Vu sous cet angle Visites Atypiques par Bruno de Baecque 2019-02-16T10:20:27Z https://vusouscetangle.net/feed/atom/ fale https://vusouscetangle.net/wordpress/wp-content/uploads/2017/02/etoile.png Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[L’urinoir du Saint André des Arts]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=1850 2019-02-16T10:20:27Z 2019-02-16T10:19:27Z Le Saint André des Arts est une salle Art et d’Essai, ouverte par Roger Diamantis en 1971(1). Ses parents, grecs, tenaient le restaurant les Balkans, rue de la Harpe ; il ouvrit le restaurant, Les brochettes, à côté, avant de devenir, comme il était grand cinéphile, le propriétaire d’un cinéma, pour passer des films dont personne […]

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Le Saint André des Arts est une salle Art et d’Essai, ouverte par Roger Diamantis en 1971(1). Ses parents, grecs, tenaient le restaurant les Balkans, rue de la Harpe ; il ouvrit le restaurant, Les brochettes, à côté, avant de devenir, comme il était grand cinéphile, le propriétaire d’un cinéma, pour passer des films dont personne ne voulaient ailleurs.

 

La Salamandre d’Alain Tanner fit 300 000 entrées en 2 ans ; L’Empire des sens de Nagisa Oshima fit 10 000 entrées en 15 jours.

 

Les toilettes hommes du Saint André des Arts ont deux urinoirs sans séparation, un double urinoir en somme ; cette chronique n’a rien de spécifiquement masculin, mesdames, même si l’urinoir l’est, c’est certain.

 

Je les ai visités en allant voir L’ordre des médecins, très bon premier film de David Roux, où le héros, jeune pneumologue, joué par Jeremy Renier, excellent, accueille sa mère dans son hôpital, pour un cancer en phase terminale.

 

Ces toilettes m’ont fait pensé à l’urinoir de Marcel Duchamp – modèle analogue – fabriqué par l’entreprise Robert Mutt, qui fut présenté en 1917 à L’Armory Show, à New-York, sous le nom de Fountain.

 

Fountain fit scandale, l’urinoir fut immédiatement retiré de l’exposition qui se voulait sans règles, mais faut pas exagérer, ce que Duchamp n’omit pas de faire remarquer, tout en passant à la postérité.

 

Pourquoi Duchamp est-il un génie avec son urinoir ? Parce qu’il nous invite à regarder ce que nous négligeons d’habitude.

 

Il a appelé Foutain un Ready made, objet manufacturé, transformé par lui en objet à regarder.

 

L’urinoir du Saint André des Arts est remarquable en étant double, sans séparation, blanc évidemment, mais avec des carreaux bleu foncés qui donnent du raffinement à ce lieu étroit où je m’y suis soulagé en imaginant cette chronique.

 

Dans la famille des Ready made, on trouve aussi : la roue de vélo sur le tabouret (comme socle), le porte-bouteilles (vides), la pelle à neige, le collier de serrage (2), etc…

 

Des objets souvent rangés dans un garage, une cave ; des lieux où l’on peut s’accorder un moment peinard pour regarder, se reposer, rêver, entrer en relation avec soi-même… Préparation mentale idéale pour être prêt le jour venu devant une œuvre d’art.

 

Roger Diamantis disait : « Dans les années 1950-60, nos salles attiraient en grand nombre les spectateurs qui avaient le goût de l’art et essai. Maintenant, beaucoup ont le goût de l’art, mais peu ont gardé le goût de l’essai…».

 

À chaque fois que nous allons voir des œuvres d’art dans une exposition, la collection permanente d’un musée, essayons de regarder assez.

 

(1) Pour en savoir plus sur les Saint André des Arts :

http://cinesaintandre.fr/fr/cinema/

 

(2) Lors de la visite au musée d’art contemporain du Centre Pompidou, j’ai une surprise pour vous avec le collier de serrage…

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Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Très en formes, Vasarely !]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=1829 2019-02-12T21:02:31Z 2019-02-11T17:11:12Z Comme à Thoiry, les zèbres nous accueillent à l’exposition de Vasarely (1). Deux peintures et une encre de Chine. La grande peinture fait plus d’effet vue de l’extérieur de l’exposition à gauche de l’entrée, sinon on est trop près.   L’encre de Chine, Zèbres-A, 1938, nous plonge au cœur de l’art du jeune Vasarely ; il […]

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Comme à Thoiry, les zèbres nous accueillent à l’exposition de Vasarely (1). Deux peintures et une encre de Chine. La grande peinture fait plus d’effet vue de l’extérieur de l’exposition à gauche de l’entrée, sinon on est trop près.

 

L’encre de Chine, Zèbres-A, 1938, nous plonge au cœur de l’art du jeune Vasarely ; il a 32 ans. Formé au Mühely, « petit Bauhaus » à Budapest, le hongrois arrive à Paris en 1930, et travaille comme graphiste publicitaire.

 

Zèbres-A ouvre l’univers de Vasarely : les zèbres sont encore zèbres et déjà commence son travail hypnotique : notre regard tourne avec les rayures…

 

Son œuvre à venir est annoncée : styliser la réalité, la passer au tamis des formes pures, les combiner, combiner, combiner… Et nous d’être aspirés !

 

Vasarely utilise ce qu’il trouve là où il est : « Belle-Île, Magnifique ! Je suis fécondé. Il faudrait que je travaille jour et nuit ». Le travail donne Goulphar, 1947.

 

Dans le métro, passant régulièrement par la station Denfert-Rochereau, il observe les carrelages craquelés, imagine des paysages colorés comme Yellan II, 1949-1960. Le métro, excellent moyen de transport !

 

Les craquelures l’inspirent ; il dit à Denise Renée rencontrée au Flore, gênée par son vernis à ongle craquelé : « Mais ce n’est pas si terrible d’avoir un ongle écaillé ! ».

 

Une passion commence ; elle tient une galerie d’art, après s’être essayée à la mode. En 1955, il l’aide à monter l’exposition « Le mouvement » sur l’art optico-cinétique. L’expo, la galerie, la galeriste et l’artiste vont entrer dans l’histoire. Vasarely, 1955, est un grand cru !

 

C’est l’année de Ujjaïn, une peinture en noir et blanc, réseau de lignes verticales et diagonales… qui m’évoquent un carreau cassé dans une maison de rêve.

 

Vasarely veut que tout le monde rêve : il invente un jeu où des petits carrés de couleurs vives se combinent avec des cercles, quasi à l’infini ; le jeu est visible dans une vitrine, Folklore planétaire, participations n°1, 1969.

 

Dans une vitrine… Fini de rire ! Une rétrospective est un hommage, pas une salle de jeu. Dans la reconstitution partielle de la salle à manger de la Deutsche Bundesbank, on ne commande plus de saucisses de Francfort…

 

Cette décoration date des années 70 où le monde respirait Vasarely, d’outre Rhin, donc, à la façade de l’immeuble de RTL ; de la Cité U de Caracas à la gare Montparnasse. Puis l’entrain a déraillé, même sa Fondation d’Aix a failli y passer, mais son petit-fils, Pierre Vasarely, est venu la sauver à la fin des années 2000 (2).

 

Vasarely a écrit : « Je ne suis pas pour la propriété privée des créations. Que mon œuvre soit reproduite sur des km de torchons m’est égal ! Il faut créer un art multipliable ».

 

Vive les torchons imprimés ! Primes à ceux qui font la vaisselle, et si les assiettes sont en porcelaine, Zebras, 1977, la boucle est bouclée !

 

Les ronds, carrés, grossissent, l’hypnose s’amplifie. Devant Szem, 1970, une femme déplore son astigmatisme. Nous sommes tous astigmates devant Vasarely !

 

Retour aux petits ronds, comme les boutons d’une mercerie : Orion MC, 1963.

 

Des murs noirs de la dernière salle – excellente idée de muséographie – jaillissent Vega 222, Vega-Zett 2, Vegaltar, toutes des années 70 ; grosses boules, déformations de lignes et de ronds, retenues dans leurs cadres… Faîtes gaffe quand même !

 

(1) https://www.centrepompidou.fr/cpv/resource/cEgR5on/rKGEn7e

 

(2) http://www.fondationvasarely.org/visites-et-activites/les-visites-guidees/

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Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[La fièvre du samedi soir au Louvre]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=1820 2019-02-04T17:10:58Z 2019-02-03T21:50:21Z « Ne restez pas devant mille ans ! Il n’y a pas que vous qui veut en profiter ! » La jeune femme n’a pas de temps à perdre pour prendre en photo Saint Jean-Baptiste par Léonard de Vinci, avec son Smartphone ; elle s’adresse à un homme plus âgé qui regarde le tableau et fait écran… […]

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« Ne restez pas devant mille ans ! Il n’y a pas que vous qui veut en profiter ! » La jeune femme n’a pas de temps à perdre pour prendre en photo Saint Jean-Baptiste par Léonard de Vinci, avec son Smartphone ; elle s’adresse à un homme plus âgé qui regarde le tableau et fait écran…

 

Le tableau est accroché dans la Grande Galerie du Louvre, là où a lieu cette scène de « regards » le soir du 3 février, lors du fameux nouveau nocturne du premier samedi du mois (1).

 

Jean-Baptiste pointe son doigt en l’air pour indiquer celui qui va venir, le fameux, l’unique, le pacifique, Jésus, qui ferait bien de se dépêcher de vaporiser son « aimez-vous les uns les autres » sur cette scène qui s’envenime.

 

D’où vient le venin ? De l’affluence liée au succès du samedi soir au Louvre. Elle regarde à peine et prend sa photo, il lui répond qu’elle a tort d’être si pressée, que ce tableau ne peut s’apprécier qu’avec du temps, mais elle ne veut rien entendre, peste contre les postillons qu’il lui envoie ; ils sont très proches l’un de l’autre, quoiqu’à des années lumières…

 

La jeune femme s’éloigne en lui disant qu’elle ne veut rien partager avec lui, il faut dire que c’est très mal engagé…

 

Comme témoin, je trouve étonnant qu’elle ait été si pressée de voir Saint Jean-Baptiste, un tableau raffiné, subtil, troublant, où l’on voit un jeune homme, souriant, androgyne ; une peinture à consommer sans modération, lentement.

 

Pourquoi voulait-elle absolument voir ce tableau ? J’aurais eu la réponse si leur rencontre avait été plus riche, au lieu d’ajouter de la fièvre à La Fièvre du samedi soir (2). Depuis ils se sont éloignés…

 

Le disco appartient aux années 70. Beaucoup plus tard, en 2018, Beyoncé et Jay-Z, ont tourné le clip de Apes**t au Louvre (3) : une merveille de sensualité qui invite à un regard très détendu sur le musée !

 

Ainsi s’apprécie la douceur de la technique du sfumato, inventée par Léonard, qui consiste en de nombreuses couches de peinture à l’huile, très fines, à peine teintées, pour aller vers plus de clarté ou d’obscurité : Jean-Baptiste sort à peine de la pénombre vers la lumière…

 

Le meilleur moyen pour profiter de cette douceur est d’être disponible : l’homme aurait été mieux inspiré de faire de la place à la jeune femme au lieu de lui faire la leçon.

 

(1) Pour en savoir plus, notamment sur l’aile Richelieu accessible sur réservation : https://www.louvre.fr/la-nocturne-du-samedi

 

(2) Saturday Night Fever est un film de John Badham, sorti en 1977, qui lança Travolta.

 

(3) Un pur moment de bonheur : https://www.youtube.com/watch?v=g_YK6VTGZR4

 

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Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[C’est le moment !]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=1797 2019-01-22T06:52:27Z 2019-01-21T13:54:47Z Le Louvre est à marée basse ! Le touriste est un saisonnier ; comme l’oiseau migrateur, il fuit le froid. Par conséquent, Paris, ses musées (1) sont abandonnés ces temps-ci, comme la plage de la chanson (2), mais contrairement à ce que suggère l’irrésistible Bardot… C’est le moment d’en profiter !   Il n’y a personne ou […]

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Le Louvre est à marée basse ! Le touriste est un saisonnier ; comme l’oiseau migrateur, il fuit le froid. Par conséquent, Paris, ses musées (1) sont abandonnés ces temps-ci, comme la plage de la chanson (2), mais contrairement à ce que suggère l’irrésistible Bardot… C’est le moment d’en profiter !

 

Il n’y a personne ou si peu de monde, au Louvre, les soirs de nocturnes, mercredi et vendredi, à partir de 19 h, d’ici fin mars.

 

Je vous recommande 3 visites :

 

La violence au Louvrrrr ! En écho aux évènements récents…

 

My name is Jo, Joconde, qui raconte l’aventure au long cours de La Joconde, avec le réaménagement de sa salle, passionnant à vivre en direct…

 

Les plus belles fesses du Louvre, visite culte – dont L’Hermaphrodite endormi (illustration) est un hit hot ! – qu’il est urgent de montrer à ceux de vos amis qui ne les ont jamais vues…

 

Comment réserver une visite pour 6 personnes ? (3)

 

Il suffit de m’appeler au : 06 82 29 37 44

 

(1) Pourtant les musées sont chauffés, évidemment…

 

(2) Pour le plaisir : https://www.youtube.com/watch?v=X2DNf3Zrofs

 

(3) Moins de 7 personnes pour être sous la jauge des visites en groupe au Louvre, et éviter de payer 70 € de droit de réservation.

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Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Coiffeur pour hommes]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=1791 2019-01-28T10:06:38Z 2019-01-20T10:45:05Z Le Passage Brady, à Paris, dans le 10ème arrondissement, a été percé en 1828 (1). On y trouve des restaurants, des épiceries, des coiffeurs indiens, dont Ajay Coiffure, coiffeur pour hommes et enfants. Habitué des lieux, je m’y fais couper les cheveux depuis 10 ans. Mercredi dernier, j’ai demandé la totale, cheveux et barbe.   […]

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Le Passage Brady, à Paris, dans le 10ème arrondissement, a été percé en 1828 (1). On y trouve des restaurants, des épiceries, des coiffeurs indiens, dont Ajay Coiffure, coiffeur pour hommes et enfants. Habitué des lieux, je m’y fais couper les cheveux depuis 10 ans. Mercredi dernier, j’ai demandé la totale, cheveux et barbe.

 

Nous convenons en langage des signes qu’il me laisse un centimètre et demi. Je ne vais pas chez le coiffeur pour la conversation ; la dernière séance parlante a eu lieu chez Jean-Louis David, avec une très charmante jeune coiffeuse, réfugiée bosniaque, qui me raconta la guerre.

 

Ce moment inoubliable, indépassable, me donna envie de passer à autre chose, et depuis, j’aime que mes mèches tombent en silence.

 

Chez Ajay, mes cheveux sont couverts de vapeur d’eau avant d’être séchés, vigoureusement. J’avais oublié cette vigueur ; c’est le patron.

 

Peigne et ciseaux s’activent, sans tondeuse ; il travaille à l’ancienne.

 

Et c’est la barbe. Il y a longtemps, ma mère, lorsqu’elle était énervée, disait : « Ah, la barbe ! ». La mienne a un mois et demi. Il me met la tête en arrière en appui sur un coussinet.

 

Son blaireau trempé dans l’eau masse mes poils. Il appuie. Avec les cheveux, la pression n’était pas si forte. Je suis dans les mains d’un sculpteur, comme de la glaise ; il pétrit le bas de mon visage.

 

La crème à raser vient blanchir les poils attendris. Ses mains me malaxent plus doucement maintenant.

 

Elles guident le rasoir des pattes jusqu’au bas des maxillaires, puis dans le cou, que sa main tend pour mieux le présenter à la lame. Il passe d’un côté à l’autre en me faisant pivoter le menton d’un doigt.

 

À chaque fois, il essuie délicatement la lame sur une feuille de journal posée sur la planchette.

 

Passant près de mes lèvres, il les tord légèrement pour faciliter la coupe.

 

Vient la lotion à la fleur d’oranger ; il me frictionne tout le visage. Ensuite il va chercher une serviette chaude qu’il appuie. Il l’enlève C’est rapide. C’est bon.

 

C’est fini. Je me relève. Il balaye autour du siège. Je paie. On se salue.

 

(1) Le Passage Brady a toujours été coupé en deux par le boulevard de Strasbourg ; c’est le seul passage ainsi conçu, à Paris. De l’autre côté du passage – non couvert – Sommier et Fils, loueur de costumes et de déguisement depuis 1922, est une institution.

 

 

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Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Comment planer au Louvre ?]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=1777 2019-01-15T07:40:48Z 2019-01-14T19:08:31Z J’ai été invité hier, 14 janvier, sur France Bleu Paris, dans l’émission de Laurent Petitguillaume, L’invité Capitale, pour parler du Louvre, à ma manière Vu sous cet angle. Voici le podcast : https://www.francebleu.fr/emissions/l-invite-capitale/107-1   Cela vous donne-t-il envie de faire une visite Vu sous cet angle, avec un petit groupe d’amis ?   Allons-y !   Un mercredi, […]

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J’ai été invité hier, 14 janvier, sur France Bleu Paris, dans l’émission de Laurent Petitguillaume, L’invité Capitale, pour parler du Louvre, à ma manière Vu sous cet angle. Voici le podcast : https://www.francebleu.fr/emissions/l-invite-capitale/107-1

 

Cela vous donne-t-il envie de faire une visite Vu sous cet angle, avec un petit groupe d’amis ?

 

Allons-y !

 

Un mercredi, un vendredi, à 19 h, pour planer au Louvre avec des œuvres d’art, il suffit de chercher le bon angle et d’attendre que l’ivresse du regard monte en nous…

 

Soudain l’œuvre nous chope, ne nous lâche plus, c’est très intime, finalement. Est-il possible que regarder nous expose autant ? Oui, mais l’art de donne pas de coup de soleil, seule bronze notre âme.

 

Pour réserver une visite en petit groupe, le plus simple est de m’appeler au : 06 82 29 37 44

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Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Du neuf en 2019]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=1763 2019-01-06T17:16:27Z 2019-01-04T12:58:37Z Vu dans le métro ce poème : Le paon   En faisant la roue, cet oiseau, Dont le pennage traîne à terre, Apparaît encore plus beau, Mais il se découvre le derrière.   Apollinaire, Le Bestiaire, 1911   La roue du paon tourne Les sens Il drague   Radar sa roue capte Les ondes Des […]

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Vu dans le métro ce poème : Le paon

 

En faisant la roue, cet oiseau,

Dont le pennage traîne à terre,

Apparaît encore plus beau,

Mais il se découvre le derrière.

 

Apollinaire, Le Bestiaire, 1911

 

La roue du paon tourne

Les sens

Il drague

 

Radar sa roue capte

Les ondes

Des paonnes

 

Pourquoi regarder

Derrière

L’envers ?

 

Captons les instants

De vie

Devant

 

Roue, rosace, ciel, cible,

Visons

Les rêves

 

Vivement du neuf en 2019 !

 

 

 

 

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Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Nec ta mire]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=1753 2018-12-23T17:32:45Z 2018-12-23T17:06:09Z Sur le portail ouest de la cathédrale Sainte Croix d’Orléans, il y a une couronne royale en pierre soutenue par deux anges. Cette cathédrale gothique a été en partie détruite par les protestants au XVIe siècle ; ils ne supportaient pas que le prince de Condé, l’un de leurs chefs, négocie avec les catholiques.   La […]

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Sur le portail ouest de la cathédrale Sainte Croix d’Orléans, il y a une couronne royale en pierre soutenue par deux anges. Cette cathédrale gothique a été en partie détruite par les protestants au XVIe siècle ; ils ne supportaient pas que le prince de Condé, l’un de leurs chefs, négocie avec les catholiques.

 

La cathédrale est restaurée par Louis XIV en 1679 ; sa devise Nec Pluribus Impar ( À nul autre pareil ) est inscrite en lettres dorées à la feuille d’or au centre de la rosace nord.

 

Nec Pluribus Impar  figure aussi, surtout, au plafond de la Galerie des Glaces au château de Versailles, lui aussi « à nul autre pareil » !

 

Dans la cathédrale d’Orléans, les baies des bas côtés nord et sud accueillent 10 verrières qui retracent l’épopée de Jeanne d’Arc, depuis les moutons de Domrémy jusqu’au bucher à Rouen, via l’entrevue de Chinon, la délivrance d’Orléans, le sacre à Reims, la capture à Compiègne…

 

Ces vitraux datent de la fin du XIXème siècle, époque de l’exaltation de son culte ; ils sont l’œuvre du peintre Esprit Gibelin et du maitre verrier Jacques Galland.

 

Extérieur et intérieur, Ripolin recommandait une seule couche ; le pouvoir – aussi bien royal que républicain – en a mis trois sur la cathédrale…

 

Mais qui était vraiment Jeanne d’Arc ? Bras armé d’une stratégie royale et secrète pour se débarrasser des Anglais à Orléans en 1429 ; stratégie qui, la politique ne suffisant pas, se sert de Dieu, sous les traits d’une fausse bergère qui n’a jamais gardé de moutons, mais s’est entrainée à cheval pour faire la guerre ; elle était très douée…

 

Jeanne d’Arc était une princesse de sang royal, et pas n’importe laquelle : la demi-sœur du dauphin Charles VII.

 

Leur mère était Isabeau de Bavière, reine de France, mariée à Charles VI (1). Le père de Jeanne était l’amant d’Isabeau, Louis d’Orléans. Le père de Charles VII, Charles VI.

 

Elle reconnut sans difficulté son demi-frère à Chinon, même debout dans la salle au lieu d’être assis sur son trône, occupé par un autre, pour l’induire en erreur ; on s’amusait d’un rien pendant la Guerre de Cent Ans !

 

Blague à part, pour démêler le vrai du faux, offrez-vous L’Affaire Jeanne d’Arc, 2007, un livre très documenté, captivant, écrit par Roger Senzig et Marcel Gay (2).

 

Imaginons Jeanne d’Arc en première ligne face aux soldats anglais au siège d’Orléans ; elle mélange son éducation latine et son sens guerrier pour leur lancer un : « Nec ta mire » !

 

(1) Charles VI de France et Henri V d’Angleterre signent le traité de Troyes en 1420, selon lequel le premier, à sa mort, laisse sa couronne au second ; le duc de Bourgogne, Philippe le Bon, allié des Anglais, est à la manœuvre, profitant de la faiblesse de Charles VI. En 1422, Charles VI, puis Henri V, meurent… Henri VI s’installe à Paris, proclamé roi de France et d’Angleterre ; Charles VII, à qui rien n’est promis, quitte Paris et s’autoproclame roi, jusqu’à ce que Jeanne arrive…

 

(2) Noël vous a ruiné ? Il existe en poche !

 

 

 

 

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Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Diogène sans gêne]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=1744 2018-12-18T07:07:44Z 2018-12-17T20:40:45Z Deux femmes, leurs chiens en laisse, marchent sur le trottoir, rue de Birague, dans le Marais. Deux autres femmes arrivent, leurs chiens en laisse, en sens inverse.   Les laisses se tendent, les chiens s’aboient les uns sur les autres : peut-être une nouvelle marque de croquettes vient-elle d’arriver dans les rayons à l’approche de […]

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Deux femmes, leurs chiens en laisse, marchent sur le trottoir, rue de Birague, dans le Marais. Deux autres femmes arrivent, leurs chiens en laisse, en sens inverse.

 

Les laisses se tendent, les chiens s’aboient les uns sur les autres : peut-être une nouvelle marque de croquettes vient-elle d’arriver dans les rayons à l’approche de Noël…

 

Lassée sans doute, une des femmes lâche : « Ils crient comme les gilets jaunes ! ». Comme c’est drôle, elles rient beaucoup, il faut dire qu’il fait froid, une blague bien noire passe comme un café calva !

 

Un témoin rit moins : « Comparez-vous les gilets jaunes à vos chiens ? » ; les dames se taisent, morveuses… Par la vitre ouverte d’une voiture garée, une radio diffuse le refrain de la chanson de Pierre Vassiliu : « Qu’est-ce qu’il fait, qu’est-ce qu’il a, qui c’est celui-là… » (1).

 

Les quatre dames s’en vont avec leurs chiens ; l’attelage tombe vers Bastille sur quatre gilets jaunes affamés qui décident de passer les chiens à la broche, car c’est l’heure du déjeuner.

 

Elles crient « Aux secours ! » mais ils leur conseillent de se taire avant de leur passer les laisses au cou… Elles se mettent à quatre pattes et aboient ; elles ont l’oreille absolue dans ce domaine.

 

Le lendemain, les gilets jaunes s’interrogent alors que les dames en laisse poussent des cris quand s’approchent d’autres dames promenées de la même manière : « On n’est pas encore suffisamment habitués aux sons pour distinguer la joie de la haine. »

 

Comme il est difficile de se comprendre quand on n’a pas l’habitude de s’écouter, essayons autre chose : détachons les laisses, toutes les laisses, car là où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir…

 

Les chiens retournent voir Diogène sortir la tête de son tonneau pour dire au CAC 40 qui lui demande ce qu’il peut faire pour lui : « Ôte toi de mon soleil ! » (2).

 

Libérées, les dames se relèvent et dansent avec les hommes au son des orchestres installés dans les rues ; les mots de Pina Bausch sont écrits sur les murs : « Dansons, dansons, sinon nous sommes perdus. »

 

(1) Pierre Vassiliu a créé, en 1973, la chanson Qui c’est celui-là ? 

https://www.youtube.com/watch?v=ZpHkbNqY7zY

en adaptant la chanson brésilienne Partido alto de Chico Buarque

https://www.youtube.com/watch?v=irt0YA4jSAI

 

(2) Alexandre le Grand, de retour de campagne militaire, passe voir Diogène, le père du Cynisme, qui vit dans son tonneau, et lui demande ce qu’il peut faire pour lui ; Diogène lui répond : « Ôte toi de mon soleil ! ». La scène a inspiré le haut-relief en marbre de Pierre Puget visible au Louvre, en bas de l’aile Richelieu.

 

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Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[La Ferrari au rond point]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=1734 2018-12-11T21:22:08Z 2018-12-10T21:37:56Z Au Grand Palais, lors de la FIAC en 2013, Épave de Ferrari 308 GTA, œuvre de Bertrand Lavier, a été vendue 190 000 €.   Les voitures qui ont brûlé samedi 1er et 8 décembre dernier ne sont pas considérées comme des œuvres d’art ; pourtant elles sont le résultat d’un accident ; un accident de société. […]

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Au Grand Palais, lors de la FIAC en 2013, Épave de Ferrari 308 GTA, œuvre de Bertrand Lavier, a été vendue 190 000 €.

 

Les voitures qui ont brûlé samedi 1er et 8 décembre dernier ne sont pas considérées comme des œuvres d’art ; pourtant elles sont le résultat d’un accident ; un accident de société.

 

Sur le trottoir du boulevard, la semaine dernière, on me distribue une plaquette MADE IN  avec le titre : Les Artisans parisiens à l’honneur. Je lis (1) en page 5, le Dress Code de la maison Camps de Luca « adresse prestigieuse à la réputation feutrée ».

 

Le costume doit être gris ou bleu, le noir est réservé au smoking ; la veste doit avoir deux boutons ; le pantalon doit vous arriver juste sous les hanches, ne casser qu’une seule fois et ne cacher qu’un œillet de chaussures… La chemise est blanche, bleue pâle voire rose pâle.

 

Charles de Luca déclare : « Le costume est une forme d’armure qui par sa perfection donne confiance en soi. Mais l’élégance n’est pas que vestimentaire : c’est une façon de marcher, de se tenir, d’ouvrir une porte ou de dire bonjour. »

 

Le plus important n’est-il pas de se dire bonjour, sans façon ?

 

Épave de Ferrari 308 GTA montre la légèreté d’un marché de l’art qui continue à oublier les accidents de la société en accordant tant de valeur à une œuvre anecdotique.

 

Pendant ce temps, un rond point, deux ronds points, trois ronds points de Gilets Jaunes… Lors d’un tour en Val de Loire avec 4 clients américains, dimanche 9 décembre, la réalité reprend sa place : les Gilets Jaunes, fatigués, sous la pluie, gentils, nous font symboliquement attendre…

 

Le chauffeur et moi leur disons notre soutien : ce n’est pas pure démagogie, même si nous sommes en mission, mais pas pour Dieu ; n’est pas Blues Brothers qui veut (2).

 

Ce genre de barrage est-il possible aux USA ? La réponse des 4 clients est non. La route est faite pour rouler…

 

Imaginons une Ferrari au rond point ; son conducteur porte un costume Camps de Luca. Pas d’accident, mais pour autant qu’est-ce qu’il se passe ?

 

QCM :

A ) Le propriétaire donne 200 € en liquide

B ) Il dit que sa société perd beaucoup d’argent à cause de tous ces ralentissements ; les Gilets Jaunes lui répondent qu’eux aussi…

C ) Il demande combien de temps il doit attendre et remonte sa vitre

D ) Il dit que ce n’est pas sa voiture et que s’il avait su il ne serait pas venu ; les gilets jaunes citent la fable de La Fontaine : « Si ce n’est toi c’est donc ton frère, ou bien quelqu’un des tiens ».

 

(1) Au lieu de la mettre dans la première poubelle

 

(2) Dommage !

 

 

 

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