Vu sous cet angle Visites Atypiques par Bruno de Baecque 2020-01-14T07:32:56Z https://vusouscetangle.net/feed/atom/ fale https://vusouscetangle.net/wordpress/wp-content/uploads/2017/02/etoile.png Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Pourquoi de telles lèvres ?]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=2375 2020-01-14T07:32:56Z 2020-01-12T17:32:08Z Claude (1) arrive avec Georges, fatiguée de la queue d’une demi-heure pour un taxi… Ses enfants, petits-enfants l’attendent avec un fauteuil : que la fête commence dans le Louvre « le long, le long des fesses pas très claires » ! (2).   Face aux lèvres sensuelles de L’Esclave Mourant de Michel-Ange, Claude me demande […]

L’article Pourquoi de telles lèvres ? est apparu en premier sur Vu sous cet angle.

]]>

Claude (1) arrive avec Georges, fatiguée de la queue d’une demi-heure pour un taxi… Ses enfants, petits-enfants l’attendent avec un fauteuil : que la fête commence dans le Louvre « le long, le long des fesses pas très claires » ! (2).

 

Face aux lèvres sensuelles de L’Esclave Mourant de Michel-Ange, Claude me demande : « Pourquoi de telles lèvres ? ».

 

« Pourquoi » se décompose en pour-quoi : « pour » est le contraire de contre ; si nous ne sommes pas pour, soyons     « contre, tout contre » l’œuvre d’art (3) comme l’était Sacha Guitry avec les femmes.

 

Que faire de « quoi » ? Rita Mitsuko  chante Alors c’est quoi ? : « Que nos émois étincellent et s’entremêlent nos voix » (4).

 

La joie jaillit des Plus belles fesses du Louvre (5) :                 les « pourquoi » s’éteignent, les regards s’éveillent…              Alors, c’est quoi ? C’est l’œuvre !

 

Regarder, changer d’angle, dire ce qu’on voit, regarder encore, dire encore, se découvrir, ne plus dire, laisser l’œuvre nous atteindre, ne pas nous éloigner, rester accessible…  À l’extrême douceur des lèvres.

 

(1) Chère Claude, je vous dédie cette chronique.

 

(2) Clin d’œil aux « golfs pas très clairs » de Gaby oh Gaby, de Bashung (paroles de Boris Bergman)

 

(3) Mais ne dépassons pas la limite de la métaphore : ne touchons pas les œuvres d’art dans les musées !

 

(4) Pour écouter ce petit chef-d’œuvre pop

 

(5) Visite en vente libre chez votre distributeur habituel

L’article Pourquoi de telles lèvres ? est apparu en premier sur Vu sous cet angle.

]]>
Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[20/20 : Les Plus Belles Fesses du Louvre !]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=2351 2020-01-06T10:41:50Z 2020-01-05T17:23:03Z 20/20, je vous souhaite le meilleur en 2020 ! Quel est le meilleur de Vu sous cet angle ? Les plus belles fesses du Louvre !   Les fesses de L’Hermaphrodite Endormi vous font rêver, imaginer la vie en marbre, fantasmer, alerter vos ami(e)s pour venir les voir en bande… Bander ?   Quelle sensualité ! Une […]

L’article 20/20 : Les Plus Belles Fesses du Louvre ! est apparu en premier sur Vu sous cet angle.

]]>

20/20, je vous souhaite le meilleur en 2020 !

Quel est le meilleur de Vu sous cet angle ?

Les plus belles fesses du Louvre !

 

Les fesses de L’Hermaphrodite Endormi vous font rêver, imaginer la vie en marbre, fantasmer, alerter vos ami(e)s pour venir les voir en bande… Bander ?

 

Quelle sensualité ! Une copie romaine de sculpture grecque du IIe siècle av J.C., allongée sur un matelas taillé par le Bernin au XVIIe siècle, vous invite à pénétrer dans un backroom du Louvre où la sono diffuse Walk on the wild side de Lou Reed (1).

 

Le mercure monte avec les fesses du Gladiateur Borghèse,    de Psyché, de Mercure, de La maîtresse de Sardanapale ;       la main aux fesses du Centaure à la Bacchante ; la raie des fesses de la Vénus de Milo ; les seins d’Angélique ; les pieds de la Grande Odalisque ; les hanches d’Endymion ; les fesses, les pectoraux, les lèvres d’Arès

 

20/20 de regards libres, sauvages, cool !

 

N’attendez pas le printemps, l’hiver le musée est désert…

Choisissez un mercredi / vendredi soir à 19 h

Appelez-moi : 06 82 29 37 44

Forfait pour 6 personnes max : 160 €

+ ticket d’entrée : 17 €/ personne (achat en ligne recommandé)

 

Cette visite n’est pas conseillée au moins de 18 ans

 

(1) https://www.youtube.com/watch?v=oG6fayQBm9w

L’article 20/20 : Les Plus Belles Fesses du Louvre ! est apparu en premier sur Vu sous cet angle.

]]>
Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[La République passe à table]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=2334 2019-12-31T07:48:49Z 2019-12-30T17:38:32Z « J’aimais les drapeaux. La première fête nationale du 30 juin, je me promenais rue Montorgueil avec mes instruments de travail ; la rue était très pavoisée avec un monde fou. J’avise un balcon, je monte et demande la permission de peindre, elle m’est accordée. Puis je redescends incognito ! ». C’est La rue Montorgueil, 1878, […]

L’article La République passe à table est apparu en premier sur Vu sous cet angle.

]]>

« J’aimais les drapeaux. La première fête nationale du 30 juin, je me promenais rue Montorgueil avec mes instruments de travail ; la rue était très pavoisée avec un monde fou. J’avise un balcon, je monte et demande la permission de peindre, elle m’est accordée. Puis je redescends incognito ! ». C’est La rue Montorgueil, 1878, de Claude Monet (1).

 

La fête nationale n’existe pas encore ; il s’agit de la « Fête de la paix et du travail » (2), créée le 30 juin 1878 sous la IIIe République, pendant l’Exposition Universelle. Le but est de renforcer l’esprit républicain ; la Chambre des Députés est devenue républicaine l’année d’avant grâce à Gambetta.

 

La « Fête de la paix et du travail » sonnerait faux fin 2019 ; la retraite serait-elle la paix (re)trouvée après des années de travail ? Gouvernement, syndicats, personne en France ces temps-ci, n’a la tête à faire la fête.

 

Imaginons Monet, mort en 1926, revenir aujourd’hui ; il serait surpris : plus jamais aucune rue n’est pavoisée comme le fut la Rue Montorgueil.

 

Pourtant, après les attentats du 13 novembre 2015, le président de la République, François Hollande, avait demandé que chacun mette un drapeau tricolore à sa fenêtre ; mais l’heure n’était pas à la liesse.

 

Au 14 juillet, nous sortons peu les drapeaux ; ils apparaissent quand nous sommes champions du monde de foot, c’est-à-dire deux fois jusqu’à maintenant !

 

Né sous la Révolution, associé à la devise républicaine, le drapeau a été déconsidéré en 1914-18 par la gauche qui a fait rimer patriotisme et nationalisme ; à la Libération de Paris, le 25 aout 1944, grâce au Capitaine des Sapeurs Pompiers Sarniguet, le drapeau français, flotte en haut de la tour Eiffel, à la place du drapeau nazi.

 

Pourtant, progressivement, l’extrême droite s’empare à nouveau des couleurs nationales ; dans les années 1970-80, le drapeau sert de panier géant pour les collectes de fond dans ses meetings, selon le politologue Jean-Yves Camus.

 

Lionel Jospin, en 2002, lors des présidentielles, n’entend pas le bruit sourd du fascisme qui monte… Vaincu, il ne lui restera plus qu’à appeler un « front républicain » !

 

Nous avons le réflexe républicain pas celui du drapeau. Est-ce en souvenir des Banquets Républicains nés lors de la Fête de la Fédération en 1790 que nous mettons la nappe ? C’est à table que nous vivons la France !

 

Toute la Nation est derrière le camembert, les escargots, le foie gras, les huîtres, les cèpes, la pâtisserie, le chocolat, le vin, le champagne…

 

Autant de raisons d’aller faire un tour Rue Montorgueil, dans le bas de la rue Montmartre, rue Tiquetonne : Chocolatier Charles (3), Escargot Montorgueil (4), Stohrer (5), Au Rocher de Cancale (6), le Cul de Cochon (7), G. Detou (8), le Comptoir de la Gastronomie (9), le Cochon à l’oreille (10).

 

Avant de passer à table, ayons une pensée pour les Forts des Halles qui trimaient dur bien avant que ne soit reconnue la pénibilité…

 

Enfin, entrons dans l’église Saint-Eustache, là où les rues Montorgueil et Montmartre se touchent, pour admirer la forêt de piliers et l’œuvre de Raymond Mason Le départ des fruits et légumes du cœur de Paris le 28 février 1969 (11)… Vers Rungis.

 

Bon réveillon !

 

(1) Le tableau est visible au 2ème étage du Musée d’Orsay.

 

(2) La fête du 14 juillet a été instituée en 1880, pour célébrer la prise de la Bastille et la Fête de la Fédération, son premier anniversaire, qui fut une fête historique au Champs de Mars, avec le roi Louis XVI, les députés et le peuple français ; du jamais vu !

 

(3) Chocolatier Charles, 15 rue Montorgueil. Ses bûches qui ne ressemblent pas à celle de Noël, sont sa spécialité toute l’année ; en hiver, le chocolat chaud est une merveille !

 

(4) Escargot Montorgeuil, 38 rue Montorgueil. Helix apersa et Helix pomatia sont assaisonnés à l’ail, aux truffes, au foie gras, au Ricard…

 

(5) Stohrer, 51, rue Montorgueil. Installé sous Louis XV. Ses spécialités sont le Puits d’Amour et le Baba au Rhum.

 

(6) Au Rocher de Cancale, 78 rue Montorgeuil. Tous les écrivains et acteurs du XIXème siècle venaient y manger des huîtres après les spectacles ; elles arrivaient depuis la porte des Poissonniers.

 

(7) Le Cul de Cochon, 98, rue Montorgueil. Sa charmante vendeuse propose des cornets d’ émincées de jambons de pays et délicieux fromages en fines tranches.

 

(8) G.Detou, 58 rue Tiquetonne. Caverne d’Alibaba pour qui aiment faire des gâteaux, la moutarde Fallot, les épices de Rabelais, les fruits confits…

 

(9) Le comptoir de la Gastronomie, 34, rue Montmartre. Avis aux amateurs de foie gras !

 

(10) Le cochon à l’oreille, 15, rue Montmartre. Petit café restaurant de l’époque des Halles, où sur un mur peint, il y a l’origine du mot clochard, liée à la cloche de l’église Saint-Eustache.

 

(11) La sculpture est située sur la gauche de l’église, dans laquelle on entre par la droite.

http://francoismunier.over-blog.com/2017/06/le-depart-des-fruits-et-legumes-du-coeur-de-paris-le-28-fevrier-1969-de-raymond-mason-eglise-saint-eustache-a-paris.html

 

 

 

L’article La République passe à table est apparu en premier sur Vu sous cet angle.

]]>
Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Appuyer sur la détente]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=2317 2019-12-27T03:25:21Z 2019-12-23T18:06:00Z Lors d’une soirée en l’honneur d’une jeune thésarde (1) dont  le travail de 3 ans résumés en 300 pages avait pour titre Consolidation du sol des digues anti submersion,                    je bus quelques rhum arrangés… J’imaginais la digue sauter, j’envisageai l’antithèse…     Des vagues enchanteresses me caressèrent jusqu’à me submerger ; d’autres rivages m’appelaient. J’allais […]

L’article Appuyer sur la détente est apparu en premier sur Vu sous cet angle.

]]>

Lors d’une soirée en l’honneur d’une jeune thésarde (1) dont  le travail de 3 ans résumés en 300 pages avait pour titre Consolidation du sol des digues anti submersion,                    je bus quelques rhum arrangés… J’imaginais la digue sauter, j’envisageai l’antithèse…

 

 

Des vagues enchanteresses me caressèrent jusqu’à me submerger ; d’autres rivages m’appelaient. J’allais vers le Louvre encore ouvert, la soirée avait commencé tôt.

 

 

La Grande Odalisque de Dominique Ingres (2) m’attendait. Accoudée sur son sofa, ses pieds doux n’avaient jamais marché ; son dos m’invitait à m’allonger contre…

 

 

J’imaginais une masseuse thaïlandaise. Avant la séance, j’allais à dix mètres en arrière du tableau voir la courbe du bras de la jeune femme se poursuivre dans le rideau transformé en cascade de glace.

 

 

J’avais l’impression d’une balançoire. La Grande Odalisque   me proposait de me détendre, de la rejoindre, de me déshabiller, de la caresser…

 

 

Le moment était venu d’appuyer sur la détente, la séance de massage allait commencer pour m’entrainer dans la dinguerie d’Ingres.

 

 

Appuyer sur la détente fait aussi penser à tirer, se tirer dessus, se flinguer, pour se ménager une porte de sortie, alors que le massage thaï ou la contemplation d’une œuvre d’art sont une porte d’entrée dans la vie ; entrer ou sortir, il faut choisir.

 

 

(1) Chère Margot, ces lignes te sont dédiées.

 

 

(2) La Grande Odalisque, 1814, est visible dans l’Aile Denon, galerie Daru, sur le mur mitoyen du salon Denon.

 

 

 

L’article Appuyer sur la détente est apparu en premier sur Vu sous cet angle.

]]>
Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Soulages et ses voisins du Louvre]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=2302 2019-12-16T22:41:40Z 2019-12-15T08:55:56Z Pierre Soulages est au Louvre jusqu’au 9 mars 2020, dans   Le Salon Carré, situé dans l’aile Denon. Un résumé de son travail de 1946 à 2019 est présenté, dont les trois dernières œuvres 1, 30 m x 3, 90 m (1), réalisées spécialement pour l’exposition. L’artiste qui sera centenaire le 24 décembre, fut découvert par […]

L’article Soulages et ses voisins du Louvre est apparu en premier sur Vu sous cet angle.

]]>

Pierre Soulages est au Louvre jusqu’au 9 mars 2020, dans   Le Salon Carré, situé dans l’aile Denon. Un résumé de son travail de 1946 à 2019 est présenté, dont les trois dernières œuvres 1, 30 m x 3, 90 m (1), réalisées spécialement pour l’exposition. L’artiste qui sera centenaire le 24 décembre, fut découvert par le public avec ses vitraux de l’Abbatiale Sainte-Foy de Conques, en 1994.

 

Soulages domine la scène picturale actuelle de son audace formelle, lui l’artiste informel : « Je suis arrivé à l’Outrenoir en 1979 à un moment où je peinais sur un tableau raté, que je n’arrivais pas pour autant à lâcher. J’ai compris, le lendemain, que je ne travaillais pas seulement le noir, qui dès lors a envahi la toile, mais la lumière qui s’y reflétait… » (2)

 

À Rodez, il y a son musée où, à sa demande, d’autres œuvres choisies par d’autres côtoient les siennes.

 

Au Louvre, qui sont ces deux voisins de cimaises de chaque côté du Salon Carré ?

 

Si nous venons de La Victoire de Samothrace, sur notre gauche juste avant l’exposition, il y a Le Calvaire, 1440-1445, de Fra Angelico. Plus sombre que la plupart des autres Fra Angelico, cette œuvre a un fond noir comme un aplat, abstrait avant la lettre, qui anticipe Soulages, sans oublier les mains des personnages…

 

Si nous venons de la Grande Galerie, juste avant l’exposition, La Bataille de San Romano, vers 1456, de Paolo Uccello, est sur notre gauche ; le fond noir nous prépare à Soulages.

 

La scène de bataille qui entremêle jambes de soldats et de chevaux a plusieurs points de fuite. Uccello ne maitrisait-il pas la perspective ? À moins qu’il ait accentué la tension du départ au combat avec la ligne brisée où se tiennent les quatre chevaux du premier plan.

 

Avec les jambes de couleurs des soldats, nous nous enfonçons dans la profondeur du tableau ; reculons-nous en biais par la gauche à l’opposé de l’exposition Soulages, l’espace au premier plan s’ouvre…

 

La perspective n’était pas la priorité de Soulages : « Ce que je voyais dans les grottes me paraissait plus important que cette volonté de représentation apparue avec la perspective. Les statues menhirs du musée Fenaille de Rodez, par exemple, m’ont beaucoup plus touché que les sculptures grecques, parce qu’elles vont au-delà de la représentation. Et en ce sens, elles appartiennent davantage au domaine de l’art. » (2)

 

Les œuvres de Soulages, leur mystère, la solitude où elles nous plongent, nous invitent à méditer ; accepter les sensations qui nous traversent. Sans doute est-ce la meilleure manière de visiter le Louvre…

 

(1) Depuis longtemps, Soulages nomme ses œuvres par leurs dimensions.

 

(2) Extraits de l’interview de Soulages par Yasmine Youssi dans Télérama.fr

 

 

L’article Soulages et ses voisins du Louvre est apparu en premier sur Vu sous cet angle.

]]>
Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Degas, ses danseuses nous médusent]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=2289 2019-12-09T21:01:45Z 2019-12-08T22:31:30Z « … on n’a pas de talent si l’on n’aime avec passion ou si l’on ne hait de même ; l ‘enthousiasme et le mépris sont indispensables pour créer une œuvre ; le talent est aux sincères et aux rageurs, non aux indifférents et aux lâches. » écrit Huysmans dans Certains. Critique d’art, il passe en revue certains […]

L’article Degas, ses danseuses nous médusent est apparu en premier sur Vu sous cet angle.

]]>

« … on n’a pas de talent si l’on n’aime avec passion ou si l’on ne hait de même ; l ‘enthousiasme et le mépris sont indispensables pour créer une œuvre ; le talent est aux sincères et aux rageurs, non aux indifférents et aux lâches. » écrit Huysmans dans Certains. Critique d’art, il passe en revue certains artistes : Degas « exprime une surgie expansive ou abrégée d’âme, dans des corps vivants, en parfait accord avec leurs alentours. »

 

Regardons ses œuvres avec talent, dans l’exposition Degas à l’Opéra au Musée d’Orsay (1) nourrissons-nous avec enthousiasme et rage, collectionnons des souvenirs…

 

Dans la première salle nous voyons des copies d’anciens : Degas revisite La crucifixion de Mantegna, dessine L’Esclave mourant de Michel-Ange, le Gladiateur Borghèse, etc…

 

Il emmène la Renaissance ailleurs par la seule grâce de son pinceau, sans aucun artifice d’espace (2).

 

Degas fut un Impressionniste hors plein air, préférant « ce que l’on ne voit plus que dans sa mémoire » ; il puisait son inspiration dans sa fréquentation assidue de l’Opéra pour vider son seau de mémoire picturale dans son atelier.

 

Sur son chevalet jaillissaient des jambes esquissées, des tutus en pastel, des têtes et des instruments de musiciens dans la fosse, des éclats de lumière…

 

Ludovic Halévy (3), son ami intime, écrivit les nouvelles Monsieur et Madame Cardinal et Les Sœurs Cardinal sur la part d’ombre de l’Opéra où dans l’ombre des lustres une petite bourgeoisie s’illustrait par sa bassesse. Degas dessina les regards torves d’abonnés à l’affût des danseuses mal payées…

 

Degas variait les supports, ses éventails sont peints comme des décors miniatures ; variait les formats, il « diagonalise » dans des toiles rectangulaires.

 

Degas était surtout un dessinateur ; ses esquisses illuminent les murs de l’exposition. Pour son enterrement au cimetière de Montmartre, il avait dit au caricaturiste Forain : « Je ne veux pas de discours ! Ah si ! Forain, vous en ferez un. Vous direz : il était dessinateur. »

 

Paul Valéry, de 37 ans son cadet l’avait rencontré, regardé, raconté dans Degas Danse Dessin. (4) Page 33 : « Mallarmé dit que la danseuse n’est pas une femme qui danse, car ce n’est point une femme, elle ne danse pas. »

 

Loin de s’alarmer de Mallarmé, Valéry renchérit : « La plus libre, la plus souple, la plus voluptueuse des danses possibles m’apparut sur une écran où l’on montrait de grandes Méduses : ce n’étaient point des femmes et elles ne dansaient pas. »

 

Degas, ses danseuses nous médusent !

 

(1) Jusqu’au 19 janvier 2020

https://m.musee-orsay.fr/fr/expositions/article/degas-a-lopera-47631.html

 

(2) Olympia de Manet, d’après La Vénus d’Urbino de Titien, ouvre la porte de l’Art Moderne en fermant le rideau sur la perspective…

 

(3) Ludovic Halévy (1834-1908) librettiste – de libretto, auteur du livret, texte en vers de l’opéra – composa avec Meilhac La Belle Hélène d’Offenbach, Carmen de Bizet, etc…

 

(4) Degas Danse Dessin, 2018, Paul Valéry, Folio Essais

Regardez cette vidéo sur Youtube qui s’en inspire

https://www.youtube.com/watch?v=brenl_Vzg5I

 

 

 

 

 

 

L’article Degas, ses danseuses nous médusent est apparu en premier sur Vu sous cet angle.

]]>
Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Victor Hugo, Ladj Ly, deux Misérables !]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=2277 2019-12-03T07:20:59Z 2019-12-02T18:31:29Z Les Misérables, de Ladj Ly, Prix du Jury à Cannes 2019, est en salle depuis le 20 novembre. La Cité des Bosquets à Montfermeil, comme si vous y étiez : ses jeunes désœuvrés, ses rondes de flics musclées, ses ainés aux intérêts variées, ses cages d’escaliers avariées, sa tontine pour la mariée…   Le réalisateur […]

L’article Victor Hugo, Ladj Ly, deux Misérables ! est apparu en premier sur Vu sous cet angle.

]]>

Les Misérables, de Ladj Ly, Prix du Jury à Cannes 2019, est en salle depuis le 20 novembre. La Cité des Bosquets à Montfermeil, comme si vous y étiez : ses jeunes désœuvrés, ses rondes de flics musclées, ses ainés aux intérêts variées, ses cages d’escaliers avariées, sa tontine pour la mariée…

 

Le réalisateur Ladj Ly y a grandi ; Les Misérables est inspiré de sa propre vie. Comme dans le film, il avait volé un lion, entre autres conneries…

 

Bernard Zerfhuss, architecte du CNIT, savait-il ce qu’il faisait en dessinant les Bosquets dans les années 60 ? Les barres de la cité appartenaient à un bailleur privé ; prévues pour une classe moyenne qui a quitté les lieux depuis longtemps… L’État fut longtemps incapable d’intervenir pour leur réhabilitation, avant la création de l’ANRU, en 2003 (1).

 

Victor Hugo a écrit Les Misérables, 1862, à Montfermeil où tout le monde connaît la fontaine Jean Valjean. Ladj Ly, que tout le monde commence à connaître, a déjà été coréalisateur du documentaire remarqué À voix hautes, sorti en 2017 (2) ; il souhaite que son film tire le signal d’alarme : selon lui, la révolution commencera en banlieue…

 

Le président Macron l’a invité à l’Élysée, Ladj Ly a refusé (3), lui proposant de venir plutôt voir le film à Montfermeil, dans l’École de Cinéma Kourtrajmé (4) qu’il a créé en 2018, lui qui n’a jamais mis les pieds dans aucune école de cinéma…

 

Kourtrajmé est un collectif créé en 1994 par Kim Chapiron et Romain Gavras, deux amis de Ladj Ly, qui a produit de nombreux Courts Métrages ; sa devise est : « Seigneur ne leur pardonne pas, car ils savent ce qu’ils font ».

 

La Haine, 1995, film de Matthieu Kasovitz avec Vincent Cassel – l’un des parrains de Kourtrajmé – est ponctuée par la formule « jusqu’ici tout va bien » ; comme au Casino, aux Bosquets, rien ne va plus : le dernier à avoir fait son jeu est Ladj Ly avec Les Misérables !

 

La différence entre le Casino et les Bosquets : dans le film, un des flics dit à son nouveau collègue qui lui reproche de jouer un jeu malsain : « T’as pas compris, ici on joue pas ! ».

 

(1) ANRU, Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine.

 

(2) Chaque année l’université Paris VIII à Saint-Denis organise le concours de prise de parole Eloquentia ; le film suit une classe entrainée par l’avocat Laurent Perrier.

 

(3) La production a envoyé le DVD qui a bouleversé le Président ; pourquoi a-t-il décliné l’invitation de Hadj Ly qui avait autrement plus de sens ?

 

(4) https://cinema.ecolekourtrajme.com/

L’article Victor Hugo, Ladj Ly, deux Misérables ! est apparu en premier sur Vu sous cet angle.

]]>
Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Envie de lui donner mon pull]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=2265 2019-11-23T10:01:21Z 2019-11-23T09:43:02Z Lors d’un très récent voyage à Florence, j’ai vu cette fresque de Masaccio dans la chapelle Brancacci. Chapelle, dédiée à Saint Pierre, elle-même dans l’église del Carmine, construite au XIIIe siècle, sur la rive gauche de l’Arno. Tommaso di Giovanni Cassai, dit Masaccio (1401 – 1428) est un peintre, mort à 27 ans, dont le […]

L’article Envie de lui donner mon pull est apparu en premier sur Vu sous cet angle.

]]>

Lors d’un très récent voyage à Florence, j’ai vu cette fresque de Masaccio dans la chapelle Brancacci. Chapelle, dédiée à Saint Pierre, elle-même dans l’église del Carmine, construite au XIIIe siècle, sur la rive gauche de l’Arno. Tommaso di Giovanni Cassai, dit Masaccio (1401 – 1428) est un peintre, mort à 27 ans, dont le génie a changé la donne au début du Quattrocento, la première Renaissance.

 

Quelle donne ? Il a peint à fresques des personnages aux expressions vivantes comme jamais auparavant ; il a été le premier à utiliser la perspective inventée par l’architecte Brunelleschi, son contemporain.

 

Dans la chapelle Brancacci, la fresque Le Baptême des néophytes montre Saint Pierre qui baptise un jeune ; l’eau coule sur ses cheveux. Derrière, un autre jeune attend son tour, en slip. Il a l’air d’avoir froid avec son dos vouté et ses bras croisés… En regardant la fresque, j’ai eu envie de lui donner mon pull !

 

Cela fait longtemps qu’une œuvre d’art ne m’avait pas fait un tel effet. Ma relation avec ce jeune qui grelotte montre que j’étais réceptif… Jusqu’à l’excès ? (1)

 

Excès de quoi ? C’est la question. Faut-il regarder avec modération ou suivre son regard où qu’il aille… ? Aie !

 

« Émotions censurées j’en ai plein le container » chante Bashung dans Volontaire ; la fresque de Masaccio ouvre la porte du container. À l’intérieur il fait sombre…

 

Que faire ? Antoine Blondin disait « Je suis rester au seuil de moi-même car à l’intérieur il fait trop sombre. » C’est brillant !

 

Ou alors regardons la fresque, et le reste, jusqu’à ce que       « le seuil de nous-même », autrement dit notre paillasson, devienne un tapis volant…

 

(1) Pas de syndrome de Stendhal, les pompiers ne sont pas venus… Je suis resté debout.

 

 

 

 

L’article Envie de lui donner mon pull est apparu en premier sur Vu sous cet angle.

]]>
Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Les cépages de Poulbot]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=2252 2019-11-05T06:25:55Z 2019-11-05T00:26:45Z Orientée au nord, la vigne de Montmartre qui appartient à la Ville de Paris, ne peut pas donner du bon vin bien qu’il soit vendu très cher en demi bouteilles pour la bonne cause, les œuvres du XVIIIe arrondissement.   Francisque Poulbot, peintre célèbre sur la Butte pour les petits Poulbots, gamins et gamines qu’ils […]

L’article Les cépages de Poulbot est apparu en premier sur Vu sous cet angle.

]]>

Orientée au nord, la vigne de Montmartre qui appartient à la Ville de Paris, ne peut pas donner du bon vin bien qu’il soit vendu très cher en demi bouteilles pour la bonne cause, les œuvres du XVIIIe arrondissement.

 

Francisque Poulbot, peintre célèbre sur la Butte pour les petits Poulbots, gamins et gamines qu’ils peignaient avec leurs joues rouges, a restauré la vigne en 1932.

 

Aujourd’hui un jardinier vigneron très heureux de son sort, s’en occupe. Sur 1556 mètres carrés, elle est plantée de différents cépages dont les 5 plus connus sont : Gamay, Pinot noir, Muscat bleu, Muscat du Jura, Riesling,

 

En 2018, 1780 bouteilles ont été produites ; le vin est vinifié dans les caves de la mairie du XVIIIe arrondissement.

 

Pour en acheter, vous pouvez passer au Musée de Montmartre, 12 rue Cortot, passionnant musée par ailleurs ; ou appeler au 06 84 15 60 95, simple comme un coup de fil.

 

La vigne de Montmartre regarde Le Lapin Agile, cabaret célèbre dont le nom contient un triple jeux de mots : Lapin à Gill, l’a peint A. Gill, Là peint A. Gill (1).

 

Les couleurs de la vigne plantée de fleurs sont une merveille d’automne dont il est bon de profiter maintenant ; une alternative aux champignons… Des cèpes au cépages, il n’y a qu’un pied ! (2).

 

(1) André Gill fut un caricaturiste de la Butte qui publiait ses dessins au Charivari  au Second Empire.

 

(2) 1760 pieds pour être précis.

L’article Les cépages de Poulbot est apparu en premier sur Vu sous cet angle.

]]>
Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Personne pour Bacon ?]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=2246 2019-10-28T22:24:40Z 2019-10-28T22:10:58Z Je suis très surpris du peu d’abonnés à ma newsletter qui se sont inscrits à la visite du 7 novembre (3 inscrits) ; elle aura lieu si la liste se gonfle : il faut qu’on soit au moins 10.   Rappel : Bacon à Beaubourg, le 7 novembre à 19 h pour 30 € (tout compris)   […]

L’article Personne pour Bacon ? est apparu en premier sur Vu sous cet angle.

]]>

Je suis très surpris du peu d’abonnés à ma newsletter qui se sont inscrits à la visite du 7 novembre (3 inscrits) ; elle aura lieu si la liste se gonfle : il faut qu’on soit au moins 10.

 

Rappel : Bacon à Beaubourg, le 7 novembre à 19 h pour 30 € (tout compris)

 

Bacon est un peintre avec qui j’entretiens une relation particulière, intime, troublante…

 

Bacon est venu à la peinture en voyant une exposition de Picasso. Il a inventé une manière picturale qui ouvre un monde sensible où nos émotions tourbillonnent dans un ouragan à l’intérieur d’un cadre très précis.

 

Bacon vivait dans le chaos comme l’était son atelier ; il aimait boire non que ça l’aide à peindre, mais à supporter le vertige dans lequel son génie l’embarquait…

 

Il croyait aux vertus de l’accident dans le travail comme il s’en ouvre au critique d’art David Sylvester lors d’entretiens célèbres.

 

Ne cherchons pas à comprendre Bacon, ah non ! Regardons ensemble ses peintures : jouons avec ses signes.

 

Certain(e)s d’entre vous m’ont confié que sa peinture leur faisait peur ; c’est ce qui le rend si intéressant :  Y a-t-il tant d’artistes qui nous fassent cet effet-là ?

 

Allons camarades, courage !

 

Appelez-moi : 06 82 29 37 44

L’article Personne pour Bacon ? est apparu en premier sur Vu sous cet angle.

]]>