Vu sous cet angle Visites Atypiques par Bruno de Baecque 2018-12-04T22:44:37Z https://vusouscetangle.net/feed/atom/ fale https://vusouscetangle.net/wordpress/wp-content/uploads/2017/02/etoile.png Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[La guerre des bouffons]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=1725 2018-12-04T07:21:39Z 2018-12-03T22:10:17Z Graffitis sur l’Arc de Triomphe. Monument symbolique de la République, comme le répètent tant de médias. L’Arc de Triomphe a été ordonné par Napoléon Ier, en 1806, inauguré en 1836, sous la Monarchie de Juillet. Tout cela n’a rien de républicain ; la République l’a adopté depuis : le défilé du 14 juillet y commence […]

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Graffitis sur l’Arc de Triomphe. Monument symbolique de la République, comme le répètent tant de médias. L’Arc de Triomphe a été ordonné par Napoléon Ier, en 1806, inauguré en 1836, sous la Monarchie de Juillet. Tout cela n’a rien de républicain ; la République l’a adopté depuis : le défilé du 14 juillet y commence ; le 11 novembre y est célébré.

 

La dernière édition a rappelé la joie des poilus à l’armistice, à travers leurs lettres, même si avant ce fut l’horreur.

 

L’horreur, les graffitis de l’Arc de Triomphe ? Ils hurlent autre chose : qu’il y en a marre, marre à bout de force de ne pas manger assez.

 

Une femme a interpellé sur France Inter, Philippe Aghion, économiste de renom, inspirateur de Macron, professeur au Collège de France : « Savez-vous monsieur, ce que signifie le verbe manger ? ». Sa réponse fut faible : nous avons essayé de nous mettre à la place des gens « comme vous ».

 

« La faiblesse des tout puissants », Gérard Manset la chante dans son chef-d’œuvre Comme un lego dont le clip est saisissant (1).

 

Les tout puissants, les premiers de cordée… Mais si la cordée ne suit pas, pire tire vers le vide. Aie ! Ne sommes-nous pas tous ensemble, ceux qui ont déjà réussi et ceux qui réussiront plus tard ?

 

Mais tout le monde a-t-il envie de réussir ?

 

Avoir envie d’autre chose. Prendre un cutter, un morceau de feutrine, le découper en plusieurs morceaux… Il s’agit de Wall Hanging par Robert Morris (photo)

 

Un nez de monstre s’élargit jusqu’à devenir un totem, un masque de carnaval…

 

Robert Morris est mort le 28 novembre 2018. Il fut l’une des figures du Minimalisme, un courant de l’art contemporain, héritier de l’esprit du Bauhaus et de la devise de Mies Van der Rohe : « Less is more ».

 

Dans la collection du Musée National d’Art Moderne, au Centre Pompidou, une autre œuvre de la série Wall Hanging (2) ressemble à un sourire ouvert en « rire carnavalesque ».

 

Gérard Noiriel, historien spécialiste des mouvements populaires, est interviewé par Alexandra Schwartzbrod dans Libération du 3 décembre à propos de la violence de samedi soir à Paris ; il répond à la question : comment éviter que cela dégénère ?

 

« Le mouvement pourrait prendre une autre tournure s’il était soutenu par des gens capables de proposer d’autres formes de spectacle que la violence. Je pense par exemple que les artistes, menacés par une remise en cause du statut des intermittents, pourraient se solidariser en renouant avec des formes anciennes de contestation populaire qu’on appelait, bien avant les mouvements ouvriers, les charivaris : l’humour permettait de contester le pouvoir en mobilisant le «rire carnavalesque». Aujourd’hui, il faut faire le spectacle pour exister dans l’espace public. Si les «gilets jaunes» utilisaient ces ressources, les lieux de blocage deviendraient des lieux de convivialité, ce mouvement deviendrait encore plus populaire. Un mouvement, on lui donne du sens. Si on laisse les forces violentes et l’extrême droite prendre le dessus, il ne faut pas s’étonner si ça dégénère. »

 

Une seule solution : la guerre des bouffons !

 

(1) Pour écouter la chanson : https://www.youtube.com/watch?v=ewA-MfRI2Uo

 

(2) Pour voir l’œuvre : https://www.centrepompidou.fr/cpv/resource/c5eBbqa/rrgqjja

 

(3) Pour lire l’article en entier : https://www.liberation.fr/france/2018/12/02/gerard-noiriel-pour-macron-les-classes-populaires-n-existent-pas_1695585

 

 

 

 

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Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Écouter sans juger]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=1708 2018-11-26T21:36:31Z 2018-11-26T15:56:24Z Le Tribunal de Grande Instance a quitté le boulevard du Palais pour s’installer, en avril 2018, aux Batignolles. L’architecte italien Renzo Piano signe ce bâtiment symbolique, construction en escalier qui domine le périf nord ouest.   À l’intérieur, c’est haut, lumineux, spacieux, blanc. La présomption d’innocence est inscrite sur le mur de gauche.   Plus […]

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Le Tribunal de Grande Instance a quitté le boulevard du Palais pour s’installer, en avril 2018, aux Batignolles. L’architecte italien Renzo Piano signe ce bâtiment symbolique, construction en escalier qui domine le périf nord ouest.

 

À l’intérieur, c’est haut, lumineux, spacieux, blanc. La présomption d’innocence est inscrite sur le mur de gauche.

 

Plus loin, des mots de Pierre Drai, ancien président de la Cour de Cassation, s’inspirent des juges de 1906 qui réhabilitèrent Dreyfus : « Juger, c’est aimer écouter, essayer de comprendre, savoir décider. »

 

Des escalators, comme dans les grands magasins, ponctués d’énormes chiffres 2, 4, 6, mènent aux salles d’audiences réparties sur les étages.

 

Des salles d’audience plus larges que profondes, ont un habillage de bois de hêtre derrière le bureau des juges et une balance gravée sur la gauche, manière de rappeler pourquoi on est là, des fois qu’on oublie…

 

En dehors de ce symbole, la signalétique est très présente, précise, comme dans le sommaire d’un dossier ; le côté labyrinthique du Palais de Justice a disparu.

 

Tout semble fonctionnel ; pourtant les critiques des avocats sont radicales : pas de bancs à l’extérieur des salles d’audience pour s’asseoir avec son client avant d’entrer ; le Greffe, centralisé, nettement moins facile d’accès, surtout en urgence – ce qui est souvent le cas – que dans l’ancien Palais de Justice.

 

Un point commun entre l’ancien palais et le nouveau tribunal : le public n’est pas fou de joie ! Comme si la luminosité ne changeait rien à l’affaire…

 

Pourtant il est évident (de sagesse, d’ailleurs la Justice fait aussi peur que le dentiste, quoiqu’ils fassent, l’une comme l’autre) que le vieux Palais était trop encombré, sombre…

 

Le Tribunal de Paris a pris du recul en s’éloignant du centre ; faisons comme lui, écartons-nous de la façade en nous promenant dans le parc des Batignolles – Martin Luther King, d’où la silhouette du bâtiment s’affine…

 

Autre manière de prendre du recul, nous divertir avec Affaires Sensibles, l’émission (1) de Fabrice Drouelle, sur France Inter : en reprenant les grandes affaires depuis 50 ans, il nous sert une soupe aux grosses légumes très finement assaisonnée avec son inimitable voix frissonnante…

 

Fabrice Drouelle nous tient en haleine, nous l’écoutons sans problème. Revenons-en aux mots de Pierre Drai : « Juger, c’est aimer écouter… »

 

Tentons le contraire : essayons d’écouter nos proches – et nos moins proches – sans les juger : plus nous y parviendrons (2), plus notre écoute sera calme, apaisante.

 

Si tout le monde s’y met, la colère diminuera et les tribunaux de Paris ou d’ailleurs auront moins de boulot !

 

(1) Affaires sensibles, du lundi au vendredi de 15 h à 16 h.

 

(2) À condition de ne pas couper celui, celle, qui nous parle, même pour rebondir brillamment ou non ; non, juste écouter.

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Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Théorème de Beigbeder]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=1694 2018-12-04T22:44:37Z 2018-11-18T18:56:57Z Selon le théorème de Beigbeder, tout chroniqueur, si célèbre soit-il, censé faire une chronique de 3 minutes sur une radio du service publique, s’il se contente de ne rien faire devant son micro, au lieu d’improviser brillamment sur ce rien, se fait virer.   Une application a eu lieu Jeudi 15 novembre 2018, vers 8 […]

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Selon le théorème de Beigbeder, tout chroniqueur, si célèbre soit-il, censé faire une chronique de 3 minutes sur une radio du service publique, s’il se contente de ne rien faire devant son micro, au lieu d’improviser brillamment sur ce rien, se fait virer.

 

Une application a eu lieu Jeudi 15 novembre 2018, vers 8 h 57, lors de la matinale de France Inter ; voici le podcast :

 

https://www.youtube.com/watch?v=Sj76bK0jUXY

 

Plus tard dans la journée, un communiqué de Laurence Bloch, la patronne, remercie Beigbeder ; encore plus tard, il est question qu’il revienne pour une dernière chronique le 29 novembre.

 

Cela signifie pour ceux qui en doutaient encore qu’il est une star ou que ses fans ont droit à une vraie dernière ou les deux. Il a confié sa surprise qu’on lui ait fichu une paix royale jusque là : alors qu’il devait trouver qu’il avait dépassé les bornes depuis un moment, il ne se rendait plus compte, le 15 novembre, qu’il était nul, à tout point de vue !

 

Lorsqu’il regarde comme un oiseau de nuit fatigué, ses collègues de la matinale en leur conseillant de se détendre, il me rappelle Tomasi, le héros (1) du Péril Jeune, film de Cédric Klapisch sorti en 1994 ; Tomasi est un cancre dont les saillies sont brillantes au lycée en Terminale, mais qui tandis que ses camarades passent le bac, passe l’arme à gauche, d’une overdose (2).

 

Pourquoi Beigbeder n’a-t-il pas l’élégance d’improviser ? Sans doute parce qu’il manque d’énergie ; son esprit a l’air très embrumé… Pas comme celui d’Edouard Baer, un matin tôt sur radio Nova, alors qu’il était arrivé en retard et qu’il nous a offert un grand moment de radio. Podcast :

 

 

La chronique est un exercice de style ; sans exercice ni style, il ne reste rien. Trois minutes de rien, c’est long !

 

Beigbeder a raté ses adieux à la matinale de France Inter ; mais voulait-il les réussir ? Si seulement il s’était inspiré de la très belle chanson Le mot juste,  de Bertrand Belin :

 

https://www.youtube.com/watch?v=2ogfobKUNtg

 

(1) Tomasi est joué par Romain Duris, plus vrai que nature, à tel point que le réalisateur avait peur pendant le tournage que son jeune prodige ne revienne pas le lendemain, tellement il semblait s’en foutre…

 

(2) Je ne souhaite aucun mal à Beigbeder, mais ce qui s’est passé jeudi matin m’interpelle, profondément.

 

 

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Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Maitres de la guerre]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=1679 2018-11-13T07:53:39Z 2018-11-12T23:25:59Z Les cérémonies du 11 novembre sont achevées. N’oublions pas ce qu’est devenu Pétain, mais n’oublions pas non plus que Foch n’est pas qu’une avenue ; son culte de l’attaque lui aurait fait dire durant la retraite de la Marne : « Pressé fortement sur ma droite, mon centre cède, impossible de me mouvoir, situation excellente, j’attaque. […]

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Les cérémonies du 11 novembre sont achevées. N’oublions pas ce qu’est devenu Pétain, mais n’oublions pas non plus que Foch n’est pas qu’une avenue ; son culte de l’attaque lui aurait fait dire durant la retraite de la Marne : « Pressé fortement sur ma droite, mon centre cède, impossible de me mouvoir, situation excellente, j’attaque. »

 

Nivelle fut surnommé « le boucher » lors de la bataille du Chemin des Dames. Joffre dont le texte écrit sur le socle de sa statue équestre à l’entrée du Champ de Mars face à l’École Militaire donne l’état d’esprit : « … Une troupe qui ne peut plus avancer devra coûte que coûte garder le terrain conquis et se faire tuer sur place plutôt que de reculer… »

 

Tous des durs de durs !

 

Les cérémonies du 11 novembre ont été l’occasion d’un moment d’émotion lors de la lecture des lettres de poilus, débordantes de la joie (1) de l’armistice, lues en français par des élèves du Lycée André Boulloche de Livry-Gargan en Seine Saint-Denis ; en anglais, chinois, allemand, par des élèves du Lycée International de l’Est Parisien, situé à Noisy-le-Grand.

 

Bravo aux lycéens qui ont été bluffant de talent !

 

À l’Arc de Triomphe, à côté de la flamme du soldat inconnu (2), la plaque où est gravée le texte de l’Appel du 18 juin 1940, lue à haute voix, donne l’impression d’entendre de Gaulle !

 

Après 1940, Churchill et de Gaulle se voyaient souvent à Londres ; lors d’une de leurs rencontres, de Gaulle, regardant s’avancer vers lui Churchill et son élégance de dandy – nœud papillon à pois sur une chemise à rayures – ne peut réprimer un sarcasme : « Mais c’est le carnaval de Londres ! ». D’un revers, l’autre lui retourne la balle : « Tout le monde ne peut pas s’habiller en soldat inconnu ! ».

 

Les cérémonies du 11 novembre ont rassemblé 70 chefs d’états, dont beaucoup sont concernés par des ventes ou des achats d’armes…

 

Bob Dylan a composé Masters of War en 1963 ; pour lui la chanson concerne plus le complexe militaro-industriel dont le président Eisenhower parle dans son discours de fin de mandat, en 1961, que la guerre proprement dite, mais Dylan est souvent surprenant dans ce qu’il dit de ses chansons.

 

La version électro de Masters of War par The Avener (3), en 2018 – que Dylan a autorisée et trouvée super ! – est un écho à la musique qu’écoutent les jeunes du lycée de Livry-Gargan ou d’ailleurs, et qui pour la plupart ne connaissent pas Dylan, ni le mouvement antimilitariste des Protest songs américains des années 1960, mais quitte à commémorer…

 

Pour l’écouter, il vous suffit de cliquer :

 

https://www.youtube.com/watch?v=KGFagK-LuQo

 

(1) Ces jeunes lisant avec beaucoup de vie et de maitrise, ces lettres, rappelaient par leur jeunesse, celle des soldats du front, à peine plus âgés qu’eux.

 

(2) La tombe du soldat inconnu a été installée en 1920 ; la flamme a été allumée pour la première fois le 11 novembre 1923.

 

(3) The Avener (le palfrenier du roi), alias Tristan Casara, est un DJ français d’électro house.

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Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Ça ne s’en va pas !]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=1665 2018-11-11T07:39:07Z 2018-11-06T07:29:27Z C’est l’histoire de Luz, né à Tours, qui vient à Paris à 21 ans pour essayer de vendre ses dessins satiriques dans des journaux. En bas de l’immeuble du Canard Enchainé, il voit Cabu. « Bonjour M’sieur Cabu ! J’aime beaucoup ce que vous faites ». Cabu regarde son dessin : « C’est publiable ! » Pas au […]

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C’est l’histoire de Luz, né à Tours, qui vient à Paris à 21 ans pour essayer de vendre ses dessins satiriques dans des journaux. En bas de l’immeuble du Canard Enchainé, il voit Cabu. « Bonjour M’sieur Cabu ! J’aime beaucoup ce que vous faites ». Cabu regarde son dessin : « C’est publiable ! » Pas au Canard dont le bouclage est fini ; mais à la Grosse Bertha s’il a du temps pour l’accompagner… Luz est libre !

 

Indélébiles est sa vie à la Grosse Bertha puis à Charlie Hebdo. Souvent en retard pour les bouclages, il a ainsi échappé à la tuerie du 7 janvier 2015 où ses amis et collègues de travail sont morts.

 

Il a quitté Charlie en mai 2015.

 

Dans la foulée il avait publié Catharsis qui racontait sa vie avec la protection rapprochée ; l’album montrait son talent éclatant en noir et blanc !

 

Indélébiles dit son amour pour Cabu et sa technique de dessin dans la poche, Charb et ses vannes de cul, Gébé qui a créé L’An 01 (1).

 

Indélébiles est plein de fax, de gommes, de tables qui branlent, de Simpsons, de part de tarte au pomme, de blagues à la con, de la concentration de Cabu, des mains de Luz tachées d’encre à vie…

 

Indélébiles est en noir et blanc et rouge pour le décapsuleur qui contraste avec le bleu des pauses bières chez lui la nuit à côté du frigo.

 

Luz est né à Tours – voir première ligne ; ne manquez pas, la prochaine fois que vous y passez, les gargouilles de Notre Dame-la-Riche, au niveau du 36 rue Georges Courteline : elles ont des bites et des couilles ; il les connaît sûrement !

 

(1) L’An 01 est une BD publiée entre 1970 et 1974, dans Politique Hebdo et Charlie Hebdo, dont le sous-titre était :     « On arrête tout, on réfléchit, et c’est pas triste ».

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Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Ça secoue !]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=1655 2018-10-30T07:20:34Z 2018-10-29T21:54:59Z Apollo 11. 1969. Un petit pas pour l’homme… En 2018, le film, The first man (1) rappelle que ce fut secouant, éprouvant, angoissant, à deux doigts de s’évanouir, à devoir refaire des calcul pour s’en sortir, sinon, par ici la sortie dans la galaxie…   Mais la Lune, c’est fini ; elle ne pose plus de […]

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Apollo 11. 1969. Un petit pas pour l’homme… En 2018, le film, The first man (1) rappelle que ce fut secouant, éprouvant, angoissant, à deux doigts de s’évanouir, à devoir refaire des calcul pour s’en sortir, sinon, par ici la sortie dans la galaxie…

 

Mais la Lune, c’est fini ; elle ne pose plus de problème à personne !

 

Qu’est-ce qui pose problème aujourd’hui ? Les gens qui crèvent de faim ; les migrants qui crèvent tout court, en mer, ou ailleurs…

 

Au Jeu de Paume, l’exposition Dorothea Lange, Politiques du visible (2) montre ses photos sur La Grande Dépression, dont celle iconique de cette mère de famille. Ces photos secouent !

 

Comme celles sur l’internement de plus de 110 000 Américains d’origine japonaise résidant dans les zones militaires de la côte du Pacifique, qui eut lieu en mars 1942, 3 mois après l’attaque de Pearl Harbor…

 

Classées « archives militaires » ces photos furent montrées pour la première fois en 2006.

 

Nous secouent-elles comme les astronautes furent secoués dans leurs capsules ? Ils étaient entrainés à tenir le coup.

 

Et nous ? Tenons-nous le coup ? Sommes-nous prêts à prendre des coups ? Pour défendre quoi ?

 

« Le plus urgent ne me paraît pas de défendre une culture dont l’existence n’a jamais sauvé un homme du souci de mieux vivre et d’avoir faim, que d’extraire de ce que l’on appelle la culture, des idées dont la force vivante est identique à celle de la faim. » écrivait Antonin Artaud dans Le Théâtre et son double (3).

 

(1) http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=135374.html

 

(2) http://www.jeudepaume.org/index2014.php?page=article&idArt=3238

 

(3) https://www.babelio.com/livres/Artaud-Le-theatre-et-son-double/1737

 

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Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Le cygne fait signe]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=1640 2018-10-23T11:39:52Z 2018-10-22T20:10:10Z « Un beau jour, ou peut-être une nuit, près d’un lac je m’étais endormie » chante Barbara dans L’aigle noir. Pas de lac, ni de nuit, c’est le jour que l’on voit près de Blois, des cygnes sur la Loire. Viennent-ils de loin ? Non, ils sont d’ici et se reposent par dizaines au milieu du […]

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©G.Fauvet

« Un beau jour, ou peut-être une nuit, près d’un lac je m’étais endormie » chante Barbara dans L’aigle noir. Pas de lac, ni de nuit, c’est le jour que l’on voit près de Blois, des cygnes sur la Loire. Viennent-ils de loin ? Non, ils sont d’ici et se reposent par dizaines au milieu du fleuve assagi en automne, lorsqu’ils ne surveillent plus leurs petits.

 

Espérer s’approcher en canoë-kayak ? Pas de bateau en automne, les locations sont fermées jusqu’en avril.

 

Il reste cette photo prise par G. Fauvet. Le cygne fend le flot, et donne à l’eau qu’il soulève l’apparence du cristal. Ses plumes semblent en papier froissé dans laquelle irradie la lumière…

 

La tête, le bec et le cou, rappellent la réalité du cygne tuberculé. Il fut introduit au XVIe siècle comme animal d’agrément ; les individus actuels seraient échappés d’élevages même si l’espèce s’est répandue à l’état sauvage à partir des années 1970 (1).

 

La photo de G. Fauvet est la merveille qui nous console de rester à distance ; imaginons-nous arriver en silence, au milieu d’une telle magie, comme entouré d’anges.

 

Les anges sont au paradis où je ne suis pas sûr d’avoir envie d’aller ; une telle beauté n’existe-t-elle que là-bas ? Ils sont le signe que non. Pour autant, inaccessibles, fascinants, ils ressemblent à des dieux.

 

(1) Plus d’informations sur le site www.perchenature.fr

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Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Ça plane pour eux]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=1624 2018-10-16T04:54:48Z 2018-10-15T09:29:19Z La maison rouge, fondation créée par Antoine de Galbert, en 2004, dans une ancienne usine, 10, bd de la Bastille, à Paris, ferme ses portes le 28 octobre 2018.   L’exposition L’envol ou le rêve de voler, la dernière organisée dans le lieu (1), rassemble des œuvres d’artistes inspirés par l’idée de voler, sur des […]

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La maison rouge, fondation créée par Antoine de Galbert, en 2004, dans une ancienne usine, 10, bd de la Bastille, à Paris, ferme ses portes le 28 octobre 2018.

 

L’exposition L’envol ou le rêve de voler, la dernière organisée dans le lieu (1), rassemble des œuvres d’artistes inspirés par l’idée de voler, sur des objets avec lesquels ils pouvaient être sûr de ne jamais y arriver !

 

L’illustration de cette chronique, couverture du catalogue, est extraite d’une vidéo, Tentativo di volo, de Gino de Dominicis. Sa performance résume l’idée de l’exposition L’envol ou le rêve de voler : celui de l’artiste qui produit l’œuvre ; le nôtre en la regardant.

 

À l’entrée, sur un grand écran, un extrait de La dolce vita de Fellini : une statue du Christ les bras ouverts, suspendue à un hélicoptère, passe au-dessus de Rome ; des femmes réagissent depuis une terrasse… Génial !

 

Face à l’écran, une photo de P.W. Wodehouse : Le père Patrivk Moore… aux côtés de Notre-Dame de Fatima, faisant route vers Port-d’Espagne ; ils ont fait le tour du monde, ensemble !

 

Sur le même mur, plus loin, une photo de Philippe Ramette, Sans titre : un homme avec la tête en apesanteur grâce à un gros ballon. Tentant mais encombrant !

 

Droit devant, une aile en plâtre sculptée par Rodin, entourée de miroirs ; la multiplication des ailes… Sommes-nous au paradis ?

 

Dans la salle à droite de l’aile, une photo Depuis le plongeoir de Lev Borodulin, est une merveille !

 

Derrière, Canyon à Oppedette – pour Maguerite Duras, de Dieter  Appelt, offre une impression grandiose de vol… accroché à une falaise !

 

Au sous-sol, une installation de Fabio Mauri, Luna, pour marcher sur la Lune, sans ses chaussures, est apaisante.

 

You are invited to try me out (2) est l accroche de Opus incertum un support en médium laqué, réalisé par Didier Faustino : on peut s’allonger, comme le montre la photo.

 

On découvre ainsi que planer fait mal aux genoux : s’installer dessus n’est pas si simple. Mais dès qu’on regarde les autres, on se régale !

 

En remontant au rez-de-chaussée, les chaussures à ressort de Gustav Mesmer, pour qui l’envie de s’envoler, pour fuir, était vitale. Ces chaussures sont rouillées, vieilles…

 

Imaginons qu’au lieu des baskets pour mômes qui clignotent ou d’autres modèles avec des mini-roulettes, on fabrique aujourd’hui des chaussures à ressort pour faire des bonds en l’air ; il y aurait toutes les tailles…

 

(1) http://lamaisonrouge.org/fr/la-maison-rouge/

 

(2) Vous êtes invités à vous allonger sur moi

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Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Être en couverture]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=1598 2018-10-09T14:20:58Z 2018-10-06T10:47:55Z L’Origine du Monde, vie du modèle est un livre de Claude Schopp (1), historien d’art, qui vient de paraître. Il révèle l’identité du modèle, Constance Quéniaux, qui a posé pour L’Origine du Monde de Gustave Courbet.   Spécialiste d’Alexandre Dumas père et fils, Claude Schopp lit une lettre que Dumas fils a écrite à George […]

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L’Origine du Monde, vie du modèle est un livre de Claude Schopp (1), historien d’art, qui vient de paraître. Il révèle l’identité du modèle, Constance Quéniaux, qui a posé pour L’Origine du Monde de Gustave Courbet.

 

Spécialiste d’Alexandre Dumas père et fils, Claude Schopp lit une lettre que Dumas fils a écrite à George Sand, dans laquelle il évoque cette peinture de Courbet : « On ne peint pas de son pinceau le plus délicat et le plus sonore l’interview de Mlle Quéniaux de l’Opéra ».

 

Le mot « interview » trouble l’historien ; la phrase est incompréhensible. À la BNF, dans le brouillon de la lettre, il lit « intérieur », et non « interview ».

 

Intérieur a le sens d’intimité (2), de sexe. Le sexe de Constance Quéniaux est celui de L’Origine du Monde.

 

Constance Quéniaux a été danseuse à l’Opéra de Paris ; un métier qui ne nourrissait pas sa femme. Pour joindre les deux bouts, elle fut courtisane, l’une des maitresses de Khalil-Bey, le commanditaire du tableau ; probablement aussi maitresse de Courbet qui lui offrit un tableau, avant la réalisation de L’Origine du Monde.

 

La couverture du livre de Claude Schopp est trompeuse : une jeune femme aux cheveux longs regarde L’Origine du Monde ; ses cheveux nous masquent la toison. Et notre imagination de galoper…

 

Pourtant, Constance Quéniaux, dont on voit dans le livre plusieurs photos, aurait mérité d’être en couverture.

 

Néanmoins, You can’t juge a book by his cover  (3). Le livre de Claude Schopp met en évidence le travail d’un chercheur qui laisse ponctuellement un sujet recouvrir l’autre, comme la marée, la plage ; la plage de L’Origine du Monde, sur une île au milieu de l’océan Dumas.

 

La facétie de la couverture fait-elle écran à notre regard sur l’œuvre ? À l’origine, L’Origine du Monde était cachée par Khalil-Bey derrière un paravent ; plus tard Lacan la posséda, et demanda à son beau-frère le peintre Masson de lui peindre un tableau pour la dissimuler derrière…

 

Au-delà de sa couverture, c’est le livre de Claude Schopp qui fait écran à notre regard sur L’Origine du Monde en nous racontant la vie du modèle ; quitte à lire, La claire fontaine de David Bosc (4) raconte quel ogre sensuel était Courbet… pour peindre ça !

 

(1) L’Origine du Monde, vie du modèle. Claude Schopp. Éditions Phébus. 2018

 

(2) Intimité est un film de Patrice Chéreau, 2001. Un homme et une femme se retrouve dans une chambre de Londres, chaque mercredi à heure fixe, pour faire l’amour, sans se dire un mot ; le cinéaste filme leurs étreintes en gros plans. Ce film qui n’a rien de porno est bouleversant.

 

(3) Chanson de Bo Diddley : https://www.youtube.com/watch?v=Lch0o4wwGyw

 

(4) Chef-d’œuvre paru en 2016, chez Verdier Poche ; la couverture est verte.

 

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Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Le torrent Picasso]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=1588 2018-10-01T17:38:29Z 2018-10-01T12:50:54Z L’homme ou la femme qui font la manche dans le métro, on les regarde ou pas, on leur donne ou pas quelque chose. Picasso regardait ces gens-là, il avait de l’empathie pour eux, sinon il n’y aurait jamais eu de Période Bleue.   L’exposition Picasso Bleu et Rose vient de commencer au musée d’Orsay (1) […]

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L’homme ou la femme qui font la manche dans le métro, on les regarde ou pas, on leur donne ou pas quelque chose. Picasso regardait ces gens-là, il avait de l’empathie pour eux, sinon il n’y aurait jamais eu de Période Bleue.

 

L’exposition Picasso Bleu et Rose vient de commencer au musée d’Orsay (1) ; elle nous plonge là-dedans. On voit des gens qui vont mal, dont le regard est fatigué ; on les voit de face ou de dos, on voit la Bohème, la vraie, de Montmartre ou d’ailleurs, où la faim rôde, où la vie est dure, où les têtes sont hirsutes.

 

Picasso le surdoué, a l’intelligence de considérer les artistes modernes qui viennent de le précéder : Van Gogh, Rodin, Cézanne, Ingres.

 

La touche de Van Gogh inspire La Mort de Casagemas.

 

Rodin l’influence par ses volumes : dans Les pierreuses (2), les dos des deux femmes dont on devine la pointe des omoplates, sont un sujet en eux-mêmes.

 

Sur l’affiche de l’exposition qui montre un acrobate en équilibre, le dos du personnage au premier est comme un rocher creusé.

 

« Cézanne, c’est notre père à tous » disait Picasso. Dans Meneur de cheval nu, la simplification des formes héritée de lui et la fusion des couleurs entre le premier plan et l’arrière plan, donne une présence irréelle.

 

Et puis il y a Ingres dont les visages ovales du Bain Turc le mènent aux portraits de jeunes femmes aux cheveux longs qui semblent sortir de la mer ; la révolution des Demoiselles d’Avignon est en route, qui n’est donc pas due uniquement à la découverte des masques africains.

 

L’exposition commence par un autoportrait Yo Picasso où sa chemise blanche jaillit comme une cascade. Picasso est un torrent. N’ayons pas peur d’être emportés par la force de sa peinture !

 

(1) L’exposition est coorganisée par le musée d’Orsay et le musée Picasso, dont le directeur, Laurent Lebon, est le commissaire.

http://www.musee-orsay.fr/fr/evenements/expositions/aux-musees/presentation-generale/article/picasso-47542.html?cHash=b2fe0866c2

 

(2) Dans les petits salons du restaurant La Pérouse, quai des Grands Augustins, il y a des miroirs sur lesquels on voit des rayures ; traces laissées par les pierreuses, cocottes que des hommes sortaient le soir et dont ils s’offraient les charmes d’un diamant (ou non), ce qu’elles vérifiaient d’un coup de griffe sur la glace tandis qu’il était parti aux toilettes…

 

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