Cul d’Hercule

Hercule combattant Acheloüs transformé en serpent est une sculpture en bronze de François-Joseph Bosio (1768-1845), aussi excitante que l’épisode du feuilleton mythologique dont elle s’inspire.

 

Héraclès, version grecque d’Hercule, veut épouser Déjanire, mais le fleuve Achéloüs, aussi. Un combat s’engage entre Hercule et Acheloüs transformé en serpent, puis en taureau, mais Hercule le terrasse avant de lui arracher une corne. Acheloüs jette l’éponge. Pour sceller la paix, il échange avec Hercule une corne de la chèvre Amalthée afin de récupérer la sienne. Cette corne est devenue la corne d’abondance.

 

Regardons la sculpture : Hercule est très puissant, viril ; il a pris la pluie quand il trainait dehors, aux Tuileries, d’où les coulures qui lui donnent un air de guerrier, comme s’il s’était enduit le corps de peinture lors d’un rite tribal où une divinité lui aurait donné la force d’aller au combat.

 

Mythologie contre météorologie ? Pourquoi être contre quand c’est tout contre qu’on est bien, comme Sacha Guitry avec les femmes. Embrassons tout ce que nous voulons dans un regard, l’œuvre et ses accidents de parcours…

 

Devant, la scène impressionne par la force d’Hercule, mais derrière, il s’agit d’autre chose, lorsque les fesses envoient la poudre. C’est troublant ! Le serpent pourtant si proche, n’existe plus, tant il est question de désir, de corps, d’envie d’être pris, de fantasmes…

 

La mythologie mène au logis le plus proche, une chambre d’hôtel où le cul d’Hercule inspire un chaperon rouge devant son loup : « Ma grand-mère est morte et j’en ai marre du beurre ; prends-moi ! »