Vu sous cet angle Visites Atypiques par Bruno de Baecque 2018-10-16T04:54:48Z https://vusouscetangle.net/feed/atom/ fale https://vusouscetangle.net/wordpress/wp-content/uploads/2017/02/etoile.png Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Ça plane pour eux]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=1624 2018-10-16T04:54:48Z 2018-10-15T09:29:19Z La maison rouge, fondation créée par Antoine de Galbert, en 2004, dans une ancienne usine, 10, bd de la Bastille, à Paris, ferme ses portes le 28 octobre 2018.   L’exposition L’envol ou le rêve de voler, la dernière organisée dans le lieu (1), rassemble des œuvres d’artistes inspirés par l’idée de voler, sur des […]

L’article Ça plane pour eux est apparu en premier sur Vu sous cet angle.

]]>

La maison rouge, fondation créée par Antoine de Galbert, en 2004, dans une ancienne usine, 10, bd de la Bastille, à Paris, ferme ses portes le 28 octobre 2018.

 

L’exposition L’envol ou le rêve de voler, la dernière organisée dans le lieu (1), rassemble des œuvres d’artistes inspirés par l’idée de voler, sur des objets avec lesquels ils pouvaient être sûr de ne jamais y arriver !

 

L’illustration de cette chronique, couverture du catalogue, est extraite d’une vidéo, Tentativo di volo, de Gino de Dominicis. Sa performance résume l’idée de l’exposition L’envol ou le rêve de voler : celui de l’artiste qui produit l’œuvre ; le nôtre en la regardant.

 

À l’entrée, sur un grand écran, un extrait de La dolce vita de Fellini : une statue du Christ les bras ouverts, suspendue à un hélicoptère, passe au-dessus de Rome ; des femmes réagissent depuis une terrasse… Génial !

 

Face à l’écran, une photo de P.W. Wodehouse : Le père Patrivk Moore… aux côtés de Notre-Dame de Fatima, faisant route vers Port-d’Espagne ; ils ont fait le tour du monde, ensemble !

 

Sur le même mur, plus loin, une photo de Philippe Ramette, Sans titre : un homme avec la tête en apesanteur grâce à un gros ballon. Tentant mais encombrant !

 

Droit devant, une aile en plâtre sculptée par Rodin, entourée de miroirs ; la multiplication des ailes… Sommes-nous au paradis ?

 

Dans la salle à droite de l’aile, une photo Depuis le plongeoir de Lev Borodulin, est une merveille !

 

Derrière, Canyon à Oppedette – pour Maguerite Duras, de Dieter  Appelt, offre une impression grandiose de vol… accroché à une falaise !

 

Au sous-sol, une installation de Fabio Mauri, Luna, pour marcher sur la Lune, sans ses chaussures, est apaisante.

 

You are invited to try me out (2) est l accroche de Opus incertum un support en médium laqué, réalisé par Didier Faustino : on peut s’allonger, comme le montre la photo.

 

On découvre ainsi que planer fait mal aux genoux : s’installer dessus n’est pas si simple. Mais dès qu’on regarde les autres, on se régale !

 

En remontant au rez-de-chaussée, les chaussures à ressort de Gustav Mesmer, pour qui l’envie de s’envoler, pour fuir, était vitale. Ces chaussures sont rouillées, vieilles…

 

Imaginons qu’au lieu des baskets pour mômes qui clignotent ou d’autres modèles avec des mini-roulettes, on fabrique aujourd’hui des chaussures à ressort pour faire des bonds en l’air ; il y aurait toutes les tailles…

 

(1) http://lamaisonrouge.org/fr/la-maison-rouge/

 

(2) Vous êtes invités à vous allonger sur moi

L’article Ça plane pour eux est apparu en premier sur Vu sous cet angle.

]]>
Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Être en couverture]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=1598 2018-10-09T14:20:58Z 2018-10-06T10:47:55Z L’Origine du Monde, vie du modèle est un livre de Claude Schopp (1), historien d’art, qui vient de paraître. Il révèle l’identité du modèle, Constance Quéniaux, qui a posé pour L’Origine du Monde de Gustave Courbet.   Spécialiste d’Alexandre Dumas père et fils, Claude Schopp lit une lettre que Dumas fils a écrite à George […]

L’article Être en couverture est apparu en premier sur Vu sous cet angle.

]]>

L’Origine du Monde, vie du modèle est un livre de Claude Schopp (1), historien d’art, qui vient de paraître. Il révèle l’identité du modèle, Constance Quéniaux, qui a posé pour L’Origine du Monde de Gustave Courbet.

 

Spécialiste d’Alexandre Dumas père et fils, Claude Schopp lit une lettre que Dumas fils a écrite à George Sand, dans laquelle il évoque cette peinture de Courbet : « On ne peint pas de son pinceau le plus délicat et le plus sonore l’interview de Mlle Quéniaux de l’Opéra ».

 

Le mot « interview » trouble l’historien ; la phrase est incompréhensible. À la BNF, dans le brouillon de la lettre, il lit « intérieur », et non « interview ».

 

Intérieur a le sens d’intimité (2), de sexe. Le sexe de Constance Quéniaux est celui de L’Origine du Monde.

 

Constance Quéniaux a été danseuse à l’Opéra de Paris ; un métier qui ne nourrissait pas sa femme. Pour joindre les deux bouts, elle fut courtisane, l’une des maitresses de Khalil-Bey, le commanditaire du tableau ; probablement aussi maitresse de Courbet qui lui offrit un tableau, avant la réalisation de L’Origine du Monde.

 

La couverture du livre de Claude Schopp est trompeuse : une jeune femme aux cheveux longs regarde L’Origine du Monde ; ses cheveux nous masquent la toison. Et notre imagination de galoper…

 

Pourtant, Constance Quéniaux, dont on voit dans le livre plusieurs photos, aurait mérité d’être en couverture.

 

Néanmoins, You can’t juge a book by his cover  (3). Le livre de Claude Schopp met en évidence le travail d’un chercheur qui laisse ponctuellement un sujet recouvrir l’autre, comme la marée, la plage ; la plage de L’Origine du Monde, sur une île au milieu de l’océan Dumas.

 

La facétie de la couverture fait-elle écran à notre regard sur l’œuvre ? À l’origine, L’Origine du Monde était cachée par Khalil-Bey derrière un paravent ; plus tard Lacan la posséda, et demanda à son beau-frère le peintre Masson de lui peindre un tableau pour la dissimuler derrière…

 

Au-delà de sa couverture, c’est le livre de Claude Schopp qui fait écran à notre regard sur L’Origine du Monde en nous racontant la vie du modèle ; quitte à lire, La claire fontaine de David Bosc (4) raconte quel ogre sensuel était Courbet… pour peindre ça !

 

(1) L’Origine du Monde, vie du modèle. Claude Schopp. Éditions Phébus. 2018

 

(2) Intimité est un film de Patrice Chéreau, 2001. Un homme et une femme se retrouve dans une chambre de Londres, chaque mercredi à heure fixe, pour faire l’amour, sans se dire un mot ; le cinéaste filme leurs étreintes en gros plans. Ce film qui n’a rien de porno est bouleversant.

 

(3) Chanson de Bo Diddley : https://www.youtube.com/watch?v=Lch0o4wwGyw

 

(4) Chef-d’œuvre paru en 2016, chez Verdier Poche ; la couverture est verte.

 

L’article Être en couverture est apparu en premier sur Vu sous cet angle.

]]>
Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Le torrent Picasso]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=1588 2018-10-01T17:38:29Z 2018-10-01T12:50:54Z L’homme ou la femme qui font la manche dans le métro, on les regarde ou pas, on leur donne ou pas quelque chose. Picasso regardait ces gens-là, il avait de l’empathie pour eux, sinon il n’y aurait jamais eu de Période Bleue.   L’exposition Picasso Bleu et Rose vient de commencer au musée d’Orsay (1) […]

L’article Le torrent Picasso est apparu en premier sur Vu sous cet angle.

]]>

L’homme ou la femme qui font la manche dans le métro, on les regarde ou pas, on leur donne ou pas quelque chose. Picasso regardait ces gens-là, il avait de l’empathie pour eux, sinon il n’y aurait jamais eu de Période Bleue.

 

L’exposition Picasso Bleu et Rose vient de commencer au musée d’Orsay (1) ; elle nous plonge là-dedans. On voit des gens qui vont mal, dont le regard est fatigué ; on les voit de face ou de dos, on voit la Bohème, la vraie, de Montmartre ou d’ailleurs, où la faim rôde, où la vie est dure, où les têtes sont hirsutes.

 

Picasso le surdoué, a l’intelligence de considérer les artistes modernes qui viennent de le précéder : Van Gogh, Rodin, Cézanne, Ingres.

 

La touche de Van Gogh inspire La Mort de Casagemas.

 

Rodin l’influence par ses volumes : dans Les pierreuses (2), les dos des deux femmes dont on devine la pointe des omoplates, sont un sujet en eux-mêmes.

 

Sur l’affiche de l’exposition qui montre un acrobate en équilibre, le dos du personnage au premier est comme un rocher creusé.

 

« Cézanne, c’est notre père à tous » disait Picasso. Dans Meneur de cheval nu, la simplification des formes héritée de lui et la fusion des couleurs entre le premier plan et l’arrière plan, donne une présence irréelle.

 

Et puis il y a Ingres dont les visages ovales du Bain Turc le mènent aux portraits de jeunes femmes aux cheveux longs qui semblent sortir de la mer ; la révolution des Demoiselles d’Avignon est en route, qui n’est donc pas due uniquement à la découverte des masques africains.

 

L’exposition commence par un autoportrait Yo Picasso où sa chemise blanche jaillit comme une cascade. Picasso est un torrent. N’ayons pas peur d’être emportés par la force de sa peinture !

 

(1) L’exposition est coorganisée par le musée d’Orsay et le musée Picasso, dont le directeur, Laurent Lebon, est le commissaire.

http://www.musee-orsay.fr/fr/evenements/expositions/aux-musees/presentation-generale/article/picasso-47542.html?cHash=b2fe0866c2

 

(2) Dans les petits salons du restaurant La Pérouse, quai des Grands Augustins, il y a des miroirs sur lesquels on voit des rayures ; traces laissées par les pierreuses, cocottes que des hommes sortaient le soir et dont ils s’offraient les charmes d’un diamant (ou non), ce qu’elles vérifiaient d’un coup de griffe sur la glace tandis qu’il était parti aux toilettes…

 

L’article Le torrent Picasso est apparu en premier sur Vu sous cet angle.

]]>
Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Le titre]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=1579 2018-09-25T06:27:56Z 2018-09-24T21:38:06Z Le titre d’une œuvre d’art ne nous intéresse pas forcément. Soit l’œuvre nous bouleverse et son titre n’y change rien ; soit l’œuvre ne nous intéresse pas, et ce n’est pas son titre qui va nous retenir. Par contre, il est plus intéressant pour notre liberté de regard de ne pas commencer par regarder le titre […]

L’article Le titre est apparu en premier sur Vu sous cet angle.

]]>
Le titre d’une œuvre d’art ne nous intéresse pas forcément. Soit l’œuvre nous bouleverse et son titre n’y change rien ; soit l’œuvre ne nous intéresse pas, et ce n’est pas son titre qui va nous retenir. Par contre, il est plus intéressant pour notre liberté de regard de ne pas commencer par regarder le titre de manière à laisser notre regard vivre sa vie.

 

Sa vie dépend du temps du regard qui lui-même est lié à la liberté que nous nous donnons : est-ce la durée du regard qui nous donne la liberté de nous évader dans l’œuvre, ou la liberté de notre regard qui nous permet d’accéder avec du temps à une autre dimension dans l’œuvre ?

 

Plus nous regardons plus nous devenons libres ; plus nous sommes libres, plus nous regardons ce que nous voulons.

 

Regarder souvent, plus souvent, régulièrement, c’est une pratique, un entrainement, comme un musicien joue tous les jours, un peintre peint, un sculpteur sculpte, un écrivain écrit, un cuisinier cuisine, un œnologue boit et recrache ; sans entrainement régulier, pas de fulgurance possible.

 

Notre regard prolongé nous fait voyager dans l’œuvre et dans notre esprit ; quel titre donnons-nous à ce voyage ?

 

Il se prolongera la prochaine fois que nous reviendrons voir cette œuvre, seul, ou pour la montrer à un ami, ou même lorsque cet ami venu après nous avoir entendu en parler l’aura rebaptisée.

 

Transformons le jeu du cadavre exquis des Surréalistes : tenons un carnet des différents titres que nous donnons au fur à mesure aux œuvres qui nous impressionnent, nous et nos amis ; relions les titres entre eux à chaque fois que nous voyons nos amis en buvant de bonnes bouteilles sans recracher…

L’article Le titre est apparu en premier sur Vu sous cet angle.

]]>
Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Invitez vos amis à la noce]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=1568 2018-09-15T09:05:11Z 2018-09-14T16:20:28Z Lets’s dance ! C’est pas Bowie, c’est Rubens. La Kermesse ou Noce de village, peinture sur bois éxécutée vers 1635-1638, nous plonge dans la fête où l’on danse, se saoule, s’aime tout le samedi et le dimanche ; l’année est si dure à travailler qu’il est bon de se jeter dans l’intensité du plaisir, comme dans […]

L’article Invitez vos amis à la noce est apparu en premier sur Vu sous cet angle.

]]>

Lets’s dance ! C’est pas Bowie, c’est Rubens. La Kermesse ou Noce de village, peinture sur bois éxécutée vers 1635-1638, nous plonge dans la fête où l’on danse, se saoule, s’aime tout le samedi et le dimanche ; l’année est si dure à travailler qu’il est bon de se jeter dans l’intensité du plaisir, comme dans des vagues de joie…

 

Cette peinture est au Louvre, au 2ème étage de l’aile Richelieu ; depuis l’escalator, il ne faut pas aller vers le portrait de Jean II le Bon, mais repartir en arrière, dépasser la galerie Médicis, et ses 24 tableaux peints par Rubens, continuer tout droit, dépasser Rembrandt, continuer et c’est juste avant l’escalier Lefuel, sur la droite.

 

Soit vous y aller de votre côté, soit je vous emmène… L’idée vous plait ? Vous avez envie d’en parler à vos amis ? Ne vous gêner pas ! Là où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir, et c’est vrai aussi lorsqu’on regarde ; un regard gêné ne voit pas la même chose qu’un regard libéré.

 

Libérez nos camarades enfermés dans l’idée qu’ils se font de l’art où le conférencier explique ce qu’il y a à voir… Non ! Chacun voit ce qu’il voit et ressent de même face à ces paysans qui dansent comme des dingues (1).

 

Dans les visites Vu sous cet angle que j’anime (2), on regarde, on regarde encore (3) ; on pose toutes les questions qu’on veut ; on peut dire ce que l’œuvre nous évoque ; on peut regarder sans rien dire, et découvrir que les autres voient autre chose quand ils en parlent…

 

Les autres, vos amis, à qui je vous recommande vivement d’envoyer cette chronique en me mettant en copie, afin que je puisse les inscrire à la newsletter.

 

Vos amis, lorsqu’ils voient l’effet que vous a fait une œuvre d’art, ils ont envie de foncer la voir, comme Eddy Mitchell, dans le film Round Midnight de Bertrand Tavernier, 1986, qui entre dans un bar, voit un type s’écrouler après avoir bu son verre et demande : « La même chose ! »

 

(1) Vouloir danser, sans attendre, c’est le sujet de I want to see the bright lights tonight, merveille de rock anglais : https://www.youtube.com/watch?v=57PENuNVapc

 

(2) Sur rendez-vous : appelez-moi au 06 82 29 37 44 pour convenir d’une date à proposer à vos amis.

 

(3) Regardez, regardez, sinon nous sommes perdus, dans l’esprit du « Dansez, dansez, sinon nous sommes perdus ! » de Pina Bausch.

L’article Invitez vos amis à la noce est apparu en premier sur Vu sous cet angle.

]]>
Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Notre part sauvage]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=1555 2018-09-11T05:14:32Z 2018-09-10T17:46:19Z Novak Djokovic a remporté l’US Open le 9 septembre. Au mois d’aout il avait gagné le tournoi de Cincinnati, et en juillet, Wimbledon ; mais en juin il avait été sorti en ¼ de finale à Roland Garros, ce qui l’avait beaucoup déçu. Il fit alors un break – hors des courts – pour aller randonner […]

L’article Notre part sauvage est apparu en premier sur Vu sous cet angle.

]]>

Novak Djokovic a remporté l’US Open le 9 septembre. Au mois d’aout il avait gagné le tournoi de Cincinnati, et en juillet, Wimbledon ; mais en juin il avait été sorti en ¼ de finale à Roland Garros, ce qui l’avait beaucoup déçu. Il fit alors un break – hors des courts – pour aller randonner avec sa femme, dans le sud de la France.

 

En haut de la Montagne Sainte-Victoire, sur le Pic des Mouches (1), je suppose, ils se sont assis pour admirer la vue à 360°. Djokovitc a dit dans une interview qu’il y a puisé une nouvelle inspiration, une nouvelle motivation.

 

Avant lui, Paul Cézanne allait régulièrement se ressourcer sur les chemins qui mènent à la Montagne Sainte-Victoire ; la soixantaine d’œuvres qu’elle lui a inspiré, a beaucoup participé à leur reconnaissance commune (2).

 

Djokovic aime gagner, mais c’est en se laissant happer par la beauté infinie du paysage provençal, en se laissant dépasser par plus fort que lui, qu’il a trouvé l’énergie pour rester à l’intérieur du court de tennis, le temps des matchs, pour atteindre la victoire.

 

Lorsque nous regardons une œuvre d’art, le match n’est pas entre elle et nous, mais à l’intérieur de nous-mêmes, où est stockée notre énergie contemplative…

 

Combien de temps sommes-nous capable de regarder une œuvre d’art ?

 

Les visites Vu sous cet angle sont des occasions de découvrir des angles de vue nouveaux sur des œuvres ; mécaniquement le temps de regard augmente d’autant…

 

Ce n’est pas la connaissance qui fait le regardeur, mais la conscience qu’il a de son regard.

 

Les visites Vu sous cet angle favorisent cette conscience, donc les regards, comme le savent bien ceux d’entre vous qui y ont déjà participé.

 

Si des amis à vous ne connaissent pas cette expérience et que vous pensez qu’ils seraient contents de la faire, n’hésitez pas à me donner leur adresse e-mail afin que je les contacte de votre part.

 

Revenons à la photo de Djokovic : il vient de gagner, il libère son énergie ; une œuvre d’art qui nous touche, libère de l’énergie en nous ; laissons la rugir comme les 40ièmes rugissant (3) ; une œuvre d’art qui nous touche parle à notre part sauvage.

 

(1) La Montagne Sainte Victoire est un massif de 160 km2, dont le sommet, le Pic des Mouches, culmine à 1011 m.

 

(2) Pourtant Emile Zola le voyait comme un looser, alors qu’ados d’Aix, ils étaient inséparables ; mais Zola n’admettait pas que son ami d’enfance reste sauvage, entièrement préoccupé par son art. Zola est un grand écrivain ; Cézanne un génie.

 

(3) Les 40ièmes rugissant se situent entre les 40ièmes et 50ièmes parallèles, dans l’hémisphère sud, là où les vents, qu’aucune terre où si peu n’arrête, soufflent et forment une mer déchainée…

L’article Notre part sauvage est apparu en premier sur Vu sous cet angle.

]]>
Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Trop près]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=1544 2018-09-03T09:05:35Z 2018-09-03T09:05:35Z L’autoroute signe la fin des vacances : certains roulent à 130 km/h, talonnés par d’autres qui les collent jusqu’à ce que la voie soit libre…   Aux toilettes hommes si nous nous installons juste derrière celui qui se soulage, il s’interroge ; dans le métro aux heures de pointe, si nous collons notre voisine, ça l’énerve ; […]

L’article Trop près est apparu en premier sur Vu sous cet angle.

]]>

L’autoroute signe la fin des vacances : certains roulent à 130 km/h, talonnés par d’autres qui les collent jusqu’à ce que la voie soit libre…

 

Aux toilettes hommes si nous nous installons juste derrière celui qui se soulage, il s’interroge ; dans le métro aux heures de pointe, si nous collons notre voisine, ça l’énerve ; au distributeur si nous sommes trop près de la personne qui retire de l’argent, elle s’inquiète…

 

Revenons sur l’autoroute A 10 où parfois s’affiche sur un portique, une plaque minéralogique avec la mention : trop près. Mais quelqu’un qui conduit trop près peut-il changer d’attitude, grâce à une formule vue à 180 km/h, et sous réserve qu’il connaisse sa plaque par cœur, ou qu’il soit interpellé par l’idée même que son absence totale de sens des distances est hyper stressante pour les autres ?

 

Quittons l’autoroute pour aller au Musée d’Orsay, voir L’Origine du Monde qui nous donne la sensation d’être trop près d’un sexe féminin. L’Origine du Monde fut peint en 1866, par Gustave Courbet et vendu à Khalil-Bey, érotomane ottoman ; plus tard Lacan en devint propriétaire.

 

Khalil-Bey dissimulait le tableau derrière un rideau ; Lacan demanda au peintre André Masson, son beau-frère, de réaliser un tableau écran à mettre devant. Aujourd’hui, il n’y a plus de « cache-sexe », mais le Musée d’Orsay (1), conscient du pouvoir troublant de cette œuvre, l’a installée dans une salle à laquelle on accède par une autre (2), sans qu’on puisse dire que le tableau soit… trop loin.

 

Ce tableau est-il cadré de très (trop) près ? Tout dépend de notre rapport avec « ça » ; il est toujours intéressant voire franchement poilant de regarder à la dérobée non pas le tableau mais comment les gens le regardent…

 

(1) Le Musée d’Orsay possède L’Origine du Monde depuis 1995.

 

(2) L’Origine du Monde est accrochée dans une salle dédiée à des peintures de Courbet, derrière une autre salle où sont accrochées des photographies en noir et blanc de tout petit format ; cette salle est à gauche de la galerie principale, au niveau d’Olympia.

L’article Trop près est apparu en premier sur Vu sous cet angle.

]]>
Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Vive les vacances !]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=1537 2018-07-17T05:48:41Z 2018-07-16T22:31:41Z La coupe du monde vient de se finir et comme la France a gagné, tout le monde est content en France ou presque… Enlevons le presque, sur un évènement pareil, il faut simplifier, c’est le côté grossier du succès ; la victoire fait autant de bien que la défaite, du mal !   Je vous […]

L’article Vive les vacances ! est apparu en premier sur Vu sous cet angle.

]]>
La coupe du monde vient de se finir et comme la France a gagné, tout le monde est content en France ou presque… Enlevons le presque, sur un évènement pareil, il faut simplifier, c’est le côté grossier du succès ; la victoire fait autant de bien que la défaite, du mal !

 

Je vous souhaite de très bonnes vacances, sans record à battre, ni étoiles à accrocher à votre maillot de bien…

 

J’ai vu que Ducasse ne ratait pas l’occasion avec cette 2e étoile sur le futur maillot des joueurs, d’inciter les vacanciers argentés à faire le tour des 2 étoiles…

 

Vive les vacances pour s’allonger dans l’herbe le soir sous les étoiles et se laisser aspirer par l’immensité avant que les moustiques ne sifflent la fin de la récrée…

 

Rendez-vous en septembre pour de nouvelles aventures !

 

 

L’article Vive les vacances ! est apparu en premier sur Vu sous cet angle.

]]>
Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Une invitation à nous dilater]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=1528 2018-07-06T16:31:38Z 2018-07-06T16:27:47Z À la Folie de l’Information du Parc de la Villette, lorsque j’annonce mercredi après-midi, que je souhaite aller voir teamLab : Au-delà des limites (1), on me conseille d’éviter le week-end après-midi à cause du grand nombre d’enfants ; je n’avais pas compris que l’animation interactive était spécialement pour enfants ; on me dit non, pas que, […]

L’article Une invitation à nous dilater est apparu en premier sur Vu sous cet angle.

]]>

À la Folie de l’Information du Parc de la Villette, lorsque j’annonce mercredi après-midi, que je souhaite aller voir teamLab : Au-delà des limites (1), on me conseille d’éviter le week-end après-midi à cause du grand nombre d’enfants ; je n’avais pas compris que l’animation interactive était spécialement pour enfants ; on me dit non, pas que, mais quand même, surtout à l’entrée dans le premier espace où ils peuvent dessiner…

 

Interactif, j’aurais dû m’en douter, c’est toujours pour les enfants, pour la bonne raison qu’ils sont les seuls à jouer spontanément avec la situation présentée ; c’est facile pour eux, ils jouent toute la journée…

 

teamLab : Au-delà des limites est une expérience inédite mise au point par un collectif d’artistes, de programmateurs, d’ingénieurs, d’animateurs 3D, de mathématiciens et d’architectes, dans laquelle chacun, chacune, peut interagir sur les images en touchant le mur sur lequel elles sont projetées (2).

 

Justement, je vois un couple d’une cinquantaine d’années, mettre leur doigts sur un mur ; ils sont contents, ils sourient, puis rient, en allant l’un vers l’autre ; leurs doigts transforment la vidéo – des petites barrettes lumineuses disparaissaient à leur passage pour réapparaitre après… Sur le mur arrivent des papillons ; ils les chassent en tapant leurs mains sur le mur dans une joie dont je me demande si elle n’est qu’enfantine ?

 

Je change de salle : sur un mur géant, des tournesols tombent lentement, sur une musique planante au rythme lent… Soudain, des oiseaux blancs traversent le mur laissant leurs traces derrière eux ; ce sont des oiseaux à réactions.

 

Ma réaction ne tarde pas, je m’assieds par terre – comme la plupart de ceux qui m’entourent – puis je m’allonge comme à la plage… Soyons clair, teamLab propose un voyage halluciné à tous les candidat(e)s à l’évasion.

 

Ici, il ne s’agit plus de s’immerger comme dans L’Atelier des Lumières dans l’essence de l’œuvre d’un artiste (3), mais de découvrir une autre version du monde qui nous entoure, fleurs, papillons, oiseaux, lapins, musiciens, soldats…

 

Microcosmos : le peuple de l’herbe est un film marquant de 1996, réalisé par Claude Nuridsany et Marie Pérennou. Dans quelques centimètres carrés d’un pré en Bourgogne,

la vie des fourmis, des escargots, et autres insectes, notamment sous la pluie, n’avait jamais été montrée ainsi. C’était bouleversant ! (4)

 

teamLab : Au-delà des limites n’est pas à l’échelle du centimètre carré. Tout est grand ici, comme la sensation rare d’aller beaucoup plus loin que d’habitude.

 

Acceptons-nous d’interagir comme les enfants ou les amoureux ? teamLab est une excellente idée pour briser la glace lors d’un premier rendez-vous ou bien réfléchir avant de se dire Adieu (5)

 

Acceptons-nous sinon d’interagir, du moins de nous faire malaxer l’âme par l’atmosphère enivrante de teamLab, de laisser les tournesols nous tourner la tête, de nous laisser porter par la trace des oiseaux, de suivre la caravane des lapins, des musiciens, des soldats ?

 

Peu importe les réponses, les nocturnes, vendredi et samedi de 20 h à 22 h (6), nous permettent de rentrer dehors ; de vivre l’expérience vertigineuse où le dehors entre en nous ; teamLab nous invite à nous dilater. Comment refuser ?

 

(1) À la Grande Halle de la Villette jusqu’au 8 septembre : https://lavillette.com/evenement/teamlab/

 

(2) Sauf dans une petite salle

 

(3) https://vusouscetangle.net/chronique/immersion-immersion/

 

(4) http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19447384&cfilm=42006.html

 

(5) Salut les Amoureux ! La version originale de Joe Dassin, 1973, enregistrée devant un public dont la sagesse évoque plus l’en de ça des limites que l’au-delà :

https://www.youtube.com/watch?v=6_-eZuy1-jY

 

Et la reprise de Miossec, sombre, comme toujours, qu’il enregistra pour le générique de fin du film La vie rêvée des anges d’Erick Zonka, sortie en 1998.

https://www.youtube.com/watch?v=WjP-WS_8P8Y

 

(6) À l’heure où la plupart des enfants sont couchés, même si en vacances, les règles ne sont plus les mêmes…

L’article Une invitation à nous dilater est apparu en premier sur Vu sous cet angle.

]]>
Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Immersion, immersion]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=1516 2018-07-02T20:49:52Z 2018-07-01T21:10:00Z Immersion, immersion, je suis dans le container, sonne comme « Émotions, émotions, j’en ai plein le container » qui ouvre la chanson Volontaire de Bashung (1). Ce « container » est la métaphore de notre tête, corps, cœur, bref là où nos émotions laissent des traces ; dans quel container géant pouvons-nous être en immersion ?   […]

L’article Immersion, immersion est apparu en premier sur Vu sous cet angle.

]]>

Immersion, immersion, je suis dans le container, sonne comme « Émotions, émotions, j’en ai plein le container » qui ouvre la chanson Volontaire de Bashung (1). Ce « container » est la métaphore de notre tête, corps, cœur, bref là où nos émotions laissent des traces ; dans quel container géant pouvons-nous être en immersion ?

 

L’Atelier des Lumières, 38, rue Saint Maur, Paris 75011, propose une expérience immersive autour de la peinture de Gustave Klimt et de Friedensreich Hundertwasser Regentag Dunkelbunt (2).

 

Vous avez jusqu’au 11 novembre pour vivre ce moment magique, rare, où l’esprit de l’œuvre vous atteint comme quand vous entrez dans un bain, dans une atmosphère de douceur enveloppante, inimaginable, irréelle, de couleurs et de sons !

 

Bruno Monnier, président de Cultureespace, qui avait créé les Carrières de Lumières aux Baux-de-Provence, a ouvert en avril 2018, cet espace d’art numérique.

 

Dans une ancienne fonderie, nous nous laissons aller à la sensualité de la peinture de Klimt, où les robes sont dorées à moins que les dorures ne soient des robes… Nous découvrons la poésie aux couleurs acidulées d’Hundertwasser où une cité rêvée se construit sous nos yeux…

 

Laissons-nous pénétrer par cette sensation de bien-être.

Asseyons-nous parmi les autres pour nous sentir inclus dans l’espace ; promenons-nous, y compris sur la mezzanine ; allons-y à notre rythme ; essayons d’être libres…

 

Comment recevons-nous cette proposition qui va à l’encontre de ce que nous offrent la plupart des grandes expositions ?

 

Sommes-nous avides de voir des tableaux de maîtres, venus des quatre coins du monde dans une exposition à succès, ou d’être dans l’essence même de leur peinture avec une superbe bande son ?

 

Un ami me rappelait que l’un n’empêche pas l’autre ; à mon avis il ne s’agit pas d’un empêchement, mais de réfléchir à ce à quoi nous aspirons dans cette capitale de la Culture qu’est devenue Paris… Et si nous passions à autre chose ; autre chose comme ce que propose l’Atelier des Lumières ?

 

Cette expérience immersive est une immense vague sur laquelle surfer est à notre portée ; ce bonheur vertigineux risque d’infuser lentement en nous, jusqu’à ce que nous nous posions la question : en dehors de la rue Saint Maur, où pouvons-nous pratiquer l’immersion ?

 

Dans les sous-marins ! Elle est périscopique, de 12 m pour un sous-marin classique, de 20 m pour un sous-marin nucléaire lanceur d’engin ; de sécurité, lorsque le haut massif du sous-marin est immergé d’une hauteur supérieure à celle des tirants d’eau des plus grands navires.

 

La culture immersive du sous-marin nous mène au classique des films de guerre, sorti en 1981, Das Boot, de Wolfgang Petersen.

 

Blague à part, en dehors du fait que le sous-marin est un espace confiné, le contraire même de l’Atelier des Lumières, il est guerrier, alors que l’Atelier des lumières invite à la paix intérieure…

 

À propos de paix, à Lourdes, les pèlerins s’immergent dans l’eau bénite et comme les piscines étaient dépassées par leur succès, l’évêque de Lourdes, Jacques Perrier (3), a eu l’idée de les déplacer pour les agrandir.

 

Dans les voyages linguistiques ! Les vrais progrès se font si nous sommes immergés assez longtemps dans la langue étrangère que nous acceptons d’abord de ne pas comprendre… Ça viendra ; nous sommes tellement plus adaptables que nous ne l’imaginons !

 

Émotions censurées… Multiplions les expériences sensorielles immersives : nos émotions vont sortir de notre container !

 

(1) https://www.youtube.com/watch?v=8sMsJW22ius

 

(2) https://www.atelier-lumieres.com/

 

(3) Malgré son nom, les piscines ne sont pas à bulles !

L’article Immersion, immersion est apparu en premier sur Vu sous cet angle.

]]>