Saint Eustache, très sain patron de la Nuit Blanche

Bleues, rouges, vertes, jaunes, les voûtes de la nef de Saint-Eustache étaient nappées de fils de lumières lors de la Nuit Blanche, samedi 1er octobre 2016. Avec d’autres j’étais allongé…

à regarder d’en bas les Voûtes Célestes de Miguel Chevalier, comme dans un rêve ; les fils s’entremêlaient, se déplaçaient, le long des croisées d’ogives.

 

Le curé de Saint Eustache, George Nicholson, qui nous accueillait à l’entrée, avait déjà accueilli dans le passé des œuvres de Miguel Chevalier, en collaboration avec Françoise Paviot, galeriste d’art contemporain.

 

Deux questions me sont venues : Pourquoi une telle contemplation est-elle réservée à la Nuit Blanche ? Pourquoi ne pas offrir un spectacle aussi merveilleux plus souvent ?

 

Les églises gothiques étaient colorées au Moyen-Age ; gothiques, elles avaient été ainsi nommées à la Renaissance pour les déconsidérer. Gothique comme Goths, Wisigoths, Ostrogoths… Un art de barbare, gothique était une insulte.

 

Aujourd’hui, Paris se donne en spectacle de jour comme de nuit : expositions où l’on prend position, pièces de théâtre, concerts, événements… La fête n’en finit plus ; qu’est-ce qu’on fête ?

 

Samedi soir, mon corps au sol, mon esprit sain sinon mon âme, allait de voûtes en voûtes, au rythme des lumières. Nous étions nombreux, allongés les uns à côté des autres, mais en haut, j’étais seul à enjamber les voûtes, libre, léger, heureux, ailleurs…

 

Samedi soir, à Saint-Eustache, la fête avait laissé place à la grâce.