Vu sous cet angle Visites Atypiques par Bruno de Baecque 2019-12-09T21:01:45Z https://vusouscetangle.net/feed/atom/ fale https://vusouscetangle.net/wordpress/wp-content/uploads/2017/02/etoile.png Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Degas, ses danseuses nous médusent]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=2289 2019-12-09T21:01:45Z 2019-12-08T22:31:30Z « … on n’a pas de talent si l’on n’aime avec passion ou si l’on ne hait de même ; l ‘enthousiasme et le mépris sont indispensables pour créer une œuvre ; le talent est aux sincères et aux rageurs, non aux indifférents et aux lâches. » écrit Huysmans dans Certains. Critique d’art, il passe en revue certains […]

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« … on n’a pas de talent si l’on n’aime avec passion ou si l’on ne hait de même ; l ‘enthousiasme et le mépris sont indispensables pour créer une œuvre ; le talent est aux sincères et aux rageurs, non aux indifférents et aux lâches. » écrit Huysmans dans Certains. Critique d’art, il passe en revue certains artistes : Degas « exprime une surgie expansive ou abrégée d’âme, dans des corps vivants, en parfait accord avec leurs alentours. »

 

Regardons ses œuvres avec talent, dans l’exposition Degas à l’Opéra au Musée d’Orsay (1) nourrissons-nous avec enthousiasme et rage, collectionnons des souvenirs…

 

Dans la première salle nous voyons des copies d’anciens : Degas revisite La crucifixion de Mantegna, dessine L’Esclave mourant de Michel-Ange, le Gladiateur Borghèse, etc…

 

Il emmène la Renaissance ailleurs par la seule grâce de son pinceau, sans aucun artifice d’espace (2).

 

Degas fut un Impressionniste hors plein air, préférant « ce que l’on ne voit plus que dans sa mémoire » ; il puisait son inspiration dans sa fréquentation assidue de l’Opéra pour vider son seau de mémoire picturale dans son atelier.

 

Sur son chevalet jaillissaient des jambes esquissées, des tutus en pastel, des têtes et des instruments de musiciens dans la fosse, des éclats de lumière…

 

Ludovic Halévy (3), son ami intime, écrivit les nouvelles Monsieur et Madame Cardinal et Les Sœurs Cardinal sur la part d’ombre de l’Opéra où dans l’ombre des lustres une petite bourgeoisie s’illustrait par sa bassesse. Degas dessina les regards torves d’abonnés à l’affût des danseuses mal payées…

 

Degas variait les supports, ses éventails sont peints comme des décors miniatures ; variait les formats, il « diagonalise » dans des toiles rectangulaires.

 

Degas était surtout un dessinateur ; ses esquisses illuminent les murs de l’exposition. Pour son enterrement au cimetière de Montmartre, il avait dit au caricaturiste Forain : « Je ne veux pas de discours ! Ah si ! Forain, vous en ferez un. Vous direz : il était dessinateur. »

 

Paul Valéry, de 37 ans son cadet l’avait rencontré, regardé, raconté dans Degas Danse Dessin. (4) Page 33 : « Mallarmé dit que la danseuse n’est pas une femme qui danse, car ce n’est point une femme, elle ne danse pas. »

 

Loin de s’alarmer de Mallarmé, Valéry renchérit : « La plus libre, la plus souple, la plus voluptueuse des danses possibles m’apparut sur une écran où l’on montrait de grandes Méduses : ce n’étaient point des femmes et elles ne dansaient pas. »

 

Degas, ses danseuses nous médusent !

 

(1) Jusqu’au 19 janvier 2020

https://m.musee-orsay.fr/fr/expositions/article/degas-a-lopera-47631.html

 

(2) Olympia de Manet, d’après La Vénus d’Urbino de Titien, ouvre la porte de l’Art Moderne en fermant le rideau sur la perspective…

 

(3) Ludovic Halévy (1834-1908) librettiste – de libretto, auteur du livret, texte en vers de l’opéra – composa avec Meilhac La Belle Hélène d’Offenbach, Carmen de Bizet, etc…

 

(4) Degas Danse Dessin, 2018, Paul Valéry, Folio Essais

Regardez cette vidéo sur Youtube qui s’en inspire

https://www.youtube.com/watch?v=brenl_Vzg5I

 

 

 

 

 

 

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Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Victor Hugo, Ladj Ly, deux Misérables !]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=2277 2019-12-03T07:20:59Z 2019-12-02T18:31:29Z Les Misérables, de Ladj Ly, Prix du Jury à Cannes 2019, est en salle depuis le 20 novembre. La Cité des Bosquets à Montfermeil, comme si vous y étiez : ses jeunes désœuvrés, ses rondes de flics musclées, ses ainés aux intérêts variées, ses cages d’escaliers avariées, sa tontine pour la mariée…   Le réalisateur […]

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Les Misérables, de Ladj Ly, Prix du Jury à Cannes 2019, est en salle depuis le 20 novembre. La Cité des Bosquets à Montfermeil, comme si vous y étiez : ses jeunes désœuvrés, ses rondes de flics musclées, ses ainés aux intérêts variées, ses cages d’escaliers avariées, sa tontine pour la mariée…

 

Le réalisateur Ladj Ly y a grandi ; Les Misérables est inspiré de sa propre vie. Comme dans le film, il avait volé un lion, entre autres conneries…

 

Bernard Zerfhuss, architecte du CNIT, savait-il ce qu’il faisait en dessinant les Bosquets dans les années 60 ? Les barres de la cité appartenaient à un bailleur privé ; prévues pour une classe moyenne qui a quitté les lieux depuis longtemps… L’État fut longtemps incapable d’intervenir pour leur réhabilitation, avant la création de l’ANRU, en 2003 (1).

 

Victor Hugo a écrit Les Misérables, 1862, à Montfermeil où tout le monde connaît la fontaine Jean Valjean. Ladj Ly, que tout le monde commence à connaître, a déjà été coréalisateur du documentaire remarqué À voix hautes, sorti en 2017 (2) ; il souhaite que son film tire le signal d’alarme : selon lui, la révolution commencera en banlieue…

 

Le président Macron l’a invité à l’Élysée, Ladj Ly a refusé (3), lui proposant de venir plutôt voir le film à Montfermeil, dans l’École de Cinéma Kourtrajmé (4) qu’il a créé en 2018, lui qui n’a jamais mis les pieds dans aucune école de cinéma…

 

Kourtrajmé est un collectif créé en 1994 par Kim Chapiron et Romain Gavras, deux amis de Ladj Ly, qui a produit de nombreux Courts Métrages ; sa devise est : « Seigneur ne leur pardonne pas, car ils savent ce qu’ils font ».

 

La Haine, 1995, film de Matthieu Kasovitz avec Vincent Cassel – l’un des parrains de Kourtrajmé – est ponctuée par la formule « jusqu’ici tout va bien » ; comme au Casino, aux Bosquets, rien ne va plus : le dernier à avoir fait son jeu est Ladj Ly avec Les Misérables !

 

La différence entre le Casino et les Bosquets : dans le film, un des flics dit à son nouveau collègue qui lui reproche de jouer un jeu malsain : « T’as pas compris, ici on joue pas ! ».

 

(1) ANRU, Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine.

 

(2) Chaque année l’université Paris VIII à Saint-Denis organise le concours de prise de parole Eloquentia ; le film suit une classe entrainée par l’avocat Laurent Perrier.

 

(3) La production a envoyé le DVD qui a bouleversé le Président ; pourquoi a-t-il décliné l’invitation de Hadj Ly qui avait autrement plus de sens ?

 

(4) https://cinema.ecolekourtrajme.com/

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Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Envie de lui donner mon pull]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=2265 2019-11-23T10:01:21Z 2019-11-23T09:43:02Z Lors d’un très récent voyage à Florence, j’ai vu cette fresque de Masaccio dans la chapelle Brancacci. Chapelle, dédiée à Saint Pierre, elle-même dans l’église del Carmine, construite au XIIIe siècle, sur la rive gauche de l’Arno. Tommaso di Giovanni Cassai, dit Masaccio (1401 – 1428) est un peintre, mort à 27 ans, dont le […]

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Lors d’un très récent voyage à Florence, j’ai vu cette fresque de Masaccio dans la chapelle Brancacci. Chapelle, dédiée à Saint Pierre, elle-même dans l’église del Carmine, construite au XIIIe siècle, sur la rive gauche de l’Arno. Tommaso di Giovanni Cassai, dit Masaccio (1401 – 1428) est un peintre, mort à 27 ans, dont le génie a changé la donne au début du Quattrocento, la première Renaissance.

 

Quelle donne ? Il a peint à fresques des personnages aux expressions vivantes comme jamais auparavant ; il a été le premier à utiliser la perspective inventée par l’architecte Brunelleschi, son contemporain.

 

Dans la chapelle Brancacci, la fresque Le Baptême des néophytes montre Saint Pierre qui baptise un jeune ; l’eau coule sur ses cheveux. Derrière, un autre jeune attend son tour, en slip. Il a l’air d’avoir froid avec son dos vouté et ses bras croisés… En regardant la fresque, j’ai eu envie de lui donner mon pull !

 

Cela fait longtemps qu’une œuvre d’art ne m’avait pas fait un tel effet. Ma relation avec ce jeune qui grelotte montre que j’étais réceptif… Jusqu’à l’excès ? (1)

 

Excès de quoi ? C’est la question. Faut-il regarder avec modération ou suivre son regard où qu’il aille… ? Aie !

 

« Émotions censurées j’en ai plein le container » chante Bashung dans Volontaire ; la fresque de Masaccio ouvre la porte du container. À l’intérieur il fait sombre…

 

Que faire ? Antoine Blondin disait « Je suis rester au seuil de moi-même car à l’intérieur il fait trop sombre. » C’est brillant !

 

Ou alors regardons la fresque, et le reste, jusqu’à ce que       « le seuil de nous-même », autrement dit notre paillasson, devienne un tapis volant…

 

(1) Pas de syndrome de Stendhal, les pompiers ne sont pas venus… Je suis resté debout.

 

 

 

 

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Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Les cépages de Poulbot]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=2252 2019-11-05T06:25:55Z 2019-11-05T00:26:45Z Orientée au nord, la vigne de Montmartre qui appartient à la Ville de Paris, ne peut pas donner du bon vin bien qu’il soit vendu très cher en demi bouteilles pour la bonne cause, les œuvres du XVIIIe arrondissement.   Francisque Poulbot, peintre célèbre sur la Butte pour les petits Poulbots, gamins et gamines qu’ils […]

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Orientée au nord, la vigne de Montmartre qui appartient à la Ville de Paris, ne peut pas donner du bon vin bien qu’il soit vendu très cher en demi bouteilles pour la bonne cause, les œuvres du XVIIIe arrondissement.

 

Francisque Poulbot, peintre célèbre sur la Butte pour les petits Poulbots, gamins et gamines qu’ils peignaient avec leurs joues rouges, a restauré la vigne en 1932.

 

Aujourd’hui un jardinier vigneron très heureux de son sort, s’en occupe. Sur 1556 mètres carrés, elle est plantée de différents cépages dont les 5 plus connus sont : Gamay, Pinot noir, Muscat bleu, Muscat du Jura, Riesling,

 

En 2018, 1780 bouteilles ont été produites ; le vin est vinifié dans les caves de la mairie du XVIIIe arrondissement.

 

Pour en acheter, vous pouvez passer au Musée de Montmartre, 12 rue Cortot, passionnant musée par ailleurs ; ou appeler au 06 84 15 60 95, simple comme un coup de fil.

 

La vigne de Montmartre regarde Le Lapin Agile, cabaret célèbre dont le nom contient un triple jeux de mots : Lapin à Gill, l’a peint A. Gill, Là peint A. Gill (1).

 

Les couleurs de la vigne plantée de fleurs sont une merveille d’automne dont il est bon de profiter maintenant ; une alternative aux champignons… Des cèpes au cépages, il n’y a qu’un pied ! (2).

 

(1) André Gill fut un caricaturiste de la Butte qui publiait ses dessins au Charivari  au Second Empire.

 

(2) 1760 pieds pour être précis.

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Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Personne pour Bacon ?]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=2246 2019-10-28T22:24:40Z 2019-10-28T22:10:58Z Je suis très surpris du peu d’abonnés à ma newsletter qui se sont inscrits à la visite du 7 novembre (3 inscrits) ; elle aura lieu si la liste se gonfle : il faut qu’on soit au moins 10.   Rappel : Bacon à Beaubourg, le 7 novembre à 19 h pour 30 € (tout compris)   […]

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Je suis très surpris du peu d’abonnés à ma newsletter qui se sont inscrits à la visite du 7 novembre (3 inscrits) ; elle aura lieu si la liste se gonfle : il faut qu’on soit au moins 10.

 

Rappel : Bacon à Beaubourg, le 7 novembre à 19 h pour 30 € (tout compris)

 

Bacon est un peintre avec qui j’entretiens une relation particulière, intime, troublante…

 

Bacon est venu à la peinture en voyant une exposition de Picasso. Il a inventé une manière picturale qui ouvre un monde sensible où nos émotions tourbillonnent dans un ouragan à l’intérieur d’un cadre très précis.

 

Bacon vivait dans le chaos comme l’était son atelier ; il aimait boire non que ça l’aide à peindre, mais à supporter le vertige dans lequel son génie l’embarquait…

 

Il croyait aux vertus de l’accident dans le travail comme il s’en ouvre au critique d’art David Sylvester lors d’entretiens célèbres.

 

Ne cherchons pas à comprendre Bacon, ah non ! Regardons ensemble ses peintures : jouons avec ses signes.

 

Certain(e)s d’entre vous m’ont confié que sa peinture leur faisait peur ; c’est ce qui le rend si intéressant :  Y a-t-il tant d’artistes qui nous fassent cet effet-là ?

 

Allons camarades, courage !

 

Appelez-moi : 06 82 29 37 44

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Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Allons voir Bacon]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=2235 2019-10-24T12:39:17Z 2019-10-24T11:08:43Z À la demande de quelques personnes abonnées à cette newsletter, j’organise une visite de l’exposition Bacon, le jeudi 7 novembre 2019 à 19 h au Centre Pompidou.   Les places sont limitées à 14 personnes ; je dois régler le prix forfaitaire avant le jour de l’exposition, donc le « last minute » n’est pas […]

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À la demande de quelques personnes abonnées à cette newsletter, j’organise une visite de l’exposition Bacon,

le jeudi 7 novembre 2019 à 19 h au Centre Pompidou.

 

Les places sont limitées à 14 personnes ; je dois régler le prix forfaitaire avant le jour de l’exposition, donc le « last minute » n’est pas de mise dans cette aventure ; d’ailleurs avec Bacon, mieux vaut « se préparer » avant.

 

Comment se préparer ? Passez par un bistrot, avalez un verre ou deux ; Bacon avait l’ivresse joyeuse, mais quand il buvait, il y allait…

 

Dans l’un des bars gays où il s’enivrait à Londres, il était surnommé « Bacon and eggs » ; un breakfast le 7 / 11, en clin d’œil ?

 

Bacon est un peintre fulgurant, dérangeant, connu pour « the brutality of facts », la « brutalité des faits », comme il le disait à David Sylvester lors d’entretiens ; il souhaitait s’éloigner de la figuration.

 

Lors de cette visite je vais vous familiariser avec le vocabulaire pictural de Bacon…

 

Comment vous inscrire ?

 

En m’envoyant un mail à : Bruno[arrobe]vusouscetangle[point]net

 

Tarif : 30 € / personne

 

Je donnerai le rendez-vous précis (lieu et heure) et les modes de paiement à ceux qui s’inscriront.

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Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Liberté Égalité Joker !]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=2225 2019-10-21T20:56:13Z 2019-10-20T16:48:31Z Sorti en salle le 9 octobre, Joker est un film de Todd Philipps, le réalisateur de Very Bad Trip. Joker est inspiré de La valse des pantins de Martin Scorcese qui fut loin de cartonner en 1983. Dans les deux films un comique qui rame est fasciné par un animateur vedette.   Joker est l’ennemi […]

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Sorti en salle le 9 octobre, Joker est un film de Todd Philipps, le réalisateur de Very Bad Trip. Joker est inspiré de La valse des pantins de Martin Scorcese qui fut loin de cartonner en 1983. Dans les deux films un comique qui rame est fasciné par un animateur vedette.

 

Joker est l’ennemi de Batman dans la BD de 1940 qui se passe dans Gotham City, où est situé le film de Todd Philipps ; une ville aussi crasseuse que New-York en 1970.

 

Avoir vu La valse des pantins et/ou connaître l’ADN de Joker n’est pas nécéssaire pour apprécier le film Joker : la preuve, je n’en savais rien avant de l’avoir vu.

 

Joker est une critique sociale et politique de la société.

 

Joker a une photo magnifique, une absence d’effet spéciaux qui donne sa mesure à la poésie puis au délire.

 

Joker est un thriller où un clown rit exagérément quand ça ne va pas ; ça va de moins en moins bien ; sa conscience se réveille… Il va y avoir des morts, forcément, c’est la révolution. Liberté Égalité Joker !

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Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Fleurs de pavés]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=2211 2019-10-14T03:14:01Z 2019-10-13T16:59:20Z Où cette photo a-t-elle été prise ? Où ces fleurs poussent-elles ? Dans Paris. Mais où ? Mais quand ? Lors d’une visite   Vu sous cet angle où l’on découvre :   Un ancien manoir du Moyen-Age habité par deux reines en deuil ; la première tour construite à Paris en 1958 ; un bâtiment […]

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Où cette photo a-t-elle été prise ? Où ces fleurs poussent-elles ? Dans Paris. Mais où ? Mais quand ? Lors d’une visite   Vu sous cet angle où l’on découvre :

 

Un ancien manoir du Moyen-Age habité par deux reines en deuil ; la première tour construite à Paris en 1958 ; un bâtiment connu des membres du gouvernement ; un passage interdit aux véhicules de plus de 3000 kg ; une piscine alimentée par un puits artésien…

 

Vous avez deviné ? La visite vous inspire-t-elle ? Vous souhaitez réserver pour un groupe à partir de 6 personnes…

 

Fleurs de pavés, fleurs de pavot, les effets d’une visite        Vu sous cet angle sont immédiats !

 

Appelez-moi au 06 82 29 37 44

 

A bientôt !

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Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[La vie rêvée des brèves]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=2188 2019-10-07T22:11:48Z 2019-10-06T10:27:55Z L’art ne s’explique pas, il s’attrape à la volée, par morceaux. Aller au café avant d’aller au musée devrait être obligatoire pour boire un verre ou deux, ou plus, pour se détendre, s’alléger, être prêt à se laisser transpercer par une œuvre d’art. Les Cafés, au comptoir, sont des mines d’or pour qui ouvre l’œil, […]

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L’art ne s’explique pas, il s’attrape à la volée, par morceaux. Aller au café avant d’aller au musée devrait être obligatoire pour boire un verre ou deux, ou plus, pour se détendre, s’alléger, être prêt à se laisser transpercer par une œuvre d’art. Les Cafés, au comptoir, sont des mines d’or pour qui ouvre l’œil, comme au musée, et les oreilles…

 

Les Papillons de comptoir (1) de Jean-Marie Gourio est une merveille d’humanité résumée en 40 Cafés que l’auteur connait bien : « Il faut regarder les gens. Qui parle ? Qui sont ces buveurs bavards qui disent ces choses qui nous restent en tête, ces petites et jolies brèves de comptoir, phrases courtes qui nous font sursauter, sourire, ou bien grimacer… Il faut passer beaucoup de temps dans les cafés pour tout voir et entendre. J’y ai passé ma vie. ».

 

Jean-Marie Gourio avait déjà écrit Brèves de comptoir (2), qui donnait envie au bout de quelques pages d’aller voir le spectacle en direct, en sachant comme au foot, que le match n’a rien à voir avec le résumé des buts.

 

À l’époque très lointaine où j’allais à la messe, j’avais entendu cette brève de sermon rappelle : « L’éternité est dans les creux ».

 

Au Cafés, les creux sont pleins de brèves. « Mais si les mots s’envolent, les clients, eux, restent. » À tous ces piliers de comptoirs, Jean-Marie Gourio rend hommage dans             Les Papillons de comptoir (1) :

 

Au Café du Marché, au bout du comptoir, tandis qu’à la télé passe un ministre, un client vétérinaire se prépare à en sortir une et quand enfin le ministre se tait, balance : « Alors lui, il est con comme la lune, et jamais une éclipse ! ».

 

Au Café Le Balzac, un client garagiste a des mains noires de graisses ; le patron impressionné les suit des yeux, regarde les siennes, propres, les cache dans ses poches ; le client parti, il vient les placer sur les traces graisseuses laissées sur le comptoir, et rassuré, conclut : « On a la même taille. »

 

Au Café Le Cépage, Bibi, un habitué, répète ses brèves en changeant de client ; un nouveau s’accoude, commande une bière, Bibi lâche : « Les cafés sont tellement chers, avant de prendre une cuite, faut demander un devis ! », ce que le patron ponctue d’un : « Irrécupérable ! ».

 

Au Café Le pot de Fleurs, Magalie, la patronne, sert les brèves elle-même : « Tu peux te faire installer la musique dans le tracteur, alors que dans le cheval, tu pouvais pas. ».

 

Les Papillons de comptoir nous plonge dans l’effervescence, l’énergie du comptoir, d’où jaillissent les brèves comme des esquisses fulgurantes du moment qui passe… Jean-Marie Gourio nous raconte la vie rêvée des brèves. Chef-d’œuvre !

 

(1) Les Papillons de comptoir, Jean Marie Gourio, 2019, Éditions Points

 

(2) Brèves de comptoirs, Jean-Marie Gourio, recueils de citations authentiques entendues dans les bars et les bistrots, publiés entre 1987 et 2015. Éditions Bouquins.

 

 

 

 

 

 

 

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Bruno De Baecque http://vusouscetangle.net <![CDATA[Substance avachie du vieil âge]]> https://vusouscetangle.net/?post_type=chronique&p=2172 2019-10-01T05:04:46Z 2019-09-30T04:19:33Z « On comprend que ce grand connaisseur en visages ait passé… tant d’années à fixer ses propres traits… Cette boule d’os et de chair, cette physionomie tantôt vulgaire et tantôt pathétique, il l’avait sans cesse à portée de pinceaux… » écrit Marguerite Yourcenar (1) à propos de l’autoportrait de Rembrandt en 1660, l’une des raisons […]

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« On comprend que ce grand connaisseur en visages ait passé… tant d’années à fixer ses propres traits… Cette boule d’os et de chair, cette physionomie tantôt vulgaire et tantôt pathétique, il l’avait sans cesse à portée de pinceaux… » écrit Marguerite Yourcenar (1) à propos de l’autoportrait de Rembrandt en 1660, l’une des raisons d’aller voir l’exposition Figure d’artiste dans la Petite Galerie du Louvre (2).

 

On y découvre les premières signatures d’objet d’art, l’origine de l’autoportrait au XVIe siècle, l’accueil de l’artiste par l’Académie et de son œuvre par le public du musée.

 

Ainsi dans la dernière salle, un tableau de François Biard, Quatre heures, au Salon dit aussi Fermeture du Louvre, 1847, montre la foule agitée au Louvre à l’époque…

 

Alors que face à l’entrée de l’exposition, la foule de 2019, très bien canalisée, monte sagement prendre une photo de La Joconde, installée provisoirement dans la Galerie Médicis.

 

À l’entrée de l’exposition, un ciboire du XIIIe siècle ; l’artiste n’œuvre pas que pour la gloire de Dieu : son nom, l’une des premières signatures au Moyen-Age, est gravé en latin à l’intérieur de l’objet précieux. Ainsi le curé et le sacristain ne l’oubliaient pas, début d’un fan club !

 

Les artistes ont commencé à exécuter des autoportraits au XVIe siècle, pour être reconnus à l’instar des princes dont ils exécutaient les portraits.

 

À propos de l’autoportrait de Rembrandt,  Marguerite Yourcenar écrit encore : « C’est à l’aide de cet accessoire commode qu’il a pu suivre ce quelqu’un au cours de la vie, depuis la ferme et charnue enveloppe de la jeunesse jusqu’à la substance avachie du vieil âge. » (1).

 

Wöfflin, historien d’art suisse (1864-1945) indique une autre piste plus attirante : « La chair nous est livrée par Rembrandt aussi palpable qu’une étoffe de soie, elle fait sentir tout son poids… ».

 

Poids, comme pèsent sérénité, solidité, calme, délicatesse de l’artiste au travail ; de quoi intimider, comme la consistance intimide toujours qui en manque. À cela le regard est le meilleur remède.

 

Voisin de Rembrandt, le jeune Dürer, aux lèvres sensuelles, coiffé d’une serpillière rouge – idéal pour descendre les poubelles comme dans Le Père Noël est une ordure – est la tête d’affiche glamour de l’exposition !

 

(1) Marguerite Yourcenar (1903 – 1980), 1ère femme élue à l’Académie française en 1980 ; son vrai nom Cleenewerck de Crayencour. « Deux noirs de Rembrandt » est un texte extrait de son essai En pèlerin et en étranger, Gallimard, 1989

 

(2) À l’entrée de l’aile Richelieu, sur la gauche ; l’exposition dure jusqu’au 29 juin 2020.

 

 

 

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