Choisis le roi ou les balles

Louis XV aime venir à Choisy. La duchesse de Montpensier, cousine germaine de Louis XIV, la Grande Mademoiselle, y possède un château sur la rive gauche. Il l’achète, et Choisy devient Choisy-le-Roi. Louis XV traverse La Seine en gondole – le quartier des Gondoles existe encore rive droite – pour aller chasser dans la forêt de Sénart ; le soir il retrouve sa favorite, Madame de Pompadour, dont il reste le nom au carrefour…

 

Rouget de Lisle, né en 1760, officier du Génie, écrit des chansons. En avril 1792, Le Chant de guerre pour l’armée du Rhin devient La Marseillaise. Elle est interdite sous le Premier Empire : Rouget de Lisle dit à Napoléon qu’il va se perdre et perdre la France ; ça se discute… La IIIe République choisit La Marseillaise comme hymne national en 1879. Rouget de Lisle quitte l’armée en 1796 et comme ça ne va pas très fort, son ami le général Blein, l’accueille à Choisy-le-Roi. C’est marrant car Rouget de Lisle avait choisi le roi Louis XVI ; oui, il fut triste de son arrestation après l’attaque des Tuileries en août 1792. Après tout, Gainsbourg qui écrivit Aux armes et cætera, version reggae de La Marseillaise, adorait boire des Ricard au 36 avec le commissaire Bouchet, patron de la brigade des Stups’s !

 

Quant à Jules Bonnot, anar pur et très dur, il avait eu l’idée de passer à la bagnole quand la police était encore en vélo ou à cheval ; il fut chauffeur de Conan Doyle ! Trouvant refuge chez son ami Jean Dubois qui tenait un garage à Choisy-le-Roi, il est tombé en 1912 sous les balles des flics qui hésitèrent à attaquer au canon et optèrent pour la dynamite… Le rôle de l’ennemi public n°1 est de pousser la police – et la société – à réfléchir !