaient le goût de l’art et essai. Maintenant, beaucoup ont le goût de l’art, mais peu ont gardé le goût de l’essai…».

 

À chaque fois que nous allons voir des œuvres d’art dans une exposition, la collection permanente d’un musée, essayons de regarder assez.

 

(1) Pour en savoir plus sur les Saint André des Arts :

http://cinesaintandre.fr/fr/cinema/

 

(2) Lors de la visite au musée d’art contemporain du Centre Pompidou, j’ai une surprise pour vous avec le collier de serrage…

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Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Très en formes, Vasarely !]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=1829 2019-02-12T21:02:31Z 2019-02-11T17:11:12Z Comme à Thoiry, les zèbres nous accueillent à l’exposition de Vasarely (1). Deux peintures et une encre de Chine. La grande peinture fait plus d’effet vue de l’extérieur de l’exposition à gauche de l’entrée, sinon on est trop près.   L’encre de Chine, Zèbres-A, 1938, nous plonge au cœur de l’art du jeune Vasarely ; il […]

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Comme à Thoiry, les zèbres nous accueillent à l’exposition de Vasarely (1). Deux peintures et une encre de Chine. La grande peinture fait plus d’effet vue de l’extérieur de l’exposition à gauche de l’entrée, sinon on est trop près.

 

L’encre de Chine, Zèbres-A, 1938, nous plonge au cœur de l’art du jeune Vasarely ; il a 32 ans. Formé au Mühely, « petit Bauhaus » à Budapest, le hongrois arrive à Paris en 1930, et travaille comme graphiste publicitaire.

 

Zèbres-A ouvre l’univers de Vasarely : les zèbres sont encore zèbres et déjà commence son travail hypnotique : notre regard tourne avec les rayures…

 

Son œuvre à venir est annoncée : styliser la réalité, la passer au tamis des formes pures, les combiner, combiner, combiner… Et nous d’être aspirés !

 

Vasarely utilise ce qu’il trouve là où il est : « Belle-Île, Magnifique ! Je suis fécondé. Il faudrait que je travaille jour et nuit ». Le travail donne Goulphar, 1947.

 

Dans le métro, passant régulièrement par la station Denfert-Rochereau, il observe les carrelages craquelés, imagine des paysages colorés comme Yellan II, 1949-1960. Le métro, excellent moyen de transport !

 

Les craquelures l’inspirent ; il dit à Denise Renée rencontrée au Flore, gênée par son vernis à ongle craquelé : « Mais ce n’est pas si terrible d’avoir un ongle écaillé ! ».

 

Une passion commence ; elle tient une galerie d’art, après s’être essayée à la mode. En 1955, il l’aide à monter l’exposition « Le mouvement » sur l’art optico-cinétique. L’expo, la galerie, la galeriste et l’artiste vont entrer dans l’histoire. Vasarely, 1955, est un grand cru !

 

C’est l’année de Ujjaïn, une peinture en noir et blanc, réseau de lignes verticales et diagonales… qui m’évoquent un carreau cassé dans une maison de rêve.

 

Vasarely veut que tout le monde rêve : il invente un jeu où des petits carrés de couleurs vives se combinent avec des cercles, quasi à l’infini ; le jeu est visible dans une vitrine, Folklore planétaire, participations n°1, 1969.

 

Dans une vitrine… Fini de rire ! Une rétrospective est un hommage, pas une salle de jeu. Dans la reconstitution partielle de la salle à manger de la Deutsche Bundesbank, on ne commande plus de saucisses de Francfort…

 

Cette décoration date des années 70 où le monde respirait Vasarely, d’outre Rhin, donc, à la façade de l’immeuble de RTL ; de la Cité U de Caracas à la gare Montparnasse. Puis l’entrain a déraillé, même sa Fondation d’Aix a failli y passer, mais son petit-fils, Pierre Vasarely, est venu la sauver à la fin des années 2000 (2).

 

Vasarely a écrit : « Je ne suis pas pour la propriété privée des créations. Que mon œuvre soit reproduite sur des km de torchons m’est égal ! Il faut créer un art multipliable ».

 

Vive les torchons imprimés ! Primes à ceux qui font la vaisselle, et si les assiettes sont en porcelaine, Zebras, 1977, la boucle est bouclée !

 

Les ronds, carrés, grossissent, l’hypnose s’amplifie. Devant Szem, 1970, une femme déplore son astigmatisme. Nous sommes tous astigmates devant Vasarely !

 

Retour aux petits ronds, comme les boutons d’une mercerie : Orion MC, 1963.

 

Des murs noirs de la dernière salle – excellente idée de muséographie – jaillissent Vega 222, Vega-Zett 2, Vegaltar, toutes des années 70 ; grosses boules, déformations de lignes et de ronds, retenues dans leurs cadres… Faîtes gaffe quand même !

 

(1) https://www.centrepompidou.fr/cpv/resource/cEgR5on/rKGEn7e

 

(2) http://www.fondationvasarely.org/visites-et-activites/les-visites-guidees/

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